Un maire condamné pour violence : il voulait stopper un rodéo urbain
L’affaire a été jugée le 12 décembre dernier, mais elle n’a été médiatisée que ces derniers jours : le maire de Venette, petite commune de 2.700 habitants dans l’Oise, a été condamné par le tribunal à 1.000 euros d’amende, 500 euros de dommages et intérêts, sans compter les frais de justice. De quoi bien finir l’année. Sa faute ? « Violences réciproques » sur un jeune homme. On se dit naïvement que « violences réciproques » suppose en toute logique, dans un esprit de réciprocité, parallélisme des formes, que la partie adverse soit aussi condamnée. Mais non, le jeune homme a été relaxé par le même tribunal.
Le maire insulté « dans tous les sens »
Mais venons-en aux faits tels qu’ils ont été relatés dans la presse locale. En décembre 2024, le maire de Venette apprend qu’un jeune motard de vingt ans, issu de la communauté des gens du voyage, fait du rodéo au skatepark de la commune qui n’est pas prévu pour ça : « C’est extrêmement dangereux, ce n’est pas adapté à la moto », a expliqué l’édile. Avant d’aller plus loin, imaginons un petit instant, juste un petit instant, que le maire ait laissé faire et que le motocycliste se soit blessé - voire pire. Qui dit que la famille de la « victime », bien conseillée comme il se doit, n’aurait pas alors saisi la justice pour « mise en danger de la vie autrui » ? On vous la fait courte : « Le maire a été mis au courant de ce rodéo, il était même présent sur les lieux, mais n’est pas intervenu, alors que son devoir le lui commandait. Le drame aurait pu être évité… » Etc.
Donc le maire, rappelons-le premier agent de l’État sur le territoire de sa commune, officier de police judiciaire, demande au jeune homme de cesser son rodéo. « Je lui dis de sortir d'ici, que ce n'était pas le bon endroit et qu'il va se blesser », raconte l’élu, qui précise que l’individu ne portait pas de casque. Évidemment, le ton monte. Toujours selon le maire, le jeune homme se met à insulter le maire « dans tous les sens ». Le premier magistrat de Venette décide alors d’informer la famille du motard l’ayant reconnu et c’est alors que ce dernier s’en est pris physiquement au maire, qui raconte : « Il arrive par derrière et il me met un coup de coude dans la carotide. Là, je me dis que je vais en prendre plein la tête. » Et c’est là que l’élu commet l’erreur, non pas fatale, mais qui va lui coûter très cher. Il saisit son pistolet de détresse, caché sous le siège passager de sa voiture. « Je sors ce pistolet, je le mets à côté de moi, sans pointer évidemment la personne en joue. Il prend peur et recule. » Fin de l’altercation. Mais pas de l'histoire. Le maire rentre chez lui et voit débouler la police. Perquisition pour retrouver le pistolet, mise en garde à vue durant toute une nuit de l'élu. Le jeune homme, sitôt l’altercation terminée, était allé porté plainte au commissariat de police.
Élus en première ligne
Et un an plus tard, la Justice donne raison au motard en condamnant le maire. Le motard, quant à lui, a été relaxé par le tribunal. Certes, le tort du maire a été de sortir cette arme. « Un pistolet de détresse non chargé qu’il a brandi pour se défendre », dans un moment de « panique », selon l’Union des maires de l’Oise. Mais comment ne pas se dire que cette condamnation, pour laquelle le maire a décidé de ne pas faire appel, lance un bien mauvais signal, à moins de trois mois des élections municipales. Comment, d’ailleurs, ne pas rappeler que les maires de ces petites communes (la majorité des 36.000 communes de France) sont bien souvent désarmés face à la violence quotidienne. Venette, 2.700 habitants, si l’on en croit le site de la mairie, c’est un policier municipal et un garde champêtre. Les finances d’une commune de cette taille ne permettent pas de faire plus.
