Editoriaux - International - 26 juillet 2019

Venezuela : les USA dénoncent l’activisme cubain et russe

Pour la quatrième fois depuis mars, le système électrique vénézuélien est tombé, lundi 22 juillet, en panne aux alentours de 16 h 40. Depuis, même si des problèmes subsistent dans certains États, l’électricité a été majoritairement rétablie. Cette nouvelle panne aura de nouveau provoqué le chaos dans tout le pays, désorganisant encore un peu plus une économie vacillante, sans compter les problèmes sanitaires et ceux d’alimentation en eau potable… Bien entendu, comme pour les précédentes pannes, si Nicolás Maduro a dénoncé « une attaque électromagnétique de l’Empire [les USA] » sur les installations hydroélectriques du gigantesque barrage de Guri (situé dans l’État de Bolívar) qui produisent près de 70 % de l’électricité du Venezuela, l’opposition a, elle, décrié les installations vétustes et l’absence de maintenance.

Quant à la fonction de ministre de l’Énergie électrique, elle est devenue plus instable encore que celle de ministre de l’Écologie du gouvernement Philippe en France, puisqu’en l’espace de quatre mois, trois ministres se sont succédé : Luis Motta Domínguez, limogé en mars, a été remplacé par Igor Gavidia qui, lui-même, a laissé la place, dès le mois de juin, à Freddy Brito !

Alors que le dialogue se poursuit toujours à la Barbade entre représentants de l’opposition et partisans de Maduro, la tension est de nouveau montée d’un cran à Caracas, non seulement à la suite de cette panne électrique, mais aussi du fait du vote, mardi, sous l’égide de Guaidó, de l’Assemblée nationale qui a approuvé la réintégration du Venezuela dans le Traité interaméricain d’assistance réciproque (TIAR), « légalisant » ainsi une possible intervention militaire étrangère au Venezuela…

De plus, à l’occasion du 24 juillet, jour férié à la gloire de la naissance de Simón Bolívar, Maduro a lancé un certain nombre de manœuvres militaires visant « à renforcer les capacités de défense » en dénonçant, par ailleurs, le survol du territoire vénézuélien par un avion de reconnaissance de la Marine américaine stationné à la base aérienne de Whidbey Island… et qui serait équipé pour préparer un ordre de bataille électronique !

Info ou intox ? Il n’en reste pas moins qu’à l’issue d’une réunion du Groupe de Lima, Jorge Faurie, le ministre des Affaires étrangères péruvien, a tenu à préciser « qu’ils étaient en faveur d’une action pacifique » tout en ajoutant que « la force sera utilisée en temps opportun ».

Coïncidence troublante, Elliott Abrams, chargé de mission de Mike Pompeo pour le Venezuela, annonçait, le 24 juillet, à l’occasion d’une conférence organisée à Washington par le cercle de réflexion Foundation for Defense of Democracies, qu’il étudiait les moyens d’augmenter « la pression sur Cuba », dont il dénonçait « l’activisme au Venezuela », ainsi que le soutien de la Russie à Maduro.

La réalité de la présence logistique cubaine et russe a été confirmée, le 15 juillet, par un ancien commandant des forces armées vénézuéliennes (FNAB), le commandant José Gregorio Basante, qui était jusqu’en mai à la tête de la base militaire d’Escamoto (État de Bolívar), aujourd’hui réfugié au Brésil, qui, dans un entretien exclusif au quotidien brésilien O Globo, a, entre autres, déclaré que Maduro ne faisait plus confiance à la FNAB mais s’appuyait désormais sur la Direction générale du contre-espionnage militaire, les Forces d’action spéciale, les services de renseignement bolivariens et les colectivos. Il ajoutait que « tout était contrôlé de manière millimétrique avec l’aide des Russes et des Cubains »

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