[TRIBUNE] Audiovisuel public : quand la transparence fait trembler la caste
La commission d’enquête sur l'audiovisuel public s'est terminée lundi 27 avril et le rapport vient de paraître ce 5 mai. Six mois d’auditions que j'ai vécus de l'intérieur, participant parfois avec mes propres questions, mais observant surtout le travail du rapporteur Charles Alloncle, ses questions pertinentes, précises, méthodiques, creuser le sillon de la vérité et révéler l'étendue d'une gabegie trop longtemps dissimulée.
Sur les réseaux sociaux, les statistiques explosaient
Comme bon nombre de Français, j'étais subjuguée par ce qui se déroulait entre ces quatre murs austères, dans les sous-sols de l'Assemblée nationale. Car à mesure que les auditions se succédaient, parfois dans le fracas, nous oubliions presque que nous étions regardés. En effet, au fil des mois, les Français toujours plus nombreux ont suivi nos travaux. Dans ma circonscription, les questions se multipliaient. Sur les réseaux sociaux, les statistiques explosaient. Des citoyens de tous bords, faisant fi de toute appartenance partisane, se sont passionnés pour cette commission. Ils y ont vu quelque chose de rare : la vraie transparence.
Qu'est-ce qui a captivé autant ? L'énervement spectaculaire de Xavier Niel, incapable de justifier son absence à sa première convocation ? Nagui assumant préférer payer des amendes plutôt que de déposer les comptes de ses sociétés de production ? Des présentateurs refusant de communiquer leurs salaires, pourtant financés par l'argent public ? Le salaire moyen de 71.490 euros bruts à France Télévisions ? Un directeur des programmes soi-disant impartial dont le seul employeur précédent était Europe Écologie Les Verts ? Ou encore Delphine Ernotte refusant d'admettre que son groupe accumule 81 millions d'euros de déficits ?
En partie oui. Mais ce n'est pas tout.
Cet abîme qui sépare une élite médiatique du reste des Français
La présidente de l'Assemblée nationale a reproché à Charles Alloncle de « prendre trop la lumière ». Comment peut-on lui en faire grief pour quelque chose qui lui échappe entièrement ? Ce n'est pas sa faute si personne n'avait osé, jusqu'alors, pointer les dérives de la caste médiatique.
Ce que la présidente de l'Assemblée nationale n'a pas compris — et qui explique probablement son irritation face à l'exposition médiatique de Charles Alloncle —, c'est l'abîme qui sépare une élite médiatique du reste des Français.
La passion déclenchée par cette commission d’enquête n'est pas le fruit d'une mise en scène ni d’une présence accrue de Charles Alloncle dans les médias. Elle est le fruit d'un travail rigoureux et de la satisfaction, longtemps refoulée, qu'ont éprouvée les Français en voyant cette élite contrainte de rendre des comptes : sur ses nuits d'hôtels de luxe, ses rémunérations exorbitantes, ses arrangements entre amis, son mépris souverain pour le contribuable qui la finance.
La fameuse séquence d'agacement de Xavier Niel en est l'exemple le plus symptomatique. Derrière cette rage se cachait une réalité gênante : le milliardaire, fondateur du groupe Mediawan et premier bénéficiaire des contrats de France Télévisions, proche d'Emmanuel Macron, se trouvait à Courchevel, lors de sa première convocation, et ne semblait guère pressé de répondre à la représentation nationale.
Un moment de démocratie parlementaire
Cette commission aura révélé quelque chose d'essentiel : les Français ne sont pas naïfs. Ils savent que l'audiovisuel public coûte cher, mais ils ignoraient à quel point il profitait à quelques-uns. Ils savent que les élites se protègent, mais ils n'avaient jamais vu, en direct et sans filtre, à quel point elles rechignent à la moindre transparence, dès lors qu'elle les concerne elles-mêmes.
Ce succès populaire sans précédent n'est pas anecdotique. Il dit quelque chose de profond sur la fracture entre ceux qui vivent de l'argent public et les contribuables. Il dit aussi que lorsque la démocratie parlementaire fait son travail, vraiment, sérieusement, sans complaisance, les Français sont au rendez-vous.
À nous, parlementaires, d'en tirer les conséquences. Les conclusions de cette commission doivent mener à des actes : réforme du financement, contrôle renforcé des rémunérations, transparence exigée sur les contrats de production. Les Français nous ont regardés faire. Ils nous regarderont aussi agir — ou ne pas agir.
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30 commentaires
Depuis que le troc s’appelle barter en échange de publicités non réalisées à l’antenne (volontairement ou pas) contre quelques nuités au Majestic, je me demande comment il sera procédé cette année au festival de Cannes entre happy-trocqueurs !
J’ignorais que ce service public coûtait 4 milliards. Quand on regarde les programmations de la tv publique, c’est lamentable. Parfois je regarde Arte qui ne propose que des émissions à tendance gauchiste. Franchement, pour m’informer je vais sur CNews.
La censure est defendue par les journalistes de gauche qui pretendent le faire pour défendre la liberté d expression. Et le pire on est prêts ou résignés l accepter .
Sans doute les Français ne sont pas naïfs mais aux élections? c’est le courage qui leur manque?
Qui a peur de la vérité ?
Les professionnels de l’audiovisuel publique impliqués ont promis une avalanche de procès contre ceux qui ont permis à cette Commission de publier un rapport qui les gêne beaucoup. Soit ! Qu’ils fassent ces procès, nous en saurons encore plus sur leurs exactions. Il leur sera sans doute plus difficile de profiter de la générosité de la République qui les rémunère grassement et apparemment sans compter..
Ras le bol de tous ces chapeaux de magiciens d’où ne sortent que des mensonges. Mais des clowns dans un cirque…rien de plus normal…On nous prend vraiment pour des buses (je reste polie!).
On a beau ne pas être naïf, on paie quand même bon gré, mal gré. Et ça, c’est plus que fâcheux, c’est même carrément agaçant. Si tous les contribuables, d’une même voix, cessaient de payer leurs impôts, il y aurait sans doute un changement radical mais faut pas rêver.
Une certaine caste ,financée avec notre argent et qui ne souhaite pas que cela change et nous les comprenons car tout va bien pour eux !! La crise ,quelle crise ???
La gabegie, nous nous en doutions, d’autant qu’un rapport de la Cour des Comptes de 2025 traitait du sujet. L’audiovisuel public comme outil de propagande wokiste et progressiste, il suffisait d’en regarder ou écouter les programmes.
Rien de nouveau, donc.
Le plus intéressant réside à mon sens dans l’exposition des connivences, connexions et profits financiers de quelques animateurs, cadre de l’audiovisuel public et milliardaires proches du pouvoir politique, véritables parasites du bien public..