[VIVE LA FRANCE] En Anjou, le tombeau du Christ reconstitué
Il n’a pas attendu l’invention de la réalité virtuelle pour vous immerger complètement dans un lieu sans vous déplacer. Lui, c’est Mgr Henri Potard, prélat angevin qui, paraît-il, avait l’originalité de vous recevoir avec un petit singe sur son épaule ! Après avoir conduit 72 pèlerinages en Terre sainte, il confia, à la veille de son dernier voyage, à l’un de ses amis : « J’ai pensé aux fidèles si nombreux qui ne pourront jamais aller en Terre sainte. Et j’ai cru les intéresser et servir en même temps la cause de la foi, en édifiant ici, sur ma modeste propriété et au fur et à mesure de mes possibilités, la reconstitution très exacte que vous allez voir. »
Un siècle plus tard, et tandis que la guerre empêche l'accès aux lieux saints, c’est un véritable voyage en Orient sans sortir d’Angers, et pourtant, le dépaysement est assuré. Passez le seuil monumental de la porte de Damas, entourée de ses deux tours couronnées de créneaux, et vous voilà dans un jardin. Cette porte fortifiée, qui rappelle l’une de celles de la ville de Jérusalem, donne sur un parc arboré d'essences de Terre sainte : cèdres du Liban, chênes verts, vignes et oliviers...

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Ainsi, de 1931 à 1935, l’abbé a fait construire dans son jardin une reproduction exacte du tombeau du Christ « afin de rendre ce lieu accessible au plus grand nombre », nous explique Matthieu Gui, trésorier de l’Association pour la promotion du Saint-Sépulcre d’Angers. Pour ce faire, il rapporte de ses pèlerinages en Palestine des lampes et des chandeliers, des fragments de roches de Gethsémani, du rocher du Calvaire, mais aussi une dalle de 600 kg provenant de Jérusalem, qui servira au tombeau. À sa mort, en août 1940, Mgr Potard a légué sa propriété à la congrégation des Servantes des pauvres, oblates bénédictines, située à proximité.

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Ce Saint-Sépulcre est composé de deux parties : d’abord la rotonde surmontée d’une coupole, qui abrite l’édicule situé en son centre. Dans la rotonde, des tableaux réalisés par Remoinville, un artiste lorrain installé à Angers, ainsi que des vitraux conçus par l’École de Nancy illustrent la vie du Christ et les grands épisodes de la Passion. En poursuivant la visite, il convient de s’arrêter devant le Calvaire : la grande croix qui s’élève a été portée 33 fois par les pèlerins le long de la Via Dolorosa, à Jérusalem. Puis arrive au centre de la coupole l’édicule qui abrite le Saint-Sépulcre, exactement semblable par son aspect et ses dimensions (8,25 m de long, 5 m de large et 5 m de haut). La première pièce est baptisée « chapelle de l’ange ». C’est là, selon la tradition, qu’au matin de Pâques, après avoir roulé la pierre qui fermait le tombeau, l’ange dit aux saintes femmes : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? »

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Pour pénétrer dans la deuxième salle, la plus émouvante, il faut s’abaisser. À droite, la dalle recouvre la couche funèbre taillée directement dans le rocher. Une photographie du Saint-Suaire est posée sur cette dalle. Autour, des épines semblables à celles de la Sainte Couronne sont disposées, ainsi que les fragments de rocher précités. Avant de sortir, un escalier permet d’accéder à la terrasse de l’édicule. De là, le visiteur découvre un diorama peint à la base de la coupole, représentant une vue de Jérusalem dans les années 1930, restituant l’atmosphère de la ville sainte telle que pouvaient l’imaginer les pèlerins de l’époque.

@BV
Alors que le conflit au Moyen-Orient a, cette année encore, tenu les pèlerins à distance des lieux saints pour les célébrations de Pâques, le Saint-Sépulcre d’Angers résonne d’une manière particulière. Bien plus qu’une curiosité architecturale, il apparaît comme le fruit d’une foi incarnée, celle d’un abbé bien inspiré de vouloir rendre Jérusalem accessible à tous. Et de nous transmettre patiemment, pierre après pierre, cet héritage spirituel que résument ses propres mots : « Il m’a fallu des années et des années pour l’achever, mais il y a des gens qui sont contents de voir ça. »
(Ouvert tous les dimanches après-midi, de 14h30 à 17h30, du dimanche des Rameaux jusqu’à la veille de la Toussaint.)
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7 commentaires
C’est un joli conte. Historiquement, on ne sais pas exactement où et quand est né Jésus, le recensement ne concernait que les Romains, la crucifixion était la peine romaine infligée aux condamnés à mort, l’endroit du Golgotha n’est que supposé être à l’endroit où on le situe et la Via Dolorosa n’est pas le chemin normal qu’aurait emprunté Jésus…et toutes ces « reliques »…etc… La foi, c’est bien mais il ne faut pas nous raconter n’importe quoi pour ne pas rendre cette religion ridicule. Je suis chrétienne, baptisée. Mais non croyante à toutes ces histoires. Pardonnez-moi.
Il faudrait que les cèdres du Liban envahissent davantage Jérusalem.
Il paraît que nos capacités d’accueil sont débordés, mais chacun pourrait tout de même creuser son trou et accueillir, à défaut d’un grand cèdre, un petit arbre de Judée, si magnifiques en ce moment à Angers et ailleurs.
Absolument magnifique. Je ne connaissais pas cette reproduction du Saint Sépulcre à à Angers. Mon dernier pèlerinage à Jérusalem, devant le tombeau de Notre Seigneur Jésus Christ, remonte à quelques années et c’est vraiment une idée merveilleuse que d’en faire une copie conforme en France. Monseigneur Henri Potard, véritable apôtre, a sa place auprès de Dieu c’est certain. Merci Iris bridier pour cet article qui nous remplit de joie, surtout en ces moments difficiles en Terre Sainte. Des articles positifs de cette sorte sont très attendus sur BV. Merci infiniment.
Ça a l’air magnifique !
Toutes les routes mènent à Angers et un chemin étroit y mène à Jérusalem comme au Paradis. Le bon roi René l’a tracé et bon abbé Henri l’a bien entretenu.
Non loin, mais plus près de Pouzauges, le pèlerin pourra visiter la maison de la Vierge (et en profiter pour saluer éventuellement au passage Mr Henri).
Pas si » bon « que cela le roi René:une histoire d’écorché vif en place publique à Aix pour un supposé blasphémateur,entre autres.Très mauvais politique aussi..
Belle initiative