« Suicidez-vous ! » : ignoble, oui ! Que dire, alors, de « CRS = SS » et « la police tue » ?

Les dernières injures « Suicidez-vous ! » adressées aux forces de l’ordre sont bien évidemment ignominieuses ; elles sont d’autant plus haïssables qu’elles font écho à un triste chiffre de 29 suicides depuis le début de l’année et semblent comme faire une concurrence dans la noirceur avec les suicides, tous les deux jours, d’agriculteurs.

Et comme à chaque fois, on constate, on déplore l’inacceptable, on annonce des initiatives pour contrer cette détresse, ces conditions de travail déplorables, mais les change-t-on, puisque le chiffre de morts par désespoir, par sensation d’abandon, grandit ? Souvenons-nous des nombreuses manifestations de policiers disant leur mal-être, le peu de soutiens hiérarchiques, leur perception de la réalité des cités dites de non-droit. Où était le relais médiatique ?

Ce « Suicidez-vous ! » occupe l’antenne avec la question : qui sont les auteurs ? Casseurs, Black Blocs, ultra-gauche, ultra-jaune (le nouveau mot !) ? Mais en quoi la réponse éclairera quoi que ce soit, est-ce qu’elle améliorera la condition de vie de ces corporations évoquées ? Hélas, non ! Et est-ce que cela permettra à certains de ces indignés d’un jour des plateaux de télé de bien poser le problème de fond en le replaçant dans des contextes de haine généralisée depuis des décennies et qu’ils ont pourtant bien connus ?

Remontons dans le temps : rappelons déjà les slogans « La police tue » écrits sur les affiches de la CGT ; la section CGT de l’entreprise Publicis désignant de façon abominable « Poulets rôtis » et « Poulets grillés » les policiers gravement brûlés par ces insaisissables gauchistes lors d’un 1er mai.
On n’arrive pas à appréhender ces enragés encagoulés, on n’arrive pas non plus à connaître ou punir les auteurs de ces appels au meurtre : ainsi, qui sont ceux qui ont graffité à la Sorbonne « Frapper vite, frapper fort, un bon flic est un flic mort ! » ?

Est-ce qu’il y a poursuites judiciaires quand sont floqués sur des tee-shirts « Il y a urgence, la police assassine ! » ? Idem pour les tags à la faculté de Jussieu « J’ouvre une bouteille à chaque fois qu’ils ferment le cercueil d’un flic ! » ? Ou ceux des antifa « La peine de mort est abolie, mais la police l’applique dans la rue ! », etc. La liste est, hélas, très longue !

Et si l’on remonte dans le temps, ce 68 tellement vénéré ne pose aucun problème quant à ses violences et dégradations, pas plus qu’avec ses slogans dont « CRS = SS » à tous nos anciens révolutionnaires embourgeoisés, casseurs hier, pleureuses politico-médiatiques aujourd’hui ; ils ont lancé l’esprit « Libé » et « Charlie », se moquant de tout sans aucun scrupule ni aucune retenue, mais s’indignent étonnamment aujourd’hui… certes, de manière sélective. Ainsi, les exemples cités plus haut n’ont pas suscité de réelles nausées chez ces donneurs de leçons à géométrie variable ; pas plus que lors du tweet de cette élue de Bretagne suite à l’égorgement du père Hamel par des islamistes : « Le curé martyr aura-t-il droit à 70 enfants de chœur ? » ou celui de ce scribouillard de Libé « J’espère que les assaillants étaient d’anciens scouts abusés par le prêtre » !

Ces indignés médiatiques vont même invoquer le droit à la création, à la liberté d’expression en écoutant ces rappeurs, qui ont « toujours le sourire aux lèvres quand un flic crève », dont les clips passent sur les ondes, donnent des concerts : « J’aime quand un flic va à l’enterrement de ses collègues » « Sans hésiter, il faut les fumer ! » « Où sont les condés, on va les plomber, combien de décédés, on peut plus compter », et puis, pour élargir les gens à éliminer « Je rentre dans les crèches et je tue les bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs… »

Cet article n’a pas pour but d’occulter des violences commises par des brebis galeuses chez les forces de l’ordre, comme d’ignorer les manques de clarté en haut lieu. Il veut s’offusquer de tous ces appels au meurtre abjects et faire remarquer, aussi, l’indignation hypocrite de ces pompiers incendiaires de jadis devenus amnésiques !

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