en a rêvé, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, l’a fait. La 74e édition du Festival de Cannes sera, comme chaque nouvelle année, placée sous le signe du renouveau. Renouveau perpétuel, progrès durable, les bons placements du moment. Par ces temps de pudibonderie sanitaire, et tel que soulevé avec humour par Frémaux lui-même, une chose est sûre : « On ne s’embrassera plus en haut des marches. » Une autre chose semble également certaine, dit-il, c’est que si, pour décerner un prix, « nous hésitons entre deux films dont l’un est réalisé par une femme, nous irons vers celui-ci ». De nos jours, être un homme, plutôt blanc, vous fait désormais appartenir au sexe faible.

La messe égalitaire est dite, et cet ancien adepte d’arts martiaux troque son judogi pour son habit de pèlerin pour défendre, dans le 7e art, la cause féministe, 4e vague. Ou serait-ce déjà la 6e ? Qu’importe, quand on aime, on ne compte plus. À l’instar des pubs pour le produit vaisselle ou le déboucheur de canalisations, mais en plus glamour, le Festival de Cannes s’engage donc pour plus de parité et de diversité, les deux mamelles de l’éden progressiste. « Ce problème ne nous est pas propre, il est systémique […] Nous féminisons nos équipes et nos instances, et nous veillons à la visibilité des femmes dans nos sélections et dans nos jurys. » De toute évidence, en termes de visibilité planétaire, la montée des marches, pour la gent féminine, ne suffit donc pas.

Après une montée 100 % féminine en 2018, que le lecteur anxieux se rassure, pour le cru 2021, côté français, en compétition, la parité est strictement respectée : trois bipèdes s’identifiant hommes, trois bipèdes s’identifiant femmes. Mais ce qui est interpelle surtout, dans ce comptage d’apothicaire, c’est que là où, au sein de la République modèle, les statistiques ethniques sont formellement interdites, les statistiques du genre sont encouragées, voire subsidiées, par l’intermédiaire de la culture autorisée. Deux poids, deux chromosomes, deux mesures, comprenne qui voudra, certains comptages sont, semblerait-il, plus progressivement corrects que d’autres.

« Nous devons être exemplaires », poursuit-il, « nous avons bien signé la charte 50/50. » La charte 50/50 est le fruit d’une association qui promeut l’égalité, l’inclusion et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel, adoubée par moult festivals, organisations professionnelles et d’édition cinématographique ; une sorte de pass sanitaire de la pensée à la sauce féministe. Gage de crédibilité, par exemple, Virginie Despentes et Marina Foïs en font partie. Aujourd’hui, ce quota s’applique surtout pour le genre et la race. Mais allez savoir, plus tard, serait-ce pour la taille, la couleur des cheveux, le bonnet du soutien-gorge, le QI ? Pour le poids, les activistes qui luttent contre la grossophobie sont déjà sur les starting-blocks. Imaginez la scène.

Après avoir obtenu gain de cause à ses revendications par le biais d’une émancipation libertaire et de plus en plus liberticide, après avoir piétiné les droits de l’enfant à naître avec le « droit à l’avortement » et la PMA et, sans aucun doute, bientôt avec la GPA, le féminisme s’engage à usurper celui d’un patriarcat fantasmé, faisant fi de la créativité pour laisser place à un totalitarisme progressiste. Dans nos sociétés dites modernes, tout, absolument tout, est façonné pour assouvir cette propagande morbide.

Selon le prélat catholique américain Fulton Sheen, « dans une large mesure, le niveau de toute civilisation s’estime par le niveau de sa féminité. Quand un homme aime une femme, il doit devenir digne d’elle. Plus sa vertu est élevée, plus son caractère est noble, plus elle est dévouée à la vérité, à la justice, à la bonté, plus un homme doit aspirer à être digne d’elle. L’histoire de la civilisation pourrait en fait s’écrire en fonction du niveau de ses femmes. » Que de belles paroles qui laissent assez circonspect sur l’état de notre époque victime de ces dérives idéologiques progressistes.

8 juillet 2021

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