800 à 1.000 euros de revenu par mois pour les étudiants : avec quel argent ?
Il n’y a pas à dire, en ces temps où la France enregistre une dette abyssale (3.536,1 milliards d’euros, au premier trimestre 2026), certains ont de grandes idées pour redresser le pays. Éric Berton, le président d’Aix-Marseille Université (AMU), est de ceux-là.
Le lundi 7 septembre, en marge du lancement de l’année universitaire organisé au palais du Pharo à Marseille, il a accordé une interview à nos confrères de La Provence. Il revient, à cette occasion, sur la précarité étudiante et il a LA solution : « J’aimerais que les étudiants puissent avoir un revenu pendant leurs études. » Il préconise qu’un salaire de 800 à 1.000 euros soit versé à chaque étudiant. Évidemment, il ne suffirait pas de s’inscrire à la fac pour recevoir cette somme, car le dispositif serait « bien encadré avec des notions d’assiduité ».
Imaginons que le dispositif ne concerne que les établissements publics. Dans ce cas, 1,67 million d’étudiants seraient potentiellement rémunérés. S’ils vont tous en cours, le coût de l’opération reviendrait à entre 1,338 milliard d’euros et 1,673 milliard d’euros par mois. Seraient-ils payés les douze mois de l’année ou seulement les neuf mois d’études ? L'histoire ne le dit pas. Elle ne dit pas, non plus, au bout de combien d’absences les salaires seraient suspendus.
Ce que l’on sait, en revanche, grâce à un rapport sur les formations supérieures, c’est qu’au cours de l’année scolaire 2023-2024, seuls 6,8 % des étudiants inscrits en première année de licence ne se sont présentés à aucun examen. L’économie réalisée en cas de manque d’assiduité serait donc assez infime, comparé aux sommes dépensées.
Réduire les inégalités
Une estimation grossière permet d’évaluer le coût de l’opération dans une fourchette comprise entre 10 milliards d’euros par an, dans l’hypothèse basse, et 20 milliards d’euros par an, dans l’hypothèse haute. Où les trouver ? Là encore, le président de l’université a LA solution : il faut augmenter le budget alloué à l’enseignement supérieur d'une fois et demie à deux fois.
C’est beaucoup, mais c’est pour la bonne cause, comme l’a précisé Éric Berton, sur l’antenne de BFM TV, le mardi 8 septembre. Le dispositif vise à « réduire les inégalités entre un étudiant plutôt aisé et quelqu’un qui doit travailler pour payer ses études ou qui a le ventre vide ». Ce, au nom de « la promesse républicaine de l’égalité des chances », évidemment !
Tout cela est plein de bons sentiments mais dénué de tout sens commun. D’une part parce que l’idée fait fi de la situation financière française, d'autre part parce qu’elle sous-entend que seul le niveau social des étudiants est responsable de leur réussite ou de leur échec. Les derniers résultats de l'enquête PISA en témoignent : le niveau des Français est en chute libre alors même que l’école de la République est gratuite pour tous. L’argent n’explique pas tout.
Détruire la valeur travail
Au-delà du manque criant de sérieux de la proposition sur le plan financier, il convient de regarder les conséquences que la mise en place d’un tel revenu étudiant pourrait avoir sur le reste de la population. Elle poserait une question vertigineuse : comment justifier qu’un étudiant puisse percevoir jusqu’à 1.000 euros par mois pour étudier quand un salarié rémunéré au SMIC doit travailler à temps plein pour gagner sa vie ? De fait, le travail des personnes qui ont de petits salaires (employé de maison, ouvrier agricole…) serait dévalorisé et, pire, un coup de grâce serait porté à la valeur travail au sens large. Il serait alors légitime de se demander pourquoi travailler lorsque le simple fait d’étudier est rémunéré ?
Loin de nous l’idée de ne pas considérer que la précarité des étudiants est un sujet préoccupant et important, mais il existe déjà de nombreux dispositifs pour les aider (bourses, APL, aides régionales, aides à la mobilité, repas à 1 euro…).
Rappelons, par ailleurs, que les inégalités sociales ne sont pas réservées à cette population. Elles existent dans toutes les strates de la société et, n’en déplaise à ce président d’université utopique, elles ne peuvent pas être gommées à grands coups d’aides sociales. L’argent n’est pas gratuit.







































64 commentaires
Beaucoup vont rester étudiants pendant 30 ans.