Et, donc, les élus se retrouvent souvent en première ligne, à la différence de leurs collègues des grandes villes qui disposent en général d'une police municipale plus nombreuse (en gros, on compte un policier municipal pour mille habitants). Deux agents en charge de la sécurité dans une petite commune pour faire face aux innombrables « incivilités du quotidien », comme on dit pudiquement (en clair et juridiquement parlant, les contraventions et petits délits souvent requalifiés, lorsqu’ils sont poursuivis, en contraventions), c’est peu. Le « H24 » est évidemment exclu. Une fois enlevés les formations, les congés, éventuellement la maladie, faites le compte... La gendarmerie (ou la police nationale) ne se déplacera pas, par exemple, pour ces bricoleurs du week-end qui emmerdent (il n’y a pas d’autre mot) le voisinage en tondant leur pelouse ou en s'acharnant sur leur disqueuse, le dimanche après-midi, alors que l’arrêté municipal précise bien que c’est interdit afin de sanctuariser un minimum de tranquillité sonore durant le repos dominical. La gendarmerie (ou la police nationale) ne se déplacera que si ce voisin indélicat utilise la disqueuse pour découper sa femme en morceaux. Un maire (ou l’un de ses adjoints, eux aussi officiers de police judiciaire sur le territoire de la commune) qui s’aviserait à venir rappeler la loi aux contrevenants, s’expose ainsi, à ses risques et périls, d’être mal reçu.
En attendant, le maire de Venette devra laisser près d’un mois de ses maigres indemnités d’élu (2.000 euros bruts pour une commune de cette taille), la cagnotte lancée à son profit ayant été immédiatement fermée, puisque la loi interdit « d’ouvrir ou d’annoncer publiquement des souscriptions ayant pour objet d’indemniser des amendes, frais et dommages et intérêts prononcés par des condamnations judiciaires ». Car, comme chacun sait, en France, la loi est faite pour ceux qui obéissent à la loi…
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133 commentaires
Il faut élever des statues à tous les gauchistes de la justice depuis Mitterrand, Taubira , Dupont, etc… politiques et magistrats, pour destruction malhonnête de l’autorité de l’Etat au bénéfice des délinquants, quels qu’ils soient, préférence trop souvent donnée comme dans ce cas à des personnes sans droit et même irrespectueux et insultants envers les autorités légales courageuses au pont de n’être que de vulgaires racailles . Bravo M. le Maire de Venette.
A l’auteur(et aux lecteurs): Merci de ne pas employer le mot « motard » pour ce genre d’individu, je sais que les personnes intelligentes n’auront pas relevé mais il est usant de subir cet amalgame comme membre de cette communauté(celle des pratiquants de la moto, pas celle des « voyageurs »).
On imagine « l’effet d’aubaine » de toutes ces condamnations d’édiles ou d’agents publics sut tous « les esprits faibles » qui se jouent de notre pays et de ses lois… Ce sont les représentants des…lois qui sont les criminels! « On marche sur la tête »!
Serais-ce considéré complotiste , de penser que notre Occupant élyséen bien secondé par la justice qui lui est soit- disant hostile fait en sorte , que toute tentative de maintien de l’ordre en France est systématiquement stoppée et sanctionnée . Une manière sournoise de maintenir la population dans un climat d’angoisse et de favoriser l’atmosphère de conflit généralisé sous jacent , qui gâche la vie quotidienne des français .
Et qui va se plaindre « Qu’on ne fait rien », « que tout va à vau l’eau », que « personne ne veut plus être maire » ? Etc. Je note que cet article n’indique pas qu’il y ait eu des témoins et que c’est donc « parole contre parole ». Merci la justice. En espérant que la cagnotte a pu prendre la clandestinité.
