Editoriaux - Histoire - Politique - 26 juin 2019

Usurpation de la mémoire de Georges Pompidou

Ces jeudi et vendredi s’est tenu, à Paris, un colloque, remarquablement organisé par l’Institut Georges-Pompidou, célébrant le cinquantième anniversaire de l’élection de celui-ci à la présidence de la République.

L’ensemble était de haut niveau, tant par l’analyse historique que par la célébration de cet événement qui mit fin, définitivement, à toute tentative de restauration du « Système » de la IVe République et bloqua, pour un temps, l’agitation pseudo-légitimiste d’une gauche profondément marquée par le communisme, désormais concurrencée – quand elle n’était pas noyautée – par les groupes gauchistes.

Mais au-delà, le colloque sut mettre en valeur un homme d’État exceptionnel, digne successeur de Charles de Gaulle, mais aussi auteur d’une synthèse de la continuité et du renouvellement, marquée par l’affirmation haute et claire de l’indépendance et de la force de la France, appuyée sur une politique économique et sociale active.

Or, qu’a-t-on appris ? M. Emmanuel Macron, qui devait adresser un simple message aux participants – ce qui était légitime, mais peu satisfaisant à son goût -, a fait savoir qu’il ouvrirait en personne le colloque…

Et, la veille, a annoncé qu’il ne viendrait pas, préférant le chemin de Bruxelles, où il s’est égaré dans un échec frisant le ridicule. Alors, pour compenser, il a tenu le jour même un cocktail à l’Élysée où il chercha publiquement à s’attribuer la mémoire de Georges Pompidou, présenté comme européiste, centriste, multilatéraliste, etc. En un mot, pas un « lépreux » !

À l’insulte, il ajoutait l’usurpation de mémoire.

Est-il utile de chercher à démontrer l’inanité de cette assertion ?

Au hasard, les élections gouvernées par Pierre Juillet, elles, étaient gagnées. La répression des manifestations gauchistes par Raymond Marcellin n’avait pas lieu au prix de dizaines de mutilés, la politique culturelle s’inspirait de Georges Mathieu et non des poses d’un lobby, la politique étrangère de la France, menée par Michel Jobert, maintenait la France plus que jamais au premier rang… Ce n’était pas Georges Pompidou qui parlait en anglais aux chefs des gouvernements espagnol et portugais. Lui savait ce qu’était « la culture française » !

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