Sondage Présidentielle : Marine Le Pen terrasse ses adversaires

La pression pour que ne subsiste qu'un seul candidat unique pour la droite et le centre s'accentue.
Capture d'écran YT RN
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En cette fin d’été, les couteaux s’aiguisent, alors que le mois de septembre va donner le départ d’une année politique décisive. Les sondages sont scrutés de près car ils auront une influence décisive sur les ambitions présidentielles de plusieurs candidats qui, pour l’heure, mènent campagne dans l’espoir de terrasser leurs concurrents. Ce 24 août, un sondage Harris Interactive conforte Marine Le Pen dans sa capacité, non seulement à être en tête au premier tour en distançant significativement ses adversaires, mais à gagner les différents duels du second tour. Selon les cas de figure, la candidate du Rassemblement national réalise un score entre 35 et 38 % au premier tour. Mieux, encore : au second tour, la députée du Pas-de-Calais est donnée à 68 % face à Jean-Luc Mélenchon, à 57 % face à Gabriel Attal et à 55 % contre Édouard Philippe - un score en hausse de 4 points par rapport à la même étude, il y un mois. Le déplacement de l’ancien Premier ministre à Mayotte, où il a fait des propositions très fermes sur l’immigration pour apporter une solution dans le département le plus pauvre de France, n’a visiblement pas convaincu les électeurs.

Comment éviter un duel Le Pen-Mélenchon ?

Peu importe le mauvais score du second  tour, pour l’heure, c’est la qualification au second qui préoccupe la droite et le centre. En effet, Jean-Luc Mélenchon trace sa route et obtient son ticket pour le duel du second tour avec 16 ou 17 %, selon les cas de figure. « Le risque d'un deuxième tour dans lequel s'opposeraient madame Le Pen et monsieur Mélenchon est un risque réel et sérieux », a réagi, sur BFM TV, Édouard Philippe. Seul scénario où c’est le maire du Havre qui se qualifie : celui où Gabriel Attal n’est pas sur la ligne de départ. Une aubaine, pour l’ancien bras droit d’Emmanuel Macron qui cherche à devenir la seule alternative à une confrontation RN-LFI qui terrifie une classe politique qui a l’habitude de se partager le pouvoir depuis 50 ans et voit ce dernier lui filer entre les doigts.

Alors, les soutiens du président d’Horizons s’en donnent à cœur joie. « Édouard Philippe est le seul à pouvoir élargir son socle, en rassemblant à la fois les électeurs du centre et ceux de la droite », s’est enthousiasmé Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère. « Nous devons nous rassembler impérativement pour éviter le chaos des extrêmes ! », a souligné Olivier Richefou, le président UDI du conseil départemental de la Mayenne. « Édouard Philippe est le seul à pouvoir empêcher un duel mortifère entre LFI et le RN », a affirmé le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus.

« Des signaux de convergence »

Du côté des Républicains, la pression augmente sur Bruno Retailleau, qui n’est pas en position de force - et c’est un doux euphémisme. Le candidat LR plafonne entre 6 et 9 % et peine à convaincre les électeurs sur son propre nom. Les ténors historiques du parti de droite dite de gouvernement risquent progressivement, et plus rapidement qu’on ne le pense, de cesser de soutenir l’ancien ministre de l’Intérieur s’il persévère dans sa volonté de postuler et d’incarner « une droite forte », ligne incontournable, selon lui, pour redresser un parti déserté par les électeurs. Les voix que Nicolas Sarkozy avait rassemblées sont parties soit au centre pour rejoindre la cohorte macroniste, soit au RN, alors que l’allié UDR apporte une caution de droite traditionnelle au parti de Jordan Bardella. « Je suis pour un candidat unique de la droite et du centre », s’est, par exemple, empressée de marteler la présidente LR de la région Île-de-France Valérie Pécresse, ce 24 août. Si elle reconnaît « la légitimité » du candidat de « sa famille politique », elle voit « des signaux de convergence politique très intéressants avec Édouard Philippe ». Un rapprochement que David Lisnard ne veut entendre que sous le signe de la primaire. Le maire de Cannes poursuit sa campagne pour une « primaire ouverte », « pour éviter à la fois la division qui fait perdre les élections et la compromission programmatique qui empêchera le redressement du pays », souligne-t-il, dans une tribune publiée dans Le Monde, ce 25 août.

