Souverainisme : le (men)songe d’Attali

Les interventions de Jacques Attali sonnent toujours comme des tocsins fêlés destinés à rameuter les grenouilles du bénitier mondialiste.

Sa dernière sortie (texte publié sur son site le 4 octobre) vise le « souverainisme » assimilé à un « racisme anti-africain (et en particulier anti-arabe) ».

Assertion assurément excessive, donc vaine, vide. La prétention légitime d’être maître chez soi est une invariante immémoriale, universelle, et légitime depuis qu’il existe ne serait-ce qu’un embryon de sociabilité, donc de pouvoir. L’homme est un animal politique, dont la règle première est un minimum d’autonomie, garante de la liberté de choisir et d’agir. La xénophobie ne lui est pas attachée intrinsèquement.

Il est vrai que Jacques Attali, en invoquant les « valeurs » de la France éternelle, termine son propos par le mot « humanité », en le précédant des allusions à la « mondialisation », cet océan où tous les plastiques sont gris.

Pour lui, donc, il n’existe aucun problème lié à l’immigration. Tout baigne. Les allogènes s’intègrent parfaitement et, du reste, n’entrent chez nous qu’à doses quasi homéopathiques : « Les migrants non européens ne représentent pas, en solde net annuel, 450.000 personnes, comme le prétendent les extrêmes, mais moins de 185.000 personnes (et encore, en tenant compte des naturalisations, qui en représentent la moitié), soit moins d’un demi pour cent de la population française. 99 % d’entre eux s’intègrent parfaitement dans la nation… »
Peut-être serait-il utile que M. Attali sorte de son hôtel cinq étoiles ou de son tarmac pour visiter certaines banlieues occupées.

Quant à l’islam, il est un « ingrédient européen présent depuis le VIIIe siècle ». Il est question, ici, bien entendu, de l’Espagne musulmane. Chacun sait que les Celtibères et les Wisigoths ont accueilli les bras ouverts, en 711, Tariq ibn Ziyad, et que les chrétiens, plus tard, ont eu leur part de pouvoir dans les royaumes, parfois fanatisés, qui se sont installés, en al-Andalous. On sait aussi que les Turcs seldjoukides ont envahi et occupé la Grèce et les Balkans avec des bouquets de roses. Demandez aux Hellènes, à ceux de Chios !

Nous n’avons pas la place de débattre de apports des uns et des autres dans le domaine de la haute culture, ni de l’antisémitisme islamique, qu’Attali atténue. Éric Zemmour, Gilles-William Goldnadel et Alain Finkielkraut, qu’il attaque vertement, sont assez grands pour lui répondre.

Il faudrait quand même souligner cette grosse contradiction qui réduit en poudre son argumentation ; il nous enjoint à la repentance pour notre colonialisme qui lui fait horreur et, dans le même temps, il fait l’éloge de la colonisation musulmane qui, du reste, ne s’est pas contentée de certaines régions de l’Europe. Cette même Europe qui s’est construite en partie contre l’islam. Les armées du Prophète ont parcouru d’immenses contrées du continent asiatique, dont l’Inde, où ils ont massacré des bouddhistes, des jaïns et des hindous en masse, et détruit une multitude d’édifices religieux.

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