Ce vendredi soir, la communauté enseignante de France est en deuil. Un professeur d’histoire-géographie, en poste au sein d’un collège de Conflans-Saint-Honorine, dans les Yvelines, a été assassiné sauvagement, en pleine rue, aux environs de 17 heures, dans la ville voisine d’Épargny.

L’enseignant n’aurait, semble-t-il, pas été attaqué par hasard. En effet, la secrétaire générale adjointe du syndicat enseignant SNES-FSU, Sophie Vénétitay, a indiqué que le défunt professeur avait fait cours, au début du mois d’octobre, sur la liberté d’expression.

Dans ce contexte pédagogique, l’enseignant a abordé et montré en classe certaines caricatures du prophète de Mahomet issues du journal Charlie Hebdo. L’affaire a alors suscité certaines réactions de parents d’élèves dont certains ont menacé le professeur. Le 5 octobre, une plainte a été déposée par ce dernier auprès des autorités de police.

Si l’assassin n’est pas un parent d’élève, il est hautement probable que l’attaque ait un lien étroit avec l’enseignement mené par la victime. C’est donc manifestement dans le cadre de l’exercice de ses fonctions que le professeur de l’Éducation nationale a perdu la vie.

En réaction, Jean-Michel Blanquer a fait part de son émotion sur Twitter tout en déclarant que c’est « […] la République qui est attaquée avec l’un de ses serviteurs, un enseignant ». C’est peu dire et peu réagir, quand on sait le nombre d’agressions dont sont victimes les enseignants au quotidien depuis plusieurs années, de l’insolence à l’insulte, de la gifle à la blessure mortelle ici. Car cet assassinat ne relève pas d’un fait divers exceptionnel. L’attaque de ce professeur dévoile, au contraire, le symbole d’un mépris généralisé à l’égard des enseignants, lequel est, chaque année, un peu plus insidieux, toujours plus latent.

Cette situation est favorisée à la fois par une violence toujours un peu plus virulente dans notre société moderne et par des politiques éducatives démagogiques et plus que jamais laxistes. Aucune des politiques éducatives récentes ne vient lutter contre les violences faites aux enseignants.

Si c’est bien le rôle de la Justice de juger les criminels, celui du ministère de l’Éducation nationale est de prendre soin de ses enseignants en garantissant leur intégrité physique et morale. Ce drame ne doit pas demeurer vain. Gageons que Jean-Michel Blanquer ne se contente pas de mots de compassion ou d’indignation.

Il est urgent de réagir, politiquement, pour que la peur ne gagne pas, peu à peu, les salles de classe.

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