La droite est au milieu du gué. Tracer sa route isolée au risque de réaliser le même score famélique que Valérie Pécresse en 2022 ou s’unir en laissant la fâcheuse impression de remettre une pièce dans la machine macroniste.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

270 commentaires

  1.  » Le risque des extrêmes » , « Le chaos des extrêmes » … ce cloisonnement dans une autosatisfaction sachante est pathétique. Le recours systématique à ce pauvre argument l’est tout autant. Par ailleurs, ce mantra creux constitue une insulte à l’égard de millions d’électeurs et ne pas s’en rendre compte est stupide.

    • D’autant qu’il n’y a pas 2 mais 3 extrêmes. N’oublions pas l’Extrême Centre, tellement prometteur que certains y envisagent une nouvelle présidence de Hollande. Puisqu’on parle d’insulte, en voilà une belle.

    • Moi, je ne vois qu’un extreme : le parti totalitaire, antisémite, violent, criminel, soutien des racailles et des terroristes,, celui de la préférence étrangère, haineux, ennemi de la France, de la police et des blancs moches, antirepublicain qui refuse le choix du peuple et prône la désobéissance (in)civile , qui veut faire taire les voix dissidentes, fermer des chaînes TV et voleur puisqu’il refuse de payer nos dettes ! Le RN a-t-il ces tares et ces tarés ? Et le chaos ne viendra que de ce parti !

  2. Ah, ces extrêmes, comme tous ces partis félons aiment les craindre ! Mais quel patriote sincère peut-il croire en des candidats qui ne veulent pas sortir de l’Union Européenne ?
    Désolé, Marine, je ne voterai que pour un souverainiste, un vrai !

    • Le RN était en tête au législatives au premier tour. Et on a eu Barnier…
      Bardella est bien loin du poste de premier ministre. Retailleau a peut être davantage de chance : après avoir fait l’appoint des macronistes, les LR feront peut être l’appoint des lepenistes.

      • Le RN ne sait pas s’associer à d’autres groupes ou personnalités. Il n’est pas non plus assez clair dans ses projets pour rassembler une masse critique. Après on peut toujours se plaindre.

  3. Les sondages ne tiennent jamais compte des intentions de votes blancs et des abstentionnistes , pourtant de plus en plus nombreux… les sondages ne sont pas faits pour nous renseigner mais pour nous manipuler. Un éventuel deuxième tour Le Pen Melenchon ne m’effraie pas du tout, bien au contraire ! C’est un rêve ! MLP serait sûre de gagner. Les français se trouveraient face à un vrai choix à faire : soit à gauche toute soit à droite ( qui n’a rien d’extrême) . Les adversaires du centre gauche sont vraiment mauvais. Pour se faire battre par Melenchon qui est vraiment le plus vénéneux… faut le faire ! N’oublions pas non plus le dernier débat télévisé du deuxième tour avant de nous réjouir trop vite… Débat décisif pour les quelques pourcentages d’indecis qui finissent par faire pencher la balance dans un sens ou dans le sens contraire . Et nous savons tous que MLP n’a pas l’habitude de faire des merveilles lors de ce dernier débat, elle a même été , jusqu’à maintenant , une vraie machine à perdre . Il est encore un peu tôt pour commander le Champagne …

  4. La droite LR est prisonnière de sa doctrine . Renier le RN donc ses électeurs, ne pas s’allier avec le centre droit honni des électeurs, la position de Retailleau est des plus inconfortables. La sagesse, le bien de la France voudraient qu’il se rallie à Ciotti. Mais là, l’amour propre le guide. C’est reconnaître une suprématie dans le raisonnement.

