Editoriaux - International - 24 avril 2019

Sri Lanka : ces attentats devraient nous faire réfléchir…

Le Sri Lanka est un pays insulaire situé au sud est de l’Inde. Peuplé de 22,5 millions d’habitants, cet État compte environ 70 % de bouddhistes, 12 % d’hindouistes, 10 % de musulmans et 7 % de catholiques. Ce dimanche de Pâques, le Sri Lanka a subi un terrible attentat ayant tué plus de 300 personnes et blessé 500 autres de la part d’un groupe islamiste local qui visaient les chrétiens et les Occidentaux à travers les églises et les hôtels touristiques.

Selon les musulmans radicaux, l’islam doit se répandre par le fer et par le feu si les non musulmans refusent de se convertir à l’islam après y avoir été invités préalablement par un prosélytisme pacifique nommé la “dawa”, signifiant en arabe l’invitation. Néanmoins, les textes islamiques incitent à la préservation des juifs et des chrétiens, en échange de l’acquittement d’un impôt protecteur par ceux-ci, du fait d’être fidèles à ces deux autres “religions du Livre” que sont le christianisme et le judaïsme.

À l’inverse, les religions “polythéistes” tels que l’hindouisme ou le bouddhisme ne bénéficient pas de cette “protection” et doivent être éradiquées par la conversion de leurs adeptes à l’islam ou, en cas de refus, par l’extermination guerrière. Or les islamistes préfèrent, une fois encore, frapper les touristes occidentaux et les chrétiens locaux, sachant que ces deux groupes récusent toute idée de vengeance ; au lieu d’attaquer les hindouistes et les bouddhistes qui n’auraient pas hésité à lyncher immédiatement la communauté musulmane en représailles, car dans ces deux religions, la force est sacrée et permet l’union du pratiquant au divin.

Dans l’hindouisme, la société est régie par trois castes sacrées*: 1) les brahmanes (le clergé) 2) les producteurs (c’est-à-dire le peuple) 3) les guerriers, ou plus exactement les politiques et les militaires, qui ont pour devoir de sacrifier et de se sacrifier pour la protection de leur patrie sous peine de faute religieuse grave.

Comme les chrétiens, les hindous croient en un Dieu de type trinitaire** (Brahma, Vishnou, Shiva) dont la deuxième personne, Vishnou, s’est incarnée plusieurs fois pour sauver l’Humanité, l’avatar le plus populaire étant Krishna qui, à la différence du Christ, est un messager guerrier, qui, dans l’un des texte religieux les plus vénérés, la Bhagava-Gîta, somme le prince Arjuna de combattre ses cousins usurpateurs pour reprendre son trône.
C’est à cause de cette imprégnation martiale de leur foi que les hindous massacrèrent en février 2002 des centaines de musulmans en réponse à l’attaque islamiste d’un train de pèlerins hindous.

Dans le bouddhisme, la non-violence est une prescription individuelle fondamentale. Cependant, cette religion ayant toujours tissé dans son histoire des liens étroits avec le pouvoir politique, développa une légitimation sacrale de la violence envers les fauteurs de troubles ou les agresseurs étrangers. C’est peut-être à l’aune de cette théorie nommée “violence compassionnelle” que les autorités birmanes décidèrent récemment d’expulser les Rohingyas musulmans originaires du Bangladesh mais transplantés en Birmanie en 1826 par les colons britanniques et qui refusèrent jusqu’à présent de s’assimiler à la culture d’accueil.

Comme l’a écrit Yves Mamou dans Le Figaro Vox, “l’islamisme est une dynamique résistible. Elle est faible devant les forts mais elle n’est forte que face aux faibles”. Sans cautionner, bien sûr, les persécutions asiatiques à l’encontre des musulmans, les Occidentaux doivent néanmoins se faire respecter en éliminant préventivement les potentiels terroristes et en imposant une assimilation du pays d’accueil sous peine d’expulsion définitive.

* Une sous caste des artisans et des serviteurs est apparue ultérieurement au sein de la caste des producteurs. Actuellement, les trois castes originaires sont fragmentées en une multitudes de groupes ayant leur devoirs et privilèges respectifs.

** Le dogme étant inexistant dans l’hindouisme, la triade divine est moins systémique que la trinité chrétienne. Dans certaines régions de l’Inde, des déesses épouses sont jointes aux personnes de la triade quand ce ne sont pas des dieux inférieurs qui lui sont préférés. L’hindouisme croit en un Dieu unique duquel procède une multitudes de dieux inférieurs qui reflètent les multiples aspects du divin.

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