[Tribune] « Castré » chimiquement, il agresse encore deux enfants dans la rue

Prison Fresnes
Fresnes - Photo Groupe Rassemblement national

La semaine dernière, la cour d’assises de Nantes ouvrait le procès d’un homme de 59 ans poursuivi pour avoir, en septembre 2021, agressé sexuellement une jeune adolescente de 12 ans, puis une enfant de 10 ans…

Le jour des faits, cet employé de restauration, hébergé dans un foyer, avait touché la cuisse d’une jeune adolescente de 12 ans à une station de tramway. Après cet incident, il suit même sa victime jusqu’à chez elle. Ce n’est qu’in extremis, « car il y avait trop de monde dans la rue », selon ses déclarations, qu’il renonce à entrer. Mais le prédateur, insatisfait de cette première attaque, a récidivé le lendemain. Dans la banlieue de Nantes, il repère une écolière de 10 ans, cette fois… Alors qu’elle prenait le bus pour rentrer chez elle, il la suit jusqu’à son domicile et s’engouffre dans la maison. Il se jette littéralement sur elle et la petite fille se met à crier et frapper de toutes ses forces. C’est un miracle si la petite fille n’a pas été violée. Elle l’a frappé si fort que le prédateur a dû s’enfuir.

Le point le plus inquiétant, dans cette affaire, outre la commission des faits, la double agression sexuelle et la tentative de viol, réside dans le profil du pédophile.

Une Justice impuissante et incompétente

En effet, cet homme est un prédateur déjà condamné à huit reprises par la Justice. Il a, par exemple, été déjà condamné trois fois pour attentat à la pudeur dans les années 1980, puis pour des agressions sexuelles pédophiles en 1998 et 2000. Malgré toutes ces affaires, il a à nouveau retrouvé le banc des tribunaux en 2010, lors de sa condamnation à seize ans de prison pour une autre affaire de viol et de tentative de meurtre.

Comment expliquer, alors, qu’un prédateur aussi dangereux ait pu sortir de prison avant la fin de sa peine ? En 2019, il sort donc de prison, sous surveillance « renforcée » selon le parquet, c’est-à-dire sous bracelet électronique et sous « castration chimique ».

Visiblement, il aurait fallu renforcer encore davantage cette surveillance renforcée. Tout d’abord car, contrairement à ce que son nom indique, la « castration chimique » n’a rien d’une castration : c’est un simple traitement hormonal inhibiteur. Il suffit de deux mois sans prise du médicament pour que la production hormonale redevienne normale.

La castration chimique est une mesure certes qui n’est pas inutile, mais qui fonctionne relativement peu. Un psychiatre expert judiciaire estimait que le traitement fonctionne sur seuls 10 à 15 % des agresseurs sexuels.

Une sanction… volontaire !

Mais surtout, la France, pays des droits de l’homme, n’impose pas ce traitement aux pédophiles. Seuls les volontaires ont droit à ce traitement ! La majorité UMP avait bien voté l’imposition de ce traitement en 2009, mais le Sénat l’avait supprimée après une levée de boucliers de la gauche. Il aura donc suffi que ce criminel ne prenne plus ce traitement pendant quelques mois pour retrouver son agressivité naturelle.

Mais au-delà de cette mesure, c’est toute l’exécution de la peine qui pose question. En effet, selon l’éducateur qui s’occupait de l’accusé, « il honorait tous ses rendez-vous sociojudiciaires. Pour nous, tous les voyants étaient au vert. »

En réalité, castration chimique ou pas, surveillance renforcée ou pas, rien ne remplacera une peine de prison sévère et surtout pleinement exécutée, ce qui n’a pas été le cas dans cette affaire, et qui aurait pu éviter à deux petites victimes un traumatisme à vie.

Pierre-Marie Sève
Pierre-Marie Sève
Directeur de l'Institut pour la Justice

Vos commentaires

11 commentaires

  1. Tout est dit
    Qu’on le veuille ou non, le meilleur remède est une longue peine de prison sans recours à une remise de peine.

  2. C’est certainement un malade mental et il n’est même pas certain que la castration physique serait efficace, si l’on en croit les résultats de certains pays comme l’Allemagne qui laisse le choix au délinquant s’il veut recouvrer la liberté. L’incarcération à vie semblerait être la solution la plus pertinente.

  3. Il va falloir défendre nos femmes et nos fillettes , ni les élus , ni la justice n’en sont capables , je dirais même qu’ils sont complices de par leur laxisme envers les pervers .

  4. Il va falloir prendre ces affaires en mains si l’État n’est pas capable de le faire. Attention! ça va déraper un de ces jours.

  5. Lorsque j’avais 20 ans, nous étions appelé au service militaire . Les 4 premiers mois nous logions dans bataillons . Tous les matins il y avais la levée du drapeau. Dans nos lits nous n’avions pas sous les draps la levée du drap . Nous avions tous les jours la bonne dose de bromure

  6. Désolé M. SEVE, il y a d’autres méthodes, mais le « pays des droits de l’homme » et le « pays du martyr des victimes » s’y oppose. Il faudra bien un jour y arriver et j’espère que ce sera le pls tot possible !

    • Demandez au Hammas ce qu’il pense des lois de nos pays lorsqu’il éventre des femmes enceintes et brûle des bébés.

Commentaires fermés.

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