La Haute Autorité des Républicains a repoussé d’un mois la date de dépôt des candidatures à la présidence du parti, à la suite de la décision du juge des référés du tribunal judiciaire de Paris qui a permis à de revenir dans la compétition, à condition qu’elle puisse récolter les parrainages nécessaires.

Sont donc en lice, outre Virginie Calmels, Éric Ciotti, Serge Grouard, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau qui doivent recueillir 485 parrainages. Le moins que l’on puisse dire est que ceci ne donne pas l’impression de passionner les foules. Le fait que le match commence par un référé en justice n’est pas de bon augure pour le parti qui connaît une descente aux enfers depuis la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, d’autant que Mme Calmels annonce une nouvelle action en justice. En 2007, l’UMP comptait 313 députés. Aujourd’hui, les Républicains ne comptent plus que 61 représentants au palais Bourbon. Après l’échec cuisant de Valérie Pécresse, c’est l’avenir même de cette formation qui est en jeu.

Certes, le parti compte encore de nombreux élus locaux, mais en province, l’étiquette, en dehors des grandes et moyennes villes, ne compte guère et est souvent peu affichée. Ce qui compte, c’est l’ancrage, l’habitude et, dans une certaine mesure, l’indifférence des électeurs. De moins en moins présents sur le plan national, les Républicains risquent de se réduire comme peau de chagrin.

Signe des temps, ou plutôt de gros temps, chez LR, Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, a annoncé au début du mois de septembre avoir quitté les Républicains « depuis le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle » (AFP, Le Monde, 2 septembre 2022). Sans toutefois démissionner du mandat qu’elle avait obtenu sous l’étiquette des Républicains…

La « dégringolade » de ce courant politique doit, en fait, beaucoup à Nicolas Sarkozy. Élu grâce à une campagne à droite, inspirée, dit-on, par Patrick Buisson, il s’empressa de rechercher une vaine ouverture à gauche, ne ralliant à lui que quelques transfuges sans troupes mais exaspérant les électeurs de droite. Chacun se souvient aussi qu’après avoir amusé la galerie avec l’idée d’un « mini-traité européen », il fit adopter par voie parlementaire la copie presque conforme du projet de Constitution européenne rejeté par le peuple français et se félicita même, dans une allocution télévisée du 10 février 2008, que la soit « de retour en Europe ». Comme si elle l’avait quittée ! Mais ces pirouettes du Président ne firent qu’ancrer dans l’opinion publique que, décidément, l’oligarchie ne faisait que peu de cas de la volonté du peuple, sentiment absolument désastreux car il mine le pacte de confiance nécessaire en démocratie entre les élus et les électeurs.

On le sait, Jacques Chirac aimait à répéter la formule « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » empruntée au politicien corrézien Henri Queuille, qui en elle-même ruine le principe même de l’élection puisque le candidat se fait élire sur un programme qu’il est censé mettre en œuvre. S’il ne s’agit que d’un jeu de dupes, il est naturel que les électeurs s’en dégoûtent. Et, dans le même mouvement, se détournent d’un parti « trompeur » dont trop souvent le chef et ses cadres menaient campagne à mais, une fois élus, conduisaient une politique mollement centriste et d’un conformisme technocratique et oligarchique consternant.

Les électeurs n’ont donc, et logiquement, plus confiance. Les internes de LR agiteront la nomenklatura du parti mais ne passionneront probablement pas les foules. Quand la confiance est rompue, il est extrêmement ardu de la faire renaître.

Le grand danger de la vie des partis politiques est de faire croire aux militants que les manœuvres et martingales politiciennes, les jeux d’influence interne sont la réalité de la politique. Ils n’en sont que les artifices et même la corruption. La politique, qui est l’art de gouverner la cité, est un art noble. L’élection en est le moyen et non la fin. L’enfermement dans un monde politicien virtuel, loin des préoccupations réelles des citoyens, annonce le dépérissement d’un parti. À bien des égards, les cadres des Républicains font penser aux prisonniers de la caverne de Platon qui prenaient les ombres pour la réalité. Le retour au réel est cuisant. Il l’a été et continuera de l’être si cette formation s’obstine à demeurer dans l’ambiguïté dont le cardinal de Retz disait qu’on n’en sort qu’à son détriment.

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25 septembre 2022

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14 commentaires

  1. Il me vient l’envie de parodier Jacques Brel, parlant des Flamingants : « Vous salissez la France, mais la France vous juge » !

