Il y a toujours quelque chose qui empêche la société française de débattre au fond des questions cruciales. La paresse, la dégoulinade émotionnelle, la gêne, la peur, la lâcheté et tant d’autres. Dans le cas de l’assassinat de , c’est la récupération politique. L’affrontement entre les chercheurs de responsabilité est d’autant plus indécent qu’il a par ailleurs privé la famille de du silence indispensable à l’accomplissement de son deuil. Pour les uns, c’est la faute de l’immigration, parce que si l’assassin n’avait pas été présent sur le territoire national, la petite Lola n’aurait pas été tuée. Bon : difficile d’aller contre un argument aussi imparable, mais qu’explique-t-il, en fait ? Ou encore, c’est la faute du gouvernement, décidément trop lâche. Pour les autres, c’est « la faute à pas de chance », au malheur de cette jeune immigrée à qui la France n’a pas su donner sa place, ainsi que le garde des Sceaux a tenté d’en convaincre l’Assemblée nationale pendant une séance de questions au gouvernement. Cet inacceptable argument n’explique rien non plus. Ce débat stérile ajoute la confusion à l’horreur. En effet, l’assassinat de Lola n’a à voir avec la crise migratoire que de loin.

Tout comme l’ensemble des maux qui affectent notre pays, du reste. Prenons l’exemple de l’expansion de l’islam en France : celui-ci ne prospérerait pas si les Français et les Occidentaux étaient fidèles à leur héritage et désireux de le faire partager. Ainsi, en toutes choses, l’immigration aggrave tout, amplifie tout, rend insupportables des phénomènes qui pourraient être supportés dans d’autres contextes, rend violents les doux et nerveux les calmes. Si elle est un très mauvais émulsifiant, elle n’est en elle-même la cause de rien. Ce qui est à l’œuvre dans l’assassinat de n’est pas d’abord le statut de son bourreau mais l’ensemble de ses motivations, l’état de sa volonté, ce qui nourrit son esprit. Là se trouve la véritable cause de cet acte et, par conséquent, ce qui doit principalement intéresser nos réflexions politiques : la barbarie, dont l’expansion sans retenue dans la France d’aujourd’hui est spectaculaire. Elle s’est installée à coups de machettes et d’armes de guerre, de lynchages gratuits, de guerres de clans. Autrefois concentrée sur quelques territoires et quelques voyous, elle n’épargne aujourd’hui plus personne, nulle part ; sans rien qui la contienne et sans réelle volonté politique de l’endiguer.

Elle est en fait une conséquence du vide spirituel dans lequel nous avons plongé en faisant de la consommation mondialisée notre seul horizon. Nous payons d’avoir défendu l’autonomie de l’individu et la réalisation de ses désirs sans limite ; choisi la consommation comme seul horizon de la vie humaine, le matérialisme comme spiritualité et le laïcisme imbécile comme dernier horizon politique ; ignoré que l’enseignement du beau, du vrai et du bien, les sociétés naturelles et les vertus sont des conditions de la vie sociale. Nous payons dans tout cela les conséquences de nos propres renoncements. Ne pas s’occuper des besoins de l’âme humaine, c’est la livrer à ses dévoreurs, et la rendre prête à dévorer à son tour d’autres âmes. Ni la pauvreté ni l’immigration ne fabriquent de la violence autant que la déconstruction et l’affaiblissement des esprits.

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1 décembre 2022

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34 commentaires

  1. Le Premier Ennemi de la société, n’est ni le Pauvre ou l’Immigré en tant que tels, mais ceux qui ont perverti la République, organisant son fonctionnement en réseaux ( on ne nommera personne) déifiant tels des zombies « la République » pour mieux en contourner ses principes fondamentaux -méritocratie, respect de la souveraineté populaire- Ils ont mis la Justice à leur botte afin qu’elle terrorise le Peuple honnête et donne les meilleurs garanties d’impunités à certains profils de délinquants ( Immigrés, surtout les illégaux) générant le racisme et le populisme que ces gens prétendent combattre….

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