    Les LR devraient se projeter vers l’avenir. En sont-ils capables ? C’est déjà un handicap qui fait réfléchir l’électeur. A se projeter vers l’avenir ils comprendraient qu’il leur est impossible de prendre la présidentielle. Compte-tenu de leur position à l’égard du RN, il leur sera également impossible d’occuper une fonction au sein du futur gouvernement. En conclusion, échec sur toute la ligne.

    A se rapprocher de Ciotti , il serait en capacité de réclamer quelques positions avantageuses au sein du futur gouvernement en faisant valoir leur savoir faire, leur expérience. Un coin dans l’édifice qui leur permettrait peut-être de gagner les élections de 2032. A rester sur leurs positions actuelles, ils signent au moins pour dix années de transparence. En Assemblée, leur futur groupe aura peu de poids.

    • OK avec vous mais les LR existent ils encore en tant que parti à part leur assez bonne présence en province ? On voit bien que Retailleau n’est pas en mesure d’y mettre de l’ordre puisqu’il faudrait en virer Wauquier et quelques autres. Je pense que Ciotti a fait le bon choix et qu’il est une chance pour le RN. Il ne faut pas imaginer des pointures comme Retailleau, Bellamy et quelques autres passer sous sa coupe mais s’associer directement au RN. Hypothèse fort peu crédible. Je ne vois pas MLP accepter un partage avec des personnalités de poids. Quant à l’électeur du RN, il a plus tendance à critiquer les RN, accusés de tous les maux que les LFI.

  5. La « droite » LR (en fait le centre mou et arriviste) agira comme elle l’a toujours fait : elle s’opposera au RN au second tour des présidentielles, et peut-être même au premier tour en soutenant Edouard Le Chauve. Et souvenez-vous que ce dernier a déclaré qu’il préférait voter communiste (le parti de Staline et de Lénine !) que RN… Tout le reste n’est que baratin !

  6. Il faut arrêter avec les sondages, aux dernières législatives c’était plié, et les castors se sont mis en action, résultat, même si le RN a gagné des sièges, pas assez pour être majoritaire
    A se demande si ce n’est pas fait exprès …..

  7. Mélenchon n’a aucune chance face à Marine Le Pen, une majorité de français commencent à comprendre le danger que représente pour eux cet individu traitre, malfaisant et détraqué … qui ne sera cependant pas pire que celui que l’on a actuellement à la tête de l’état …

    • Aucune chance , ce n’est pas si sur que ça, à voir certains commentaires ici, qui ne voudraient pas de MLP mais voteront melanchon même si c’est le pire du pire, ils ont bien voté deux fois pour macron
      Si melanchon MLP pas sur qu’elle ne gagne et l’épée de Damoclès de la guerre civile est au dessus du scrutin , ce que j’appelle un chantage de certains LFI, la panot en tête

      • Ah bon ejalladeau, vous croyez qu’on n’y est pas dans le chaos , prévu par macron si élection de MLP en 2017 et 2022, les diverses émeutes, certains évènements pourtant festifs dont on voit la suite , les voitures brulées pour tout ou rien, les refus d’obtempérer , les incendies de cet été volontaires…..
        Je suis abonnée à un courriel des exactions de l’UG auto proclamés antifas alors que
        … et bien c’est édifiant qui sabotent les constructions de CRA , d’autoroutes, là ils s’attaquent aux golfs, sans compter à l’étranger
        Sur que si MLP « passait », ce serait la guerre civile, mais qui serait responsable, puisque tout le monde le sait et qu’on n’a rien fait AVANT
        Ils le disent, appellent à la désobéissance civile, la belle affaire, ils appellent le soulèvement des banlieues, bien prêtes et au lieu déjà de les condamner pour appel en fait à la guerre civile, on les laisse gentiment éructer, il n’y aurait pas un problème là ?

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