[TRIBUNE] La République est passée par ici, elle repassera par là !
Depuis quelques années, nos politiciens barbouillent leurs discours d’incantations à la République et d’aucuns discernent des brevets de républicanisme. Il existerait un « arc républicain », une « droite républicaine » et une « gauche républicaine », qui résisteraient aux ennemis de la République ! « Aux armes citoyens », la République est en danger ! Il est permis de se demander au nom de quoi certains partis s’érigent en arbitre des élégances républicaines ? Autoproclamation bien commode mais non exempte d’incohérence. Ainsi, certains proclament que LFI est sortie de l’arc républicain. Pourtant, ce parti révolutionnaire s’inscrit parfaitement dans la tradition républicaine : son chef et ses militants se réclament de Robespierre et de la Révolution de 1789 et de ses suites terroristes - les mythes fondateurs de la République, si je ne m’abuse. Et la « Macronie » est malvenue de s’indigner, elle qui fut béate devant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques qui célébraient l’exécution de Marie-Antoinette et ridiculisait la Cène du Christ, deux marqueurs de la Révolution dite française : la Terreur et la haine du christianisme.
Quant à Marine Le Pen, Éric Zemmour, Éric Ciotti, Marion Maréchal ou François Asselineau, ils n’ont pas une seule fois remis en cause la forme républicaine du gouvernement et, que je sache, encore moins appelé de leurs vœux l’accession au trône du prince Louis de Bourbon ou du prince Jean-Christophe Napoléon, s’il faut pousser le ridicule du procès qui leur est fait jusqu’au bout ! Au contraire, ils ont toujours pris grand soin d’accepter le verdict des urnes, de respecter les lois de la République et de se soumettre aux décisions de justice^, même quand celles-ci pouvaient paraître quelque peu orientées.
Sus aux hypothétiques ennemis de la République !
Comme tout cela est bête mais aussi révélateur de la vacuité de la communication politique contemporaine, car il ne saurait évidemment être question de pensée ou de réflexion. Mais cet appel permanent à la défense de la République et ses supposées valeurs contre d’hypothétiques ennemis est bien commode. Cela permet d’éviter de parler des vrais problèmes : la perte de souveraineté de la France, l’impuissance volontaire des gouvernements face à l’immigration de masse, la dérive des dépenses publiques, les politiques fiscales et administratives défavorables au développement des entreprises, le déclassement de la classe moyenne, la sur-administration et son coût délirant, le mille-feuille institutionnel, la mauvaise allocation des dépenses publiques, l’insécurité croissante, le narcotrafic exponentiel, la baisse du niveau scolaire, la dévalorisation du travail au profit de l’assistanat, la perte de l’influence diplomatique de la France dans le monde, le rapport de l’islam avec notre société et ses mœurs… Sinistre liste à la Prévert qui signe le déclin de la France.
À ce sujet — Darmanin, le non-candidat
Mais il est un autre aspect de l’usage du mot « République » à temps et à contretemps. Celui-ci tend à remplacer le mot « France ». Cela n’a rien d’anodin. La France est une réalité humaine, politique, géographique, culturelle et millénaire, et cette réalité est incarnée dans une nation parmi les plus anciennes d’Europe. La République, c’est un concept ou une forme d’organisation qui n’est pas spécifiquement française. Il en existe des centaines, dans le monde. De surcroît, les pires tyrannies totalitaires du siècle précédent et de ce siècle ont été ou sont des républiques : URSS, Reich national-socialiste, républiques populaires d’Europe et d’Asie, Cuba… Dans son appellation, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) avait réussi le tour de force de gommer toute référence historique et charnelle à la Russie. Ceux qui substituent au si beau nom « France » le mot « République » sont dans une démarche similaire. Il faut arracher notre patrie de son Histoire et, si possible, de celle du monde pour n’en faire qu’une référence idéologique révolutionnaire désincarnée. Un système, non une nation. Lorsque nous voulons nous situer lors d’un voyage à l’étranger, nous disons bien « je suis Français » et non « je suis républicain ». Nous célébrons la culture et la gastronomie françaises, non républicaines, et les amateurs de sport fêtent les équipes de France non les équipe de la République. Il faut noter, hélas, que la droite conformiste a, comme si souvent, adopté le langage de l’adversaire et tend aussi à confondre, dans ses discours, France et République.
Défendre la République... ou leurs profits ?
La res publica romaine, c’était en quelque sorte le bien commun, notion bien oubliée dans une époque où prime un individualisme forcené. L’Histoire nous enseigne que la République française a très souvent été oublieuse de la res publica, car elle était le jouet du « détestable régime des partis ». Pour les échéances électorales à venir, celui-ci mettra tout en œuvre pour se maintenir. Le ralliement de Darmanin à Édouard Philippe annonce clairement quelles seront les manœuvres pour sauver le système. Gérald Darmanin est jeune, il peut encore attendre. L’essentiel est bien de faire échec au RN et ses alliés, pour conserver ses chances dans cinq ans. Ne nous y trompons pas, le branle-bas de combat est sonné pour sauver ce qu’ils nomment République mais qui n’est que l’organisation des institutions à leur profit et à celui de l’internationalisme mercantile et idéologique. Et la France, dans tout cela ?
Post-scriptum : 17 % des Français seraient favorables à une restauration monarchique. De quoi faire trembler la République ! Mais il est vrai que l’Histoire est toujours faite par les minorités.
