[TRIBUNE] Audiovisuel public : quand la transparence fait trembler la caste

Cette commission aura révélé quelque chose d'essentiel : les Français ne sont pas naïfs.
Charles Alloncle et Jérémie Patrier-Leitus, à l'Assemblée nationale, le mercredi 4 février
Charles Alloncle et Jérémie Patrier-Leitus, à l'Assemblée nationale, le mercredi 4 février

La commission d’enquête sur l'audiovisuel public s'est terminée lundi 27 avril et le rapport vient de paraître ce 5 mai. Six mois d’auditions que j'ai vécus de l'intérieur, participant parfois avec mes propres questions, mais observant surtout le travail du rapporteur Charles Alloncle, ses questions pertinentes, précises, méthodiques, creuser le sillon de la vérité et révéler l'étendue d'une gabegie trop longtemps dissimulée.

Sur les réseaux sociaux, les statistiques explosaient

Comme bon nombre de Français, j'étais subjuguée par ce qui se déroulait entre ces quatre murs austères, dans les sous-sols de l'Assemblée nationale. Car à mesure que les auditions se succédaient, parfois dans le fracas, nous oubliions presque que nous étions regardés. En effet, au fil des mois, les Français toujours plus nombreux ont suivi nos travaux. Dans ma circonscription, les questions se multipliaient. Sur les réseaux sociaux, les statistiques explosaient. Des citoyens de tous bords, faisant fi de toute appartenance partisane, se sont passionnés pour cette commission. Ils y ont vu quelque chose de rare : la vraie transparence.

Qu'est-ce qui a captivé autant ? L'énervement spectaculaire de Xavier Niel, incapable de justifier son absence à sa première convocation ? Nagui assumant préférer payer des amendes plutôt que de déposer les comptes de ses sociétés de production ? Des présentateurs refusant de communiquer leurs salaires, pourtant financés par l'argent public ? Le salaire moyen de 71.490 euros bruts à France Télévisions ? Un directeur des programmes soi-disant impartial dont le seul employeur précédent était Europe Écologie Les Verts ? Ou encore Delphine Ernotte refusant d'admettre que son groupe accumule 81 millions d'euros de déficits ?

En partie oui. Mais ce n'est pas tout.

Cet abîme qui sépare une élite médiatique du reste des Français

La présidente de l'Assemblée nationale a reproché à Charles Alloncle de « prendre trop la lumière ». Comment peut-on lui en faire grief pour quelque chose qui lui échappe entièrement ? Ce n'est pas sa faute si personne n'avait osé, jusqu'alors, pointer les dérives de la caste médiatique.

Ce que la présidente de l'Assemblée nationale n'a pas compris — et qui explique probablement son irritation face à l'exposition médiatique de Charles Alloncle —, c'est l'abîme qui sépare une élite médiatique du reste des Français.

La passion déclenchée par cette commission d’enquête n'est pas le fruit d'une mise en scène ni d’une présence accrue de Charles Alloncle dans les médias. Elle est le fruit d'un travail rigoureux et de la satisfaction, longtemps refoulée, qu'ont éprouvée les Français en voyant cette élite contrainte de rendre des comptes : sur ses nuits d'hôtels de luxe, ses rémunérations exorbitantes, ses arrangements entre amis, son mépris souverain pour le contribuable qui la finance.

La fameuse séquence d'agacement de Xavier Niel en est l'exemple le plus symptomatique. Derrière cette rage se cachait une réalité gênante : le milliardaire, fondateur du groupe Mediawan et premier bénéficiaire des contrats de France Télévisions, proche d'Emmanuel Macron, se trouvait à Courchevel, lors de sa première convocation, et ne semblait guère pressé de répondre à la représentation nationale.

Un moment de démocratie parlementaire

Cette commission aura révélé quelque chose d'essentiel : les Français ne sont pas naïfs. Ils savent que l'audiovisuel public coûte cher, mais ils ignoraient à quel point il profitait à quelques-uns. Ils savent que les élites se protègent, mais ils n'avaient jamais vu, en direct et sans filtre, à quel point elles rechignent à la moindre transparence, dès lors qu'elle les concerne elles-mêmes.

Ce succès populaire sans précédent n'est pas anecdotique. Il dit quelque chose de profond sur la fracture entre ceux qui vivent de l'argent public et les contribuables. Il dit aussi que lorsque la démocratie parlementaire fait son travail, vraiment, sérieusement, sans complaisance, les Français sont au rendez-vous.

À nous, parlementaires, d'en tirer les conséquences. Les conclusions de cette commission doivent mener à des actes : réforme du financement, contrôle renforcé des rémunérations, transparence exigée sur les contrats de production. Les Français nous ont regardés faire. Ils nous regarderont aussi agir — ou ne pas agir.

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Véronique Besse
Député de la Vendée (non inscrit)

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Et combien d’autre du même type que l’audiovisuel publique qu’on se doute sans certitudes évidentes.
    C’est dangereux de fourrer le nez dans les petites combinationnes d’entre soit.

