[TRIBUNE] Le désir d’être roi
Lors de la révolution de 1830, Chateaubriand fut reçu par le Duc d’Orléans qui n’était alors que Lieutenant général du royaume, en un moment d’incertitude sur le devenir de la France et de la dynastie. Il était venu plaider les droits du Duc de Bordeaux, petit-fils de Charles X. Le maître de la langue française, dans le récit qu’il fit de l’audience, nota : « Je vis dans ses yeux le désir d’être roi. »
Voici donc en notre période pré-électorale le défilé de petits personnages habités du « désir d’être roi ». Il est divertissant de voir combien l’accès « à la responsabilité suprême », pour employer des termes gaulliens, fait naître d’ambition, même chez les candidats les plus improbables. Il est heureux que le ridicule ne tue pas, sinon nos délicieux partis politiques seraient de superbes nécropoles.
À gauche, le trop-plein de candidats et de démagogie !
La gauche avance en rangs dispersés, mais il est un élément qui les unit : proposer de vieilles recettes idéologiques qui ont échoué partout et toujours, y compris en France. Les Romains pourtant disaient déjà il y a deux mille ans : « Errare humanum est, perseverare diabolicum. »
Le líder máximo Mélenchon et ses disciples s’inspirent ouvertement, jusque dans le vocabulaire employé, de Robespierre, Lénine et Trotski. Ils présentent en exemple Chávez ou Castro, personnages qui ont opprimé et ruiné leurs peuples. Le nombre de personnes assassinées sous le régime castriste est évalué entre 15.000 et 17.000 personnes, cinq fois plus que les victimes de Pinochet (rapport Rettig/ Livre noir du communisme). Qu’à cela ne tienne, journalistes, étudiants et militants plus ou moins incultes, frustrés et fanatisés communient à ce délire idéologique et révolutionnaire. Il suffira de « faire payer les riches » et d’annuler la dette ! Comment ? Par la banqueroute comme la Révolution française ?
La gauche dite socio-démocrate, quant à elle, professe que le bonheur du peuple réside dans l’impôt, la taxation, les normes, l’endettement et la bureaucratie. Nous avons pourtant déjà subi ces politiques et nous en voyons le résultat. Ces esprits embués d’idéologie n’ont pas compris qu’il n’est de politique sociale possible que grâce à la création de richesses, que permet une économie forte qui encourage le travail plutôt que l’assistanat. Qu’importe, se bousculent au portillon Philippe Brun, Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel, Olivier Faure. Et sont en embuscade Bernard Cazeneuve, Jérôme Guedj, Karim Bouamrane et, cerise sur le gâteau, François Hollande !
Chez les écologistes : les délires
Ceux qui se disent écologistes oscillent entre le néo-marxisme le plus ringard et du rousseauisme mal digéré. Du coup voici que l’homme, « corrompu » par la société et le progrès technique devient un intrus dans la nature surtout s’il entend la discipliner et la transformer. Vient à l’esprit la lettre de Voltaire à Rousseau : « On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage » (30 août 1755). Leur écologie totalitaire entend régler tous les aspects de votre existence « pour sauver la planète ». Bientôt vous serez assignés à résidence pour lutter contre la production de CO2, comme sous Mao, vous n’aurez droit qu’à un enfant, parce que deux c’est trop « pour la planète », il vous sera expliqué qu’être propriétaire d’une maison avec un jardin est un crime contre la nature car vous « artificialisez les sols » et que le salut viendra des éoliennes qui défigurent les paysages, massacrent les oiseaux et renchérissent le coût de l’électricité. Rassurez la planète, Marine Tondelier accourt pour la sauver !
Le bloc central : l'outrecuidance
Le « bloc central » ne se distingue guère en termes d’ego et de suffisance mais se caractérise par le fait que ceux qui ont conduit la France au déclassement défilent pour vous expliquer comment faire pour sauver le pays du désastre qu’ils ont provoqué ! Édouard Philippe se donne en spectacle en train de faire des frites, sans doute pour nous faire comprendre que les Français sont des patates que l’on peut peler à merci ! Gabriel Attal annonce ses priorités pour la France. N’aurait-il pas été Premier ministre ? Quelle outrecuidance ! Avec eux, il faut que « tout change pour que rien ne change », et Alain Minc vient sur les ondes pour adouber son poulain Havrais. Il ne manque plus qu’Attali.
Bruno Retailleau avec un pied dans le système et un pied en dehors, pratique un grand écart inconfortable et la question reste posée : de quel côté tombera-t-il ? Celui du système ou hors du système ? Le salut ne peut venir qu’en dehors. C’est là que Marine Le Pen domine l’espace. Éric Ciotti, David Lisnard, Sarah Knafo, quant à eux, savent que les Français ont plus besoin de liberté, de responsabilité et d’autorité que d’égalité et de laisser-aller. Pour mettre un terme à l’effondrement français, il faudrait que tous ceux-là, le moment venu, s’allient. Il s’agit de l’avenir de la France. Tout sera fait pour empêcher un candidat patriote de l’emporter. Et s’il est élu, tous les moyens seront employés pour l’empêcher d’agir : le sabotage institutionnel, l’inertie administrative, l’abus des procédures juridictionnelles, les entraves européennes, le chantage international, l’agitation de tous ceux qui ont intérêt à ce que le système et leurs avantages se maintiennent. Voire la désobéissance civile des idéologues de gauche et de leurs troupes qui ne supporteront pas la fin de leur règne sur les esprits et sur la politique.
Ici se pose la question essentielle, celle de la souveraineté nationale. Or, depuis des décennies, par des engagements européens et internationaux régulièrement ratifiés, par des législations et des pratiques juridictionnelles internes, les gouvernements et le peuple français n’ont plus les mains libres. Le pire est qu’ils l’ont voulu ou y ont consenti. La souveraineté est aux nations ce qu’est la liberté aux personnes. Plus que jamais la question qui se pose à la France est celle-ci : « la liberté ou la mort ».
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