Un sondage publié par l’IFOP, le 22 juillet, a redonné des couleurs à ceux qui se bercent d’illusions au sujet de la droite.

84 % des sondés ont accepté de se positionner sur l’échelle de 0 à 10 qui leur était proposée, tandis que 16 % seulement ont refusé de le faire. 39 % des personnes ont répondu qu’elles étaient à droite (il y a eu une légère augmentation de ce pourcentage, qui est passé de 36 % à 39 % en deux ans et demi), 32 % au centre et 13 % à gauche. On constate donc que l’effacement de la gauche socialiste et communiste se poursuit, mais ne nous réjouissons pas trop vite, le centre libéral est une autre gauche, une gauche dont Macron est l’actuel leader et qui est favorable au capitalisme mais aussi à toutes les aspirations des libertaires. Le centre libéral est sur la ligne philosophique définie par John Rawls, un philosophe états-unien qui est le maître à penser du courant libéral dominant (les liberals) et qui inspire les « démocrates » américains.

L’analyse des résultats détaillés de ce sondage réserve quelques surprises : 22 % des électeurs de LFI se situent à droite, tout comme 23 % de ceux du PS, 24 % de ceux d’EELV, 55 % de ceux de l’UDI et 54 % de ceux de LREM ! 40 % de ceux qui se positionnent à droite (20 % du corps électoral) votent donc pour des partis ou des personnalités socialistes, libertaires ou libérales (ces chiffres de 20 % et 40 % résultent du croisement des chiffres indiqués dans ce dernier sondage avec ceux du sondage IFOP de juin 2020 concernant les intentions de vote pour la prochaine élection présidentielle).

Faut-il se réjouir des résultats de ce sondage ou faut-il, au contraire, prendre la mesure de l’hétérogénéité considérable de cet ensemble disparate qu’est l’électorat positionné « à droite » ? La réponse est évidente : se situent à droite aussi bien des patriotes hostiles à l’immigration que le député Vincent Ledoux (ex LR ; Agir, la droite constructive) qui a déclaré, le 25 juillet : « Une conscience planétaire est en train de se construire ; on est dans une communauté objective de destin et c’est cette communauté objective de destin qui doit l’emporter sur le culte de la différence ! » Cet exemple montre qu’il ne faut pas se faire piéger par les mots ; le sens du mot « droite » varie considérablement d’une personne à l’autre. Fonder une analyse et une stratégie politique sur ce trompe-l’œil mènerait à coup sûr à un échec. Il n’y a aucun point commun entre un gaulliste authentique qui considère que la nation est au-dessus de tout et un Ledoux qui dit exactement le contraire.

Par ailleurs, ce sondage indique que seulement 2 % des électeurs de l’UDI, 0 % de ceux de LR et de DLF, 4 % de ceux de LREM et 5 % seulement de ceux du RN se disent de gauche. Ces chiffres montrent que les électeurs de gauche ont une idée assez précise de ce que signifie être de gauche, et votent très rarement pour des partis de droite, ce qui n’est pas le cas d’une grande partie des électeurs de droite qui n’hésitent pas, eux, malgré leur “sentiment” politique à voter pour un parti opposé. Les gens de gauche sont beaucoup moins éclectiques dans leurs choix électoraux et réservent massivement leurs voix aux partis de gauche, ce qui traduit sans aucun doute une politisation beaucoup plus forte à gauche qu’à droite.

La « droite » est, en fait, un ensemble hétéroclite dont le niveau moyen de formation politique est très faible, ce qui traduit l’absence d’une théorie politique attractive et d’une stratégie métapolitique efficace du côté droit de l’échiquier.

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