Le “vice-ministre” de la , M. Salomon, fut très mécontent de l’attitude des médecins de ville face au coronavirus et a cru bon de leur envoyer, il y a quelques jours, par le biais des messages d’information de la direction générale de la santé, une note leur rappelant qu’il n’était pas souhaitable d’utiliser des antibiotiques (en attendant qu’il ait le pouvoir de les interdire), et tout particulièrement de l’azithromycine, dans le traitement des malades atteints de coronavirus.

Heureusement, l’épidémie touche à sa fin, peu de médecins lisent ces messages, et encore moins appliquent à la lettre leurs recommandations.

Tous les médecins que j’ai interrogés disent avoir utilisé une antibiothérapie, en général l’azithromycine, chez les sujets suspect de Covid-19, à défaut d’avoir pu y associer de l’hydroxychloroquine, qui était indisponible en pharmacie. Aucun n’a eu à déplorer une aggravation qui aurait nécessité une hospitalisation d’un de ces malades.

Certes, ces malades auraient peut-être guéri spontanément, cependant, bien que les antibiotiques ne soit (a priori) pas actifs contre les virus, les praticiens de terrain reconnaissent les utiliser lors des épidémies de grippe, par exemple, chez les personnes à risque (, pathologie associée, etc.) afin d’éviter une surinfection bactérienne qui pourrait être gravissime chez ces sujets-là.

Les médecins généralistes possèdent ce qui manque à nos décideurs ministériels qui n’ont sans doute pas approché de malades depuis de longues années : l’expérience !

C’est grâce à ce savoir puisé dans le quotidien de la pratique qu’ils sont à même de juger de ce qui est nécessaire ou pas pour leurs patients et qu’ils n’accordent qu’un intérêt mineur aux notes arrogantes du “vice-ministre” de la Santé, qui sont davantage des injonctions à respecter les consignes officielles que des informations scientifiques dont ils pourraient tirer profit.

Ainsi, pour l’administration sanitaire, face à un malade atteint de Covid-19, il n’y a qu’une alternative possible : ne rien faire et attendre qu’il guérisse seul ou attendre qu’il s’aggrave pour demander son admission en réanimation.

On a vu le résultat !

10 juin 2020

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