Trop cathos pour la SNCF ? De jeunes pèlerins sévèrement contrôlés…
Les lecteurs de BV se souviennent de la mésaventure de ce jeune pèlerin qui revenait du pèlerinage de Chartres, le 9 juin dernier : il avait été verbalisé en gare de Paris Montparnasse pour avoir chanté un chant religieux, le Jubilate Deo. Coût de l'infraction : 60 euros. Une mésaventure avait aussi frappé un autre voyageur trop solvable, sanctionné, lui, à hauteur de 200 euros pour avoir échangé sa place de première contre une place de seconde au bénéfice d'un père de famille. Des récits qui sont loin d'être isolés, à en croire deux autres témoignages recueillis par BV.
Un contrôleur particulièrement hostile
Ainsi, Joseph*, père de famille nombreuse (sept enfants), qui partait pour trois jours de pèlerinage, s'est vu infliger une amende de 200 euros, au mois de juin 2025, pour « transport d'objet dangereux ou encombrant dans un train » : il a décidé de porter plainte contre la SNCF. Les circonstances et les motifs de son affaire laissent songeur : « Lors de l’enregistrement, j’ai été informé que l’objet dépassait la taille autorisée de 20 cm, ce que j’ignorais parfaitement. En aucun cas il ne m’a été stipulé qu’il était interdit de monter à bord avec, et encore moins qu’il pouvait être dangereux », rapporte-t-il à BV. Ce n'est qu'une fois la petite famille installée dans le train en marche que le contrôleur - qui, pourtant, lors de l'embarquement, « avait pris soin de vérifier l'objet en le montrant à son collègue sans signifier au propriétaire que cet objet pouvait être "dangereux ou encombrant" » - s'est approché du père de famille pour le verbaliser.
Dans sa plainte déposée auprès du procureur de la République, Joseph dénonce « l'attitude hostile du contrôleur tentant de l'intimider avec menaces répétées d’usage de la force de police devant [ses] enfants [présents au moments des faits] pour [le] contraindre à payer immédiatement la contravention, ce qui ne correspond pas au règlement des agents de bord ». De plus, ajoute-t-il aux motifs de sa plainte , « l'agent a refusé de me faire lire la contravention avant signature, m’empêchant de signer le document sans lecture préalable ». Le tout « pour une contravention manifestement abusive et disproportionnée, l'objet du litige n'étant autre qu'une tringle à rideau de 130 cm de longueur et de 1,5 cm de diamètre que j'avais pris soin d’empaqueter aux deux extrémités pour éviter que ledit objet puisse faire des traces », précise-t-il auprès de BV.
Ce que le texte de la plainte ne précise pas, en revanche, c'est que ce jour-là, Joseph s'en revenait de trois jours de marche avec sa femme et ses sept enfants muni de cette tringle à rideau destinée à... porter une bannière de pèlerinage. De là à imaginer que l'allure un peu trop « mili » du pseudo-délinquant, les tenues vestimentaires du groupe, la coupe de cheveux des enfants et l'allure générale un peu trop « catho tradi » auraient été pour quelque chose dans la sévérité du contrôle... D'autant qu'une autre mésaventure de ce type est arrivée, à quelques jours d'intervalle, à d'autres jeunes gens tout aussi « bien mis ».
« Tous ceux qui portaient l'uniforme »
Autre ligne SNCF, le 19 juin. Une trentaine de candidats au bac s'installent dans un wagon SNCF, direction Alençon, pour aller passer leurs épreuves de spécialité. Les Bas-Normands qui voyagent en train sur les petites lignes direction Sées, dans l'Orne, sont devenus familiers de ces usagers d'un certain type : même coupe courte, cravate bleue et jaune, chemise blanche, pantalon bleu marine et pull arborant le blason de leur école, ils sont élèves à l'Institut Croix des Vents, une école et pensionnat catholique. Ce jour-là, Rémi L., qui voyage avec ses camarades, raconte à BV : « Avant l'arrivée du train, un garçon de mon groupe commet une grande imprudence : il descend sur les voies pour récupérer sa bouteille d'eau qu'il a fait tomber. » Une grave infraction qui aurait pu lui coûter 150 euros mais ne lui vaudra, en l'espèce, aucune contravention ; les accusations des agents de la SNCF seront autrement plus graves...
