À force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. C’est ce que devrait se dire Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, confronté à l’incendie de manifestations contre le racisme et la violence prétendus des policiers. À force de jouer avec le feu…

Depuis la mort dramatique, et face caméra, de , étouffé sous les genoux d’un policier américain, la communauté noire d’outre-Atlantique s’est soulevée, obligeant les gouverneurs et l’État fédéral à prendre de sévères mesures de maintien de l’ordre. Aux États-Unis, la question raciale reste omniprésente, à cause d’un passé récent qui fait partie de l’histoire du pays. Rien de tel en France métropolitaine, où l’esclavage n’a jamais existé. Il n’existe pas, chez nous, de question noire, et c’est heureux. Cela n’a pas empêché la création d’associations communautaristes. Leur fonds de commerce est la victimisation. Leurs moyens d’action sont la violence – parfois, l’agitation médiatique –, toujours, et l’exploitation de la bêtise ambiante qui tend à culpabiliser des Français trop ignorants de leur histoire pour rétablir la vérité.

Ces gens tentent d’enflammer la France, avec la complicité active des médias d’État. France Info a passé la journée d’hier à relayer les propos incendiaires d’illustres inconnus, qui crachent à la figure d’une nation coupable, à leurs yeux, des pires atrocités envers les Noirs. Ces manifestations sont interdites, en raison de l’état d’urgence sanitaire. Quoi qu’on pense du maintien de ces mesures exceptionnelles, elles donnent au gouvernement des pouvoirs exorbitants de restriction des libertés publiques. Si les gilets jaunes tentaient une sortie, la police ne manquerait pas de les réprimer sévèrement. Rien de tel avec les « antiracistes ».

Castaner a osé déclarer, chez Bourdin, toute honte bue, que ces manifestations étaient évidemment interdites, mais qu’il fallait y respecter les « gestes barrières » (on se pince) et qu’elles ne seraient pas sanctionnées (on se pince de nouveau). Cette minable prestation, laborieusement, justifiée par son passé de militant, ne trompe personne. Le gouvernement est bel et bien piégé.

À force de susciter des antagonismes entre communautés, à des fins exclusivement politiciennes, le régime a créé une bombe à retardement. Dans une nation assez homogène, unie par la culture, la langue, l’histoire et les mœurs, dans un régime républicain au jacobinisme encore très lourd, dans un pays qui affirme « une et indivisible » dans sa Constitution, les mêmes républicains ont fragmenté la population.

Paradoxe du « en même temps », cette permanente invocation des fumeuses « valeurs » aboutit à une communautarisation à l’américaine. Ces manifestations devraient être réprimées : non à cause des stupides injonctions sanitaires, mais parce qu’elles portent gravement atteinte à l’unité française déjà mise à mal par des décennies de destruction méthodique. Mais il est impossible de le faire : cela entraînerait des violences, y compris policières, qui constituent justement ce que dénoncent les manifestants. Avec la bienveillance des médias, ils pourraient alors clamer à la face du monde que la police est décidément raciste et violente, puisqu’elle s’attaque à… des Noirs ! Le piège est parfait et il faudrait un ministre exceptionnel pour en sortir. Ce que n’est pas Castaner…

Dès lors, la fuite en avant est inévitable. Proclamations et condamnations du racisme, commissions d’enquête (le PS en a demandé une), concessions aux associations. Rien de cela ne suffira. Il faut relire Guérilla, de Laurent Obertone. La réalité rejoint la fiction, dans une abdication face aux émeutiers qui ne s’arrêteront pas là. L’incendie n’est pas près de s’éteindre. Même apaisé, il continuera à couver et nul ne peut prédire ce qu’il adviendra.

Nous sommes gouvernés par des incapables.

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