Le pire dans cette histoire, c’est que la « justice » confirme par cette condamnation l’interdiction de fait à se défendre. Arret après arrêt, jugement après jugement, les magistrats réduisent le périmètre de la légitime défense et annulent celui de la simple défense, si sévèrement encadrée qu’elle en devient inexistante. Face à la Cour, même la victime morte finira par avoir tort.
Excellente analyse ! On peut commencer à parler d’un concept de « dictature judiciaire », même les « politiques » finiront détronés !
La légitime défense n’est elle pas dans la constitution ? En plus l’agression caractérisée de la racaille aurait pu être mortelle, donc là c’est complicité du juge
On est laxiste avec les délinquants (et les criminels) et on condamne les honnêtes gens , c’est la monde à l’envers (cf Huysmans) .
Lisez le livre de Christian Combaz ( chroniques de Campagnol) » A l’endroit » , c’est rafraichissant .
Ce sont les juges qui devraient être jugés. On s’étonne ensuite de la montée de la délinquance. Fort de son impunité ce « jeune » recommencera à la première occasion et s’il arrive un accident, on mettra des bougies.
PS: dans le cas présent, la moto n’était-elle par destination?
Apparemment il manque un mot à votre dernière phrase ?
Effectivement, merci: une arme par destination.
Bien triste et révoltant, quand pourrons-nous enfin peser sur cette justice idéologique et militante qui « au nom du peuple » fait tout le contraire de ce que nous voulons. Chaque jour, un peu plus…
La justice agit sur les conséquences et pas sur les causes, pourquoi ? simplement parce que les conséquences sont plus faciles à appréhender que les causes, les lois sont à revoir tout comme les procédures pénales pour inverser le mode de fonctionnement de ceux qui font la loi et de ceux qui l’appliquent. Si on poursuit sur le mode actuel une bonne IA pourra se substituer aux juges sans aucun problème et pourquoi pas à ceux qui font les lois. Mesdames, messieurs réveillez-vous et mettez vos cerveaux en mode action plutôt qu’en mode démagogique.
Pour la justice socialiste frapper un maire rien de plus normal par contre ce défendre NON
La commune devrait pouvoir prendre à sa charge à minima les frais de justice, voire la totalité car ceci a été commis dans l’exercice de ses fonctions. ( protection fonctionnelle de l’élu). Ceci n’empêche pas pas que ce jugement est une fois de plus inique.
Ce petit ange aurait du être pris à parti dans la plus stricte intimitée car nous savons que les lois sont montés à l’envers comme la tête des zélus
Cette communauté est aussi souvent source de problèmes en tous genre, ne supportant pas l’autorité, débarquant aux urgences à 20 et faisant pressions sur les médecins pour être pris en charge alors que d’autres sont patients cas de le dire, et la liste est longue et là les juges cautionnent ces actes
En plus quand ils sont sur un terrain, cela coute cher à la collectivité pour tout nettoyer après leurs départs alors qu’ils ne conduisent pas en personnes civilisés, il faut voir l’état du terrain et les alentours, sans compter les consommations d’électricité et d’eau non facturées
Mais non ils sont tous les droits comme d’habitude et nous celui de subir et de payer
Eau gaspillée, qui plus est, car ils ouvrent les bornes d’incendie dont l’eau s’écoule à flots. J’ai connu ça en Seine-et-Marne. Les municipalités installaient de gros rochers pour interdire l’accès à tous les espaces verts. C’est d’un esthétisme difficilement égalable !
un peu comme « là-bas » dit !
2026 l’injustice qui protège les racailles à de beaux jours devant elle … à quand des juges élus suivant leurs capacité non leur idéologie ???
J’espère que 2026 sera l’année où nous Français nous lèverons enfin pour remettre de l’ordre , quelle que soit la façon, vu qu’en haut lieu n’est rien fait
Que ce soit une année utile comme dit l’autre
Ce n’est que l’application de la loi sans complaisance alors qu’elle aurait pu être indulgente et toujours à sens unique c’est ce qui ne va pas.