Sous-marins australiens : comment la France se fait berner par les États-Unis

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La volonté de puissance et d’ingérence des États-Unis, particulièrement au sein de l’Union européenne, l’aveuglement obstiné des élites politiques de notre pays, l’oubli des événements systémiques dans l’espace géopolitique conduisent la France inexorablement vers l’abîme qui mettra à mal son économie, son influence et son indépendance.

Les hommes politiques français, de droite ou de gauche, ont vraiment la mémoire courte, car il y a une constance, dans la politique américaine : républicains et démocrates sont d’abord dominateurs.

Ce n’est pas la première fois qu’un contrat commercial et industriel réputé comme acquis échappe aux Français. En 2007, la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, nous a privés de la vente de 24 Rafale au Maroc au profit des 24 F-16 américains. La récente annulation de la vente de sous-marins à l’Australie nous enseigne, une énième fois, que les États-Unis gagnent sans scrupules en ne pensant qu'à eux. Comme d’habitude, la présidence de la République française se contente d’exprimer ses regrets, mais en réalité, cela ne change rien aux faits.

Un simple coup d’œil dans le rétroviseur permet de mesurer l’abus de pouvoir par les États-Unis dans les domaines stratégiques : contrôle des transactions en dollar, extraterritorialité du droit américain avec sanctions des entreprises qui ne se soumettent pas aux directives de l’exécutif américain. N’oublions pas que la banque française BNP Paribas a été formellement condamnée par la Justice américaine, en 2015, à une amende record de 8,9 milliards de dollars pour avoir contourné ses directives contre l'Iran et plusieurs autres pays placés sous embargo.

Et sous le régime de la vassalité française aux États-Unis, qui s’est amplifiée depuis l’adoption du traité de Maastricht en 1992, la France a délaissé, dernièrement, les nombreux accords commerciaux et industriels contractés avec l’Iran sans pour autant obtenir la moindre compensation financière de la part de l’exécutif américain. Et pendant ce temps-là, que dire de l’acquisition, par les États-Unis, de quelques fleurons industriels français (Alstom et bien d’autres) ?

Moralité de l’histoire : trois jours après l’annonce de la vente des sous-marins américains à l’Australie dans le cadre d’un pacte de sécurité entre l’Australie, les États-Unis et les Britanniques, il s’avère que l’Iran vient d’adhérer à l’Organisation de coopération de Shanghai au nez et à la barbe des sanctions américaines.

Décidément, avec nos élites qui se situent en même temps à droite et à gauche de l’échiquier politique, l’ensemble du potentiel économique et industriel de la France s’effondre lentement sous nos yeux de la même manière que la banquise antarctique. Voilà pourquoi le recours à un homme visionnaire est plus que jamais d’actualité.

Henri Ramoneda
Henri Ramoneda
Cadre Supérieur de Gestion

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