On a pas encore pensé à faire rembourser par l’état toutes nos courses que l’on fait rien que pour vivre : manger, s’habiller, etc….
Les élites seraient-elles tarées ? Cela expliquerait beaucoup de choses.
Il y a trop d’étudiants dans les facs, notamment dans des filières qui ne mènet à aucun emploi, qui font perdre à l’étudiant le temps qu’il aurait pu passer acquérir des compétences utilisables et qui en font finalement un frustré.
Il y en a trop parce qu’on donne le bac, parce qu’on donne le brevet des colèges, parce qu’il n’y a plus d’examen d’entrée en sixième.
S’il y avait moins d’étudiants, les facs pourrait mieux s’équiper et peut être que l’on pourrait accorder plus de bourses.
S’il y avait moins d’étudiants dans les facs, et plus dans les filières pro, on trouverait peut-être plus facilement des travailleurs compétents.
Il faut remettre les jeunes à faire des CAP et BEP, on a besoin de cela en France, pas des têtes vides sortant de ces usines à idéologie gauchiste , qui ne savent rien mais croient tout savoir, qui sont un vrai repoussoir pour certains recruteurs , les sortants de sciences po, pas question et ils ont raison
Il faut remettre la formation professionnelle qui marchait très bien
C’est indispensable, et urgent !
Je sens que beaucoup vont reprendre leurs études et que nous allons avoir un afflux important d’étudiants étrangers de grande valeur, bien sûr. Nos problèmes de manque d’ingénieurs de grande qualité sont résolus.
C’est certain que si l’idée de cet irresponsable Berton devient réalité, il faut s’attendre à voir se multiplier au moins par mille le nombre d’étudiants. C’est comme nos aides sociales, des millions d’étrangers ont débarqué dans notre pays de Cocagne depuis des décennies et ce, au détriment du gaulois. Et à présent, les caisses de l’Etat sont à sec.
Ca va justifier la hausse des visas étrangers notamment algériens, je n’oublie pas que la meurtrière de Lola était sur notre sol via ce cursus, pas très assidue d’ailleurs dans son CAP cuisine, sa présence en France était une imposture , on sait ce qui s’est passé ensuite
C’est connu, avec l’argent des autres, les irresponsables ont toujours des idées géniales ! On avait déjà Macron maintenant, on a Berton. Ne sait-il donc pas que les caisses de l’ETAT sont vides ? et sait-il pourquoi elles sont vides ? Il tombe de quelle planète ce Berton ? Le citron est à sec depuis longtemps et pour longtemps ! Sauf erreur, les étudiants ont droit à pas mal d’aides et peuvent les améliorer en travaillant pendant leurs vacances ou en dehors des heures d’études etc… comme beaucoup d’autres avant eux l’ont fait. L’argent ne tombe pas du ciel, ça se mérite !
Pour réussir dans la vie il faut avoir été confronté a des difficultés. Si tout arrive sans effort et sans risque cela conduit a la décadence. Les temps difficiles font des hommes forts. Les temps faciles font fes hommes faibles. On en est là.
Je suis absolument contre. Etudiant pauvre (très) j’ai ramé jusqu’au 3° cycle à partir duquel j’ai pu commencer à trouver quelques revenus de plus. Il me semble indispensable de tester sa volonté d’aboutir, chose qui fera d’un étudiant un élément intéressant dans sa future carrière. Que veut le promoteur de cette mesure ? Ajouter des assistés à des assistés. Nous n’en manquons pourtant pas.
D’accord avec vous. Il faut que la motivation soit un moteur. Le moteur ne doit pas être la facilité à priori.
Comment voulez vous qu’un fonctionnaire, qui , par définition, est entretenu et nourri par l’État, soit capable de se poser la question du financement d’une telle mesure ?
Il est comme le gamin de 4 ans qui dit à sa mère, si tu n’as plus d’argent, va au distributeur.
c’est amusant, mon petits-fils vers 7 ans, a fait la même réflexion quand sa maman lui a dit, on verra plus tard, je n’ai pas d’argent sur moi..
Il faut arrêter la fuite en avant
SARDOU chantait dans un pays en absurdie
Et puis quoi encore ? Il existe les petits boulots pour ça…
Ils ont le temps de s’amuser, d’aller en discothèque, d’aller en vacances à Ibiza ou ailleurs? Alors ils trouveront bien un moment pour aller se faire un peu d’argent et ça va les préparer à la vie active
Oui d’autant que muni de n’importe lequel bac, en France on peut déjà glander quelques années avec Sécu et aide au logement…