  2. 1) un président voleur (Chirac et le scandale de la mairie de Paris, et Juppé qui a payé pour lui) 2) on a eu un président chef de clan mafieux, qui fait assassiner une personne a qui il doit de l’argent. Certes cette personne était un dictateur, mais on a ouvert une boite de Pandore, avec cette affaire . Sarkozy a déclenché la guerre en Libye, uniquement pour ne pas rembourser l’argent qu’il devait à Kadhafi . Le plus drôle, un ministre français qui se déplace à l’ONU pour demander la permission de le faire ! L’ONU est sensé être un organisme de PAIX !!! Créé à la suite de la mort de dizaines de millions d’être humains durant les guerres mondiales. On avait dit : « plus jamais ça ! »
    On a eu le ministre retrouvé mort quelques temps après qu’on le disait futur 1er ministre BOULIN, on sait maintenant que c’est un assassinat. Et vous voulez que je m’apitoie sur le sort de ce parti de voyous et de voleurs qui ne passent leur temps qu’à se trahir les uns et les autres. depuis Chaban-Delmas ? (première victime d’une trahison)

  3. Qu’ils élisent Pradié ça sera la fin des LR et nous débarrassera de ce nul dans le Lot. Il y aura certainement des législatives dans un avenir proche. Il y a une place entre une gauche divisée et cette droite. Encore faut-il que les dirigeants du RN veuillent reconstruire une structure dans le LOT

  4. Bien sûr que les promesses hasardeuses et les trahisons n’améliorent en rien la démocratie par les urnes. L’absence chronique de karcher (remplacé par le kascher ) , l’expédition de Tripoli ,l’adoption à grands frais et grand danger de Mayotte, la négation de la volonté du peuple français, dument exprimée pourtant, ont détruit les Républicains . Certains Français dont je suis avaient cru que c’était un parti de Droite et se sont fait rouler dans la farine politique . Ils ne sont pas près de recommencer et l’ont fait savoir à madame Pécresse, reine des Bobos et des éoliennes si rentables .

  5. Ce parti est mort de ses trahisons et de sa lâcheté. De sa médiocrité, aussi, en matière d’analyse de la situation du pays. Ce parti disparaîtra parce qu’il ne sert plus à rien . Désormais les libéraux peuvent aller chez Macron, ce qu’ils ont déjà massivement fait, et les nationaux hostiles à l’immigration ont le choix entre le RN et Zemmour.

  6. De droite (ump, LR), depuis toujours, j’ai laissé tomber ce parti pour Zemmour avec enfin l’espoir que la France se sorte du bourbier de cette gauche bien pensante dont Macron fait partie.
    Ma consolation est que le LR comme le PS aient fait moins bien que lui au 1er tour malgré la jeunesse de son parti.
    Mais hélas Macron est toujours là

  7. Et ce n’est pas non plus un Wauquiez , ou un Édouard Philippe qui changeront les choses !
    Le seul qui appliquera son programme, cohérent et applicable, est Eric Zemmour avec son nouveau parti Reconquête mais apparemment il a fait peur aux dernières élections ! Les français ont peur de la vérité ! Mais la réalité leur explose en pleine figure !

  8. si les LR de droite ( sans les centristes et les traître pro Macron ) s’étaient alliés avec Reconquête et tout les petits partis d’une vraie droite et reformés un nouveau parti sous un autre nom peut-être qu’on n’aurait pas un psychopathe à la tête de la France !!! et BRAVO aux italiens pour leurs votes ce dimanche !!!!

  9. Bonjour M. Buffetaut,
    Et, in fine, quel que soit le vainqueur, tels V. Pecresse aux présidentielles ou E. Ciotti aux régionales, ils appelleront à voter E. Macron….

  10. J’ai toujours voté pour la droite tant qu’elle était encore la droite. J’ai même voté Giscard pour ne pas voter Mitterrand.Depuis quelques élections, soit je ne vote plus, soit je vote FN puis RN , et je suis loin d’être un extrémiste, mais trop c’est trop…

  11. L’Histoire a passé , mettant à nu les compromissions et les errements de ce parti tout au long de son existence.
    Ils ne sont plus importants pour l’Oligarchie, ils seront sacrifiés. Bonne chose, ils ont trop trahi, l’efficacité sera ailleurs,

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