La est tombée. Parce que quand les policiers d’un pays avouent ne plus être en mesure de se défendre contre des hordes violentes et obtiennent d’être eux-mêmes protégés afin de rentrer chez eux vivants ou en entier, cela signifie, pour un tel pays, sa mort avancée.

Au mois de septembre, deux cents policiers (et quatre-vingts employés de bureau) prendront leurs quartiers dans le commissariat tout neuf de Rinkeby, dans le nord de Stockholm, dont la construction avait tardé en raison des refus d’entreprises, face à des menaces de violence redoutées, d’y exposer leurs ouvriers. Si les locaux sont finalement sortis de terre, la situation à Rinkeby, depuis les « troubles sociaux en 2016 », comme le rappelle le représentant en chef de la police de Stockholm Nord, ne s’est donc pas améliorée. À tel point que les policiers – qui y ont pourtant postulé -, très inquiets à l’idée de regagner seuls leur domicile en risquant de se retrouver nez à nez avec des individus « au fort capital violent » (dixit la responsable locale à Rinkeby) « seront protégés par des patrouilles spéciales […] pendant les quarts de fin de soirée et après les quarts de nuit ».

Ce pays de dix millions d’habitants qui, en proportion, a accueilli le plus de migrants depuis 2015 – 160.000, cette année-là – se trouve ainsi acculé à protéger ses policiers des hordes de barbares qui écument un nombre grandissant de quartiers. Voilà donc, avec « cette criminalité [qui] est largement le fait d’une population immigrée » (analyse du chercheur en histoire et économie commerciale Tino Sanandaji au Figaro Vox, en septembre 2018), où ce pays de Vikings en est arrivé. Accorder la priorité et la sûreté de leur personnel policier n’a pas été une décision difficile, paraît-il. Mais se voir contraint à une telle extrémité, cela ne choque personne, chez les responsables suédois qui ont tout l’air d’avoir capitulé ?

La décision, en tout cas, doit ravir une ex (mais peut-être future) candidate à la présidentielle qui, lors du débat avec Nicolas Sarkozy, avait émis l’idée saugrenue de faire raccompagner les femmes policières (« les hommes aussi, d’ailleurs », disait-elle à L’Obs, neuf ans plus tard) – eu égard à leur formation, ils ne sont pourtant pas des femmelettes – « qui travaillent dans les quartiers sensibles, car on sait que les voyous ciblent les uniformes ».

La Suède met donc en pratique ce que Ségolène Royal proposait en 2007 ! Il est vrai que « la France a précédé la Suède en matière d’insécurité et de tensions identitaires », comme l’a constaté le chercheur susnommé.

Mais, au fait, par qui seront-elles raccompagnées, ces patrouilles qui raccompagnent les policiers ? On a déjà les policiers qui protègent nos pompiers. Quelqu’un aurait-il cette idée folle de proposer que la BRI raccompagne les policiers puis, si mesure insuffisante, que le RAID raccompagne la BRI et, poussons le bouchon jusqu’au bout, que le GIGN raccompagne le RAID ? Mais qui va protéger le GIGN qui protège le RAID qui protège la BRI qui protège les policiers qui sont censés nous protéger ?

Peut-être qu’une ex possiblement future candidate aux prochaines élections planche déjà sur la question…

À lire aussi

Sophie Pétronin : une « retraite spirituelle » chèrement payée

Dix millions d'euros et deux cents djihadistes... …