Une fois le groupe installé dans le train en marche, le contrôleur procède à la vérification des billets. « On a vite senti qu'on n'était pas les bienvenus, raconte Rémi. Ils nous ont demandé nos cartes d'identité - ce que les contrôleurs ne font quasiment jamais - et les cinq agents sont ensuite venus nous voir pour nous dire que le conducteur nous avait vus ramasser des cailloux sur la voie pour les lancer sur le train. Ils ont été jusqu'à nous menacer de ne faire sortir personne des wagons tant que nous ne nous serions pas dénoncés. » Ces caillassages ? Des actes gravissimes qui ont tendance à se multiplier : ils sont sévèrement punis, à condition, bien sûr, que les « vrais » coupables soient identifiés et poursuivis.
La situation demeure tendue, chacun tente de s'expliquer et les lycéens essaient de faire reconnaître leur innocence en vain, jusqu'à ce qu'un jeune passager plus âgé et extérieur au groupe sorte de sa réserve et explique aux contrôleurs : « Je vous écoute depuis tout à l'heure, tout est cohérent, ils n'ont absolument pas caillassé le train, les choses ne se sont pas passées ainsi. » Seule son intervention a permis de ramener les contrôleurs à la raison, l'un d'entre eux allant jusqu'à appeler le conducteur du train « pour lui dire qu'il s'était trompé », témoigne Rémi. Malgré tout, l'aventure laisse un goût amer aux lycéens : « Ces agents de la SNCF ciblaient vraiment toutes les chemises blanches, donc tous ceux qui portaient l'uniforme ; les gens trop propres sur eux, trop solvables, cela devient un phénomène de société. »
Phénomène de société ou pas, la grogne des voyageurs « trop bien mis » injustement accusés ou verbalisés pour des broutilles commence à monter.
[*le prénom a été modifié]
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82 commentaires
Donc vous portez un costume cravate vous devenez suspect aux yeux des controleurs,par contre survet noir capuche et masque pour dissimulé le visage autoriser,voilà la nouvelle France.
Ces contrôleurs zélés devraient être assignés à participer à 3 messes en guise de pénitence…
Tiens, c’est marrant, mais ceux qui vont à la mecque ou à la mosquée ne sont pas verbalisés. On leur déroule presque le tapis rouge. Ou ceux qui se baladent voilées dans le train pour cacher leurs visages. Et ceux qui mettent le bordel dans le train? Un jour, çà va mal se terminer tout çà!
Pour votre commentaire, plus que d’accord ,et ceux qui mettent les pieds sur les sièges, mangent et en mettent partout, sans compter les conversations bien sonores au tèl et j’en passe, et tous cas faits jamais sanctionnés par contre !!
a non t pas touche aux potes de Mélenchon ces contrôleurs doivent certainement faire partis de la CGT et de plus communistes a fond
Verbaliser, taxer, sermonner des personnes sans histoire et solvables c’est éviter de prendre un coup de couteau d’un voyou qu’il est plus prudent d’ignorer. Le principe de précaution n’a-t-il pas été inscrit dans le constitution par nos chers députés et à une très large majorité? alors il n’est plus temps de s’en plaindre, il fallait réfléchir avant aux effets induits par ce type de décision.
Il y a longtemps qu on boycotte la sncf trop d incompétents arrogants qui nous prennent pour des gogos C est cher avec un mauvais service
Les contrôleurs n’avaient déjà pas un niveau intellectuel au sommet, mais j’ai l’impression que ca ne s’améliore pas !
CGT ou Sud rail devrait négocier un droit de retrait en cas de retour des Rave parties des cathos. Ce serait mieux pour tout le monde.