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45 commentaires
Les soubresauts de la mafia républicaine sont pathétiques.il doit y avoir beaucoup à cacher
La République est un régime, c’est la France qui compte, la France éternelle qui doit être protégée. C’est la France des gueux, des preux et des pieux, comme l’écrivait Denis Tillinac qui mérite toute notre attention. La République a pu être une expression de la démocratie, elle ne l’est plus puisque les résultats d’élections ou de référendum sont remis en cause par ceux là-même qui appellent à sauver la République. Cette même République qu’ils s’acharnent tant à dilluer dans l’espace européen en la soumettant aux lois de Bruxelles et aux juges internationaux.
On est souvent roi à vie, mais être dans l' »arc républicain » n’est pas au contraire immuable. Le parti de Mr Mélenchon en est sorti quand il a décidé de ne pas se soumettre au vote des français en cas de victoire du camp opposé.
Mme le Pen est dans l’arc républicain car elle est prête en revanche a ne pas s’insurger en cas de victoire électorale de Mr Mélenchon.
Ah! Et qu’est ce que » l’arc republicain » d’autre qu’une invention des socialistes de Hollande pour choisir qui est » bien » ou » infrequentable »..
Les français sont de grands rêveurs. 17 % au moins, qui pensent que la monarchie est une meilleure solution que la république. Le roi, Lui, n’a jamais oublié la res publica dans l’histoire du pays ? Par exemple Louis 14 n’a pas ruiné les finances et la puissance du pays en chassant les français protestants qui étaient parmi les plus cultivés et industrieux de ses sujets, sous prétexte qu’il se refusaient à admettre toutes les idioties religieuses, et notamment le pouvoir royal de droit divin. Louis 14 a protégé son état de droit et la France a été surclassée par l’Angleterre protestante malgré sa petite taille et son insularité.
Les valeurs de la république ce sont les valeurs de la France. Chacun peut y mettre ses valeurs et ne pas se préoccuper de la dette.
Très bon article Monsieur Buffetaut comme d’habitude . il faut remettre la France au milieu du village à coté de l’église .
L’emploi systématique du terme république équivaut à nier l’existence de la France d’avant la révolution et à ne considérer que la nouvelle France, celle de Mélenchon, celle de la Terreur, née dans le sang de deux rois. Il ne restera plus qu’à ajouter à la république les qualificatifs de démocratique et populaire qui caractérisent les pays dans lesquels il n’y a plus de démocratie et où le peuple n’a plus droit à la parole.
Le début de la Révolution penchait vers une Monarchie parlementaire, au quel cas il n’y aurait peut-être pas eu presque vingt ans de guerres napoléoniennes. Mais les haineux, les ancêtres des LFI, ont voulu leur république, trucidé la famille royale, banqueroutes, guillotines, guerres et se sont offerts en modèle aux russes, aux chinois de Mao, aux cubains et bien d’autres. On a trop vu la perversion de ce système dans le monde entier. Alors ces mots, république, républicain arc ou pas, deviennent suspectés de cacher des despotes.
Merci pour cet article, bien tardif, mais qui fait le tour de la question. J’ai désormais pour règle de ne plus accorder la moindre attention à tout politicien proférant cette insanité « les valeurs de la république » ou autre fadaise du même tonneau ( « c’est la république qu’on attaque », « la république ne cèdera rien » etc ), en lieu et place de « notre pays la France », « notre culture française », « l’histoire de la France », « la France, ses lois, ses mœurs » etc. Cela fait plusieurs années que j’interviens dans le même sens sur divers forums, avec pour résultat d’être censurée au moins une fois sur deux. Peut-être bien même ici. Cet article, bien plus talentueux et exhaustif contient plusieurs phrases que j’ai écrites au fil du temps et c’est bien normal que tous les citoyens français patriotes aimant leur pays, attachés à leur culture et à la faire perdurer, à leurs mœurs, décidés à transmettre leur histoire, à défendre leur identité, finissent par retrouver les mêmes propos pour exprimer le même constat, le même rejet. Cela fait du bien de constater, au bout de huit ou neuf ans, qu’on n’est pas tout seul. Mais le lavage de cerveau a été efficace, et désormais cette formule creuse se retrouve même chez les plus honorables ( ils sont trois ou quatre !) des Républicains ( le parti LR).
» le lavage de cerveau a été efficace » LA EST LA GRANDE AFFAIRE. Le vrai problème. Ecole, télévision, journaux, publicités, films, séries. Un bombardement permanent depuis la fin de la guerre. Qui va de pair avec l’affaissement du niveau scolaire, donc des armatures intellectuelles et de l’esprit critique. Une large majorité du Peuple français est à la merci des bonimenteurs, des manipulateurs, des démagogues.
Les valeurs de la république, il y a plus d’un siècle c’était conquérir des colonies, aujourd’hui c’est s’applatir devant l’Algérie. Avant, on exécutait les « avorteuses », maintenant c’est l’avortement dans la constitution.
Ce peuple ne mérite que les ersatz qui le gouverne, quand un diable fantasmé (MLP) fait si peur. La soumission française….
Revanche tout de même des monarchies: à part les Chinois à la Tour Eiffel (et encore) que viennent admirer les étrangers en France? L’oeuvre du temps des… rois de France!
La république dont les fondateurs sont francs-maçons et bâtie sur le génocide Vendéen, c’est ce qui est arrivé de pire à la France.
La » republique » est un système politique d’extreme gauche mis en place par des bougeois en se servant du peuple
affame…après un véritable pogrom..les
« valeurs » de base » liberté,égalité fraternité « n’ont jamais été vraiment respectées,et elles le sont encore moins maintenant que tous les partis s’en revendiquent alors que leurs actes declarations et votes y sont souvent contraires ..il vaudrait mieux un regime politique clair et net..
Excellent. Pour la guerre des mots, vous méritez quelques étoiles sur votre képi. Et Dieu sait si nous avons besoin de grands généraux pour guider les Français dans l’emploi de ce qui devrait être leur arme la plus sûre : la langue française.