Editoriaux - Justice - 1 juin 2019

Vincent Lambert : le pourvoi en cassation de trop

Les péripéties judiciaires autour de Vincent Lambert n’ont pas fini de faire couler de l’encre, ou du pixel pour ceux qui liraient sur un écran. Le gouvernement demande à la Cour de cassation de casser le jugement de la cour d’appel ayant intimé la reprise des soins (alimentation et hydratation) de Vincent Lambert.

Ce jugement faisait suite à la décision du comité ad hoc des Nations unies, en charge des handicapés, qui avait demandé à la France de surseoir à la décision d’arrêter les soins prodigués à Monsieur Vincent Lambert tant qu’il ne se serait pas prononcé sur le fond. Agnès Buzyn avait fait savoir qu’elle considérait l’injonction de ce comité comme non contraignante. La cour d’appel en avait décidé autrement. Il semblerait qu’Agnès Buzyn soit mauvaise perdante.

Que toutes les parties puissent actionner tous les leviers judiciaires à leur disposition est normal, qu’ils soient suffisamment nombreux pour pallier (parfois) les aléas judiciaires est à l’honneur de notre pays. La Cour de cassation est un de ces leviers. Mais qu’il est surprenant de voir se hâter ainsi un gouvernement qui semble n’avoir pas d’autres priorités que de faire mourir au plus vite un handicapé.

Est-ce pour faire croire dans les chaumières à la fable que la signature d’un État au bas d’un traité ne l’engagerait en rien ? L’argument avait été servi avec beaucoup d’aplomb lors de la non-discussion du traité de Marrakech relatif aux migrations.

Est-ce pour montrer, une fois les élections « gagnées » – ou pas si perdues que ça – par la liste Renaissance, que les catholiques ne sont que des dupes dont il faut abuser et que l’on peut trahir sans vergogne ? Ces masochistes tendent l’autre joue, pourquoi s’en priver…

Est-ce pour donner des gages de réformisme, de progressisme à l’aile gauche et aux diverses officines qui polluent la société avec leurs idéologies mortifères ? Vincent Lambert est un emblématique Rubicon à franchir pour les promoteurs de la mort en blouse blanche, tous ceux qui s’arrogent le droit de décider pour d’autres que leurs vies ne valent pas la peine d’être vécues, sur des critères qui leur sont propres et qui pourront évoluer dans le temps. Bien sûr, avec la main sur le cœur et en assurant que seul l’altruisme préside à leur démarche. Que d’hypocrisie, mais ce n’est pas nouveau : le Troisième Reich avait bien inventé le terme de Gnadentod, « mort miséricordieuse », pour son programme « Aktion T4 » d’éradication des handicapés, auquel l’opposition catholique avait pu mettre fin. Oui, c’est un point Godwin assumé.

Que dire à propos du Président Emmanuel Macron ? Celui qui faisait dire qu’il respecterait les décisions judiciaires condamnant à mort Monsieur Vincent Lambert laisse son gouvernement tenter d’invalider un jugement qui lui donne une grâce temporaire. Est-ce de l’hypocrisie ou de l’incohérence ?

L’acharnement euthanasique se poursuit, le gouvernement avoue être l’allié (le complice ?) du CHR de Reims, la neutralité de l’État est encore une fois bafouée. Vincent Lambert, qui n’est coupable de rien, doit mourir. Que c’est abject ! Que nos temps sont barbares !

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