Il vaut mieux verbaliser les personnes sages que les démons il ne risque rien Sinon les autres se rebiffent et risque de mal tourné c’est la nouvelle France
Pourtant quand on prend les trains de banlieue, les contrôleurs regardent souvent ailleurs suivant la population qui occupe, le wagon, ils choisissent leur proie en fonction des risques qu’ils courent et de la solvabilité du client. Sur les grandes lignes il arrive que les contrôleurs connaissent ceux qui voyagent généralement sans billet et s’engage une conversation de vieilles connaissances sympa et évidemment sans effet puisque le titre de séjour est faux, l’adresse est fausse et tout le monde s’en fout d’ailleurs, j’ai vu ça sur Paris/Marseille et retour, il faut bien aussi que les commerçants s’approvisionnent
Christianophobie.manifeste bien sûr.
Juste une question…il portait sa casquette ce contrôleur ? .Pas de casquette,pas de contrôle
« … sanctionné, lui, à hauteur de 200 euros pour avoir échangé sa place de première contre une place de seconde au bénéfice d’un père de famille. »
Quelle horreur pour un « contrôleur » qui pour rien au monde n’échangeait sa place de première pour un père de famille…
Place de première que le « contrôleur » ne paie pas, ça fait parti de ses avantages… Alors…
Rappelez-moi, il vote pour qui les « contrôleurs* », RN ou LFI ?
La SNCF n’est pas synonyme de charité, sauf pour soi-même.
* l’immense majorité d’entre eux.
De toute façon ils pourrissent la vie des usagers quand ils font grève et quand ils ne la fond pas !!!
En tous cas le motif de cette verbalisation est vraiment contestable
CQFD
Une fausse « information », il me semble dans cet article : ce n’est pas l’homme qui a changé sa place de première pour une place de seconde qui a été verbalisé, mais l homme qui voyageait en première avec un billet qui ne lui donnait pas cet accès.
Les changements de places compliquent le travail des contrôleurs.
Par ailleurs l’ auteur déplore relativement peu qu une » grave infraction » , descendre sur les voies, n’ ait finalement pas été sanctionnée, après avoir pourtant mobilisé le personnel de la SNCF.
Les jeunes se croient tout permis, mais boulevard Voltaire sait se montrer bien indulgent.
Le personnel de la SNCF est arrogant, impoli, voire méprisant !
Ne généralisez pas, cela se passe bien dans la plupart des cas.
Vous ne devez pas parler des mêmes jeunes
Les usagers mécontents de vos services ne se limitent pas aux lecteurs de BV.
Tout le monde sait que vous n’intervenez jamais dans certaines circonstances.
Les potos, les frérots, les possesseurs de couteau ont toujours droit au respect de vos agents. Les autres ont droit, eux, au défoulement de frustrés ou d’idéologues.
Tout le monde sait
Merci !
Vous avez raison sur un point: les agents SNCF ont usé de leur prérogatives pour sanctionner ces jeunes usagers. Mais il y a là quand même un peu trop de zèle de leur part, compliqué par de fausses informations (le soit-disant caillassage, l’exigence de fournir des pièces d’identité sans infraction préalable, la signature sans lecture du contrevenant,…). On est loin de l’application des règlements face à des délinquants au comportement nuisible!
J’ai du mal à imaginer que vous leur donniez raison !!!
Quand on voit les motifs de ces verbalisations et la pression pour que les usagers, signent des pv surement tronqués et exigent le paiement sur place, et quand on voit leur mansuétude pour des gens qui ne payent pas leur billet, mettent leur pied sur les sièges, laissent leurs déchets partout ou parlent assez fort entre eux ou dans leur téléphone et eux pas sanctionnés, le deux poids deux mesures une fois de plus
Les espaces réservés aux lecteurs ne me permettent pas de joindre mes échanges de courrier avec la SNCF au sujet des comportements staliniens de ses commissaires du peuple assermentés et recrutés sur production d’une copie de leur appartenance à un parti d’extrême gauche. Pour la plupart de véritables fromages à la botte de Melanchon ou de la place du Colonel Fabien.
… et « commissionnés «
Un dépôt de plainte pour descrimination est possible.