On l'avait presque oublié, mais les mots ont un sens. Le conflit israélo-palestinien ne cesse de nous le démontrer : après des mois, des années de langue de bois ou plutôt de novlangue, on se prend les pieds en plateau. Une incursion barbare destinée à torturer et violer des innocents n'est pas tout à fait la même chose qu'une campagne de bombardements, fussent-ils dévastateurs ; ces bombardements eux-mêmes ne sont pas des génocides. La colonisation de la Cisjordanie par les extrémistes israéliens n'est pas vraiment une implantation pacifique, de même que le gouvernement exercé par le Hamas n'est pas précisément démocratique. Il faut faire un tout petit peu attention quand on se prononce, dans le confort climatisé des chaînes en continu, devant un écran vert qui projette des images trompeuses, loin de la poudre et des balles. Sans quoi, on a tôt fait de raconter n'importe quoi.

La leçon n'est apparemment pas parvenue jusqu'à Taha Bouhafs. Le militant d'extrême gauche, déjà habitué des contradictions, est à la fois français comme vous et moi et farouchement opposé à « eux », c'est-à-dire à nous... les Français, comme le montrent ses derniers tweets. À la limite, peu importe, des titulaires de passeports français qui haïssent la France, il y en a des millions, peut-être même des dizaines de millions. On en est là (à titre de rappel).

Cette fois, les propos de Taha Bouhafs prennent une dimension lunaire. Il considère en effet que, face à la situation des musulmans en France, il faut que ces derniers « organisent sérieusement leur défense politique, physique, médiatique ». Alors, reprenons. Politiquement, il existe déjà un parti islamo-compatible, du genre de compatibilité qu'une serpillière humide entretient avec le carrelage d'une salle de bains, pour vous donner une idée. Il s'appelle La France insoumise, ce qui serait d'ailleurs cocasse si cette antiphrase n'était pas désespérément révélatrice. Médiatiquement, il existe des relais de l'islam, et même de l'islamisme : ils sont prompts à victimiser les porteuses d'abaya, à relativiser les revendications communautaires, à crier au racisme (comme si l'islam était une race) dès qu'on se permet d'observer des similitudes de profils objectives dans les affaires de soustraction d'enfant, de femmes battues, d'excision, de contestation des profs, et, évidemment, de terrorisme. Deux de ces trois revendications sont donc nulles et non avenues. Les musulmans sont peut-être la religion la mieux défendue de France, dans les médias comme en politique.

Milice musulmane

La question de la défense physique pose un problème différent. Certes, il a existé ou il existe des milices communautaires en France : le Service de protection de la communauté juive en est un bon exemple. On peut penser ce qu'on veut de son statut étrange (une association dont les membres portent des armes), mais on ne peut pas nier les menaces qui pèsent sur les Français de confession juive, notamment de la part... des terroristes musulmans. Mais contre qui va bien pouvoir lutter une milice musulmane ? Qui agresse les musulmans ? Qui les menace dans la rue ? Y a-t-il des gens qui les empêchent de suivre le ramadan, de ne pas aller en cours le jour de l'aïd, des gens qui frappent les barbus en qamis ? Non. Personne.

Alors, disons les mots, puisqu'ils ont un sens : la menace contre l'harmonie en France est le fait du terrorisme musulman. La violence physique contre les autres religions vient de certains musulmans, et non le contraire. L'occupation de l'espace public et les revendications communautaires viennent de certains musulmans, devant qui tout le monde baisse les yeux, les bras et parfois le reste.

Ce que veut Taha Bouhafs, ce sont sans doute des Pâsdârân, des brigades de la prévention du vice et de la promotion de la vertu. Mais nous ne sommes pas l'Iran ou l'Afghanistan. Pas encore.

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06 novembre 2023 à 20:56

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46 commentaires

  1. Le constat est qu’une énorme proportion des victimes d’agressions sont des français, les drames quasi quotidiens le prouvent. Et que les agresseurs ne sont pas des française de souche, ni des chrétiens.
    Puisque la sécurité des Français n’est plus assurée, ou très mal, par l’état français,
    nous allons devoir sérieusement organiser notre défense, évidemment légitime, que ce soit sur les plans politique, physique, culturel, médiatique ».

  2. Moi aussi j’aimerais pouvoir organiser ma défense contre les agressions islamiques (et autres). Un simple permis de port d’arme me suffirait.

  3. Cette fois notre islami-gauchiste apôtre du bienheureux Jean-Luc, à peut-être raison de trembler. Il pourrait y avoir un renversement de la peur.

  4. La « mosaïque », le « continuum » s’enrichit d’un nouvel élément : une milice islamique « française ».

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