  2. La transparence ? Hum, disons plutôt que l’on y voit un peu plus clair, car l’on peut être certain que tout n’a pas été dit ou écrit. Le rapporteur lui même n’a t’il pas déclaré qu’il a dû, au bout du bout, accorder quelques concessions, pour obtenir un soutien lors du vote ? Et Lecornu, croyez qu’il ait lu le rapport avant de faire ses déclarations à l’emporte pièce ! Mais, sans doute l’essentiel a t’il été dit à en juger par l’hystérie qui s’est emparée de la gauche et en particulier de dame Ernotte. La gauche et ses thuriféraires ne supportent pas d’être contestés et malmenés. Quand un dossier est indéfendable sur le fond, elle s’attaque à la forme et sort la grosse Bertha, ici avec le concours du premier ministre ! Indignité et lâcheté sont donc de mise ! Quand à dire que les français ne sont pas naïfs, permettez moi d’en douter ! Réponse en avril ou mai de l’an prochain.

  3. Boulevard Voltaire me semble parfaitement français : naïf de croire que les français ne sont pas naïfs.
    (Naïf, au mieux, sinon menteur)
    L’amour rend aveugle,et boulevard Voltaire adore peut être un peu trop les français. Attention à ne pas tout gober, ici comme ailleurs.

  4. Depuis quand les français ne sont pas naïfs?
    Qui a élu et réélu mr Mitterrand et Macron ? Mr Hollande n’ est pas français car il est naïf de croire qu’ il pourrait aussi être réélu?

  5. Je crois que vous tirez deux conclusions un peu hâtives. Je ne les partage pas. 1) « la caste tremble » Elle va accentuer sa répression contre la réalité et contre les libertés et ça passera crème. 2) « les français ne sont pas naïfs » Ils veulent rester dans l’UE et votent pour des candidats pro UE ou qui leur disent qu’ils vont changer l’UE de l’intérieur…Il n’y a pas plus naïf que ça. Le problème, ce sont justement les français qui par bien-pensance et par conformisme rassurant se résignent au gauchisme culpabilisant et au récit occidental primaire du Bien contre le Mal.

  6. Transparence?? partielle seulement; de nombreuses pièces n’ont pas été transmises; les salaires ne sont pas dévoilés… On parle d’argent « public ». TOUT devrait être publié .

  7. Il se trouve pourtant des gens pour défendre ces profiteurs d’un système opaque. Ce sont pourtant les mêmes qui revendiquent de défendre le peuple . Cherchez l’erreur.

  8. Tous ces protégés du système mis en place par le PS, afin de mettre la main sur l’audiovisuel public, avec pour seul but de faire financer la politique des partis de gauche.
    Ils y ont réussi avec un certain succès !
    Seulement, la ficelle auusi grosse fût-elle, n’a pas résisté à la puissance du travail de Charles Alloncle !
    En désespoir de cause, tous ces profiteurs n’ont plus que le mensonge, l’insulte, l’attaque, pour démolir Charles Alloncle et son immense travail !
    Ils ont tous le trouillomètre à zéro, leur « banque public » ne va plus financer leur vies de nabab !
    D’autant qu’une majorité d’entre eux ont menti sous serment !
    C’est avec une impatience non dissimulée que j’attends l’effondrement leur Empire, et la chute vertigineuse de tous ces profiteurs

  9. En conclusion, Delphine Ernotte ne dirige pas. Afin d’éviter tout mouvement social, elle laisse faire, se « soignant » au passage, sous les yeux complaisants de ses subordonnés puisque satisfaits des traitements et de la tranquillité dont ils sont l’objet. Mais l’audiovisuel public est-il le seul à croquer dans la manne offerte par le contribuable ? L’argent ne tombe-t-il pas des poches des principaux acteurs de cet ensemble ? Il faut bien graisser les rouages.

  10.  » Les chacals craignent pour leur peau car l’heure des comptes viendra bientôt  »
    .

    • Ils rebondiront autrement, c’est leur art de vivre, les prédateurs çà rebondit toujours.

  11. Ah bon les français ne sont pas naïfs en effet : ils sont pires que cela pour nous avoir redonné une bande d’incompétents nocifs pour le pays.

      • Gochos bobo, bobos parisiens, Praud qui passe son temps à rigoler avec ses copains, Kelly qui susure incompréhensible et passe son temps à promouvoir des livres, enquête d’esprit quand l’actualité est grave. Je ne regarde plus cnews

  12. Un livre explosif sort demain .
     » Les intouchables de l’audiovisuel public . »
    De
    Les révélations chocs de la commission d’enquête .
    Ce livre, écrit sur la base des témoignages les plus marquants reçus par la commission, analysés par un ancien journaliste et cadre de France Télévisions .
    Michel Goldstein a été journaliste chez France Télévisions pendant plus de trente ans, il connaît toutes les arcanes du groupe.
    L’éditeur : » l’artilleur  » porte bien son nom.

  13. C’est le moment où il faut continuer à planter les clous dans le cercueil de l’audiovisuel public pour l’enterrer très profondément afin qu’il ne revienne plus sur terre pour nous hanter et nous nuire à nouveau. Il n’y a pas de compassion à avoir pour des gens qui se sont empifrés de luxe, de restaurants, d’hôtel à 1700€ la nuit, à des salaires faramineux totalement injustifiés sous prétexte de nous vendre un « service public de qualité », et en plus ils se foutent de notre gueule en nous crachant dessus matin ,midi et soir ? Comme dirait Milei,le président argentin  » A Fuera » .

    • Cette caste n’est que le porte-drapeaux et la partie visible de cette noblesse d’Etat, cette caste qui s’organise une sinécure tandis qu’elle méprise ceux qui les paie. Une bourgeoisie méprisante qui se gave tandis qu’elle nous plonge dans l’abîme; une plaie et un fardeau à supporter, combien de temps encore.

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