Le dernier sketch de la présumée lutte contre les violences de banlieue nous a été offert à l’occasion de l’audition de par les membres de la commission des lois de l’Assemblée nationale. Au micro, un député LREM du Rhône dénonce doctement le détournement des mortiers de feux d’artifice contre les forces de police. Durant deux longues minutes, l’élu tartine du synonyme pour décrire un phénomène connu de tous.

Au terme de son laïus, tout naturellement, Thomas Rudigoz propose d’interdire la vente de ce type de matériel aux particuliers, tout en reconnaissant la difficulté de l’entreprise. L’achat sur des sites Internet étrangers est effectivement incontrôlable.

À son tour, Gérald prend la parole et se déclare « assez séduit » par la proposition. La séance vire au speed dating. Que d’affinités dans la pensée ! « Savez-vous que nous pourrions devenir amis sur Facebook ? »

Le ministre résume l’affaire de manière plus directe. Assez de langage technocratique : « Vous avez tout à fait raison sur le principe, ça pullule, ça attaque les forces de l’ordre, ça fout le bordel dans les quartiers, ça empêche les gens de dormir, parfois ça blesse des personnes… »

Des gens ne peuvent pas dormir. Souvenons-nous que, lors de la dernière guerre, de nombreux Français se sont plaints d’avoir le sommeil troublé par le bruit des bombardements. Des gens sortaient sur le pas de leur porte et criaient en direction des avions : « Y en a qui dorment, ici ! »

À défaut de budget pour distribuer des bouchons d’oreille, parfait complément du masque obligatoire, le ministre convient, en une belle unanimité avec son nouvel ami, que la mesure est à peu près inapplicable : « Si on interdit quelque chose, on le fait également sur la vente en ligne, ce qui n’est pas si évident à faire non plus, monsieur le député, mais je partage totalement votre souhait et je suis prêt tout à fait à y travailler. »

L’éolienne macronienne tourne à plein régime. La détention de kalachnikov est hors de contrôle mais le ministre va tenter de réglementer l’achat de feux d’artifice.

À l’issue de ce speed dating réussi, l’heure est aux projets d’avenir. Les moulins à vent à combattre, les sites étrangers à convaincre de ne plus vendre de mortiers aux citoyens français « parce que c’est pas bien ». Don Quichotte Darmanin et Sancho Pança Rudigoz se sont trouvés.

Lors de la prochaine réunion de la commission des lois, il sera examiné si ce projet était destiné à amuser les habitants du 9.3, du 9.5 ou de la province. L’humour varie selon les banlieues. Certains pourraient prendre ombrage d’une distraction qui ne correspond pas à leur sensibilité.

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