Par ses clochettes délicatement parfumées, le aime annoncer le « joli mois de mai ». Un mois que l’on apprécie pour sa douceur et sa profusion de fleurs. Un mois que la piété populaire consacre à la Vierge Marie, et un mois que la loi décrète patriotique. Instituée en 1920, elle indique que « la République française célèbre annuellement la fête de Jeanne d’Arc, fête du patriotisme. Cette fête a lieu le deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la délivrance d’Orléans. »

Traditionnellement, les manifestants du 1er mai, pour la fête du Travail, portaient un triangle rouge en boutonnière en 1890, avant d’y mettre une fleur d’églantine. Début XXe, cette fleur est remplacée par le fameux brin de muguet. Porte-bonheur, signe de ralliement, délicate attention, envie de célébrer le plus beau mois de l’année ? À chacun sa raison d’offrir cette petite fleur populaire.

Seulement cette année, il va falloir défier l’heure et le kilomètre autorisés pour gâter votre dulcinée. Et pour cause : selon la Fédération des maraîchers nantais, 70 % des brins de muguet habituellement vendus seront perdus cette année. Une catastrophe alors que la récolte s’avérait exceptionnelle. « Je suis très déçu, on avait un super beau muguet et on l’a laissé dans les champs », confie ce maraîcher au Parisien. Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume avait prévenu, sur Europe 1 : « On ne va pas faire n’importe quoi, la vente à la sauvette sera totalement interdite, les fleuristes n’ouvriront pas parce que les magasins seront fermés. »

Or, si les fleuristes n’ont pas le droit d’ouvrir, les jardineries, quant à elles, restent ouvertes pour le plus grand plaisir des confinés cultivant leur potager. Une incohérence que Jean-Pierre Pernaut, plein de bon sens, n’a pas manqué de relever lors de son JT de 13 heures dans un coup de gueule devenu viral : « Comme les fleuristes fermés pour le 1er mai mais les jardineries ouvertes, comme les cantines bientôt ouvertes mais les restaurants toujours fermés… On a du mal à comprendre tout ça ! Entre les infos, un jour, sur un déconfinement par région, le lendemain, ce n’est plus par région. Un jour, l’école est obligatoire, le lendemain, elle ne l’est plus. Tout cela donne un peu le tournis. »

Confinés avec des enfants collés aux écrans, privés de muguet, de messes, de masques ou de tests, mais aussi de la possibilité de travailler ou d’enterrer leurs morts dans de bonnes conditions, puissent les Français ne jamais oublier les multiples contradictions de cette classe dirigeante complètement dépassée, ni cette autre journée de mai : le 13, cette fois, mais en 2022, lorsqu’il s’agira de retourner voter…

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