Editoriaux - Santé - 1 juin 2019

La sclérose en plaque, une maladie insidieuse et invalidante

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie insidieuse parfois très invalidante qui touche 100.000 Français, dont les trois quarts sont des femmes. Cette maladie concerne environ deux millions et demi de personnes dans le monde, principalement des adultes jeunes.

Afin de sensibiliser le public aux symptômes souvent très discrets au début de la maladie et tenter de renforcer la connaissance sur les mécanismes de déclenchement de la sclérose en plaques, a été organisée, le 30 mai, la Journée mondiale de la SEP.

Cette maladie est ce que l’on appelle une maladie auto-immune (faute de mieux) car elle correspond à la destruction de certains tissus de l’organisme (dans le cas de la SEP, il s’agit des gaines de myéline, qui sont les « isolants » et les protecteurs des neurones) par son propre système immunitaire, qui agit vis-à-vis de ce tissu nerveux comme s’il s’agissait d’un hôte étranger hostile, et le détruit.

Cette altération des gaines isolantes de myéline va altérer la transmission des messages par les neurones et parfois même les détruire. Les symptômes sont très variables et correspondent à la quantité de tissu endommagé et à son emplacement.

L’évolution est, également, très variable d’un sujet à l’autre et se manifeste, la plupart du temps, par des poussées avec des phases de rémission, mais au bout d’un certain nombre d’années, il peut s’installer un véritable handicap.

Au début de la maladie, les symptômes sont souvent attribués à d’autres pathologies, étant donné leur peu de spécificité : fatigue, trouble de l’attention, de la mémoire, troubles de l’humeur, gêne visuelle, troubles de l’équilibre, faiblesse musculaire et troubles sensitifs, parfois même des mouvements anormaux, ce qui retarde le diagnostic et la prise en charge, qui sera multifactorielle car il n’existe pas de traitement spécifique.

Pour affirmer le diagnostic il faut donc un ensemble d’arguments cliniques, biologiques et radiologiques, après avoir éliminé toutes les autres pathologies pouvant donner des symptômes identiques.

Grâce, maintenant, à l’IRM, on peut suivre l’évolution de la maladie au niveau anatomique, car c’est l’examen le plus parlant pour montrer les lésions de la substance blanche et leur étendue au niveau du système nerveux central sous la forme d’espèces de plaques, ce qui explique le nom de la maladie.

Les causes de la SEP restent encore inconnues et les traitements, non spécifiques, permettent cependant d’en atténuer certaines formes ou d’en ralentir l’évolution.

L’expression de cette maladie, très variable d’un individu à l’autre, peut avoir de graves répercussions sur la vie personnelle mais également professionnelle et sociale, chez ceux qui en sont atteints.

La campagne 2019 a été appelée « Ma SEP invisible » pour sensibiliser le public aux symptômes invisibles de cette maladie et à leur incidence sur la qualité de vie, et la fondation ARSEP s’est mobilisée pour créer sur le terrain, avec ses bénévoles, des actions de sensibilisation afin d’aider les malades et, espérons-le, stimuler la recherche thérapeutique.

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