SNCF : « Ouigo train classique » ou le TGV à petite vitesse

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Au Japon, le Shinkansen – mis en service en 1964 – est la Rolls des trains à grande vitesse. C’est le plus confortable, le plus sûr et le plus ponctuel au monde : retard moyen sur l’année… 30 secondes. Pour plus de trois minutes de retard, un rapport est envoyé au ministère des Transports et le conducteur sanctionné.

Avec la SNCF, en revanche, tout est possible. C’est même elle qui le dit. Par exemple, des retards qui peuvent atteindre des journées entières, quand ce n’est qu’un retard d’une heure ou deux au départ, on est donc content. Alors, pour les bouseux comme moi qui attendent vainement leur Ouigo sur un quai (celui qui devait quitter Cannes le 8 mars à 15 h 30 est parti à 17 h 25), la SNCF a lancé les TGV à petite vitesse. Ça revient exactement au même, mais au moins, cela présente l’avantage d’être moins cher. Quoique…

L’opération a débuté voilà deux ans sur les lignes Paris-Nantes et Paris-Lyon, et devant l’indéniable succès, la SNCF étend maintenant son service « Ouigo train classique » à la ligne Paris-Rennes. Le temps de trajet prévu est de 4 heures si tout va très bien, contre 1 h 30 avec un TGV direct, ou 2 heures si arrêts à Caen et Laval. La SNCF concède en effet une durée « variable » s’il y a des travaux sur la ligne…

Alors que les prix du TGV explosent, les tarifs sont en effet attractifs : « Les billets Ouigo Train classique sont vendus entre 10 € et 49 €. Pour les enfants de moins de 12 ans, un tarif fixe de 5 € est appliqué. Pour ce prix, le voyageur peut embarquer un bagage à main ainsi qu’un bagage cabine, comme sur Ouigo Grande Vitesse. Un bagage supplémentaire coûte 5 €. Le transport d’un vélo est quant à lui facturé 5 € s’il est démonté et rangé dans sa housse, et 10 € s’il est non démonté. »

Mais hélas, comme sur les Ouigo TGV, pas moyen de prendre un café, un sandwich ou une bouteille d’eau, ni de disposer du Wi-Fi. On ne sait pas, non plus, si la prise de courant est, là aussi, en option et payante…

Voyons maintenant le côté confort. On ne saurait faire plus classique, puisque ces nouveaux trains sont constitués de vieilles voitures Corail remises au goût du jour. Pour emprunter quelquefois celles qui circulent entre Marseille et Bordeaux, on peut en attester : elles sont souvent même plus confortables que nos TGV !

La SNCF se félicite, bien sûr, de ce nouveau succès. Elle vante la jeunesse de ses usagers sur les deux lignes déjà en service et claironne son engagement pour le climat : « Près d’un client sur deux a moins de 28 ans. Ce sont des populations qui, sur ce type de trajets, pouvaient avoir tendance à privilégier du covoiturage ou prenaient le bus. Avec une offre comme Ouigo Train classique, on cherche à développer un report du transport routier vers le ferroviaire », confie le directeur général de Ouigo à Ouest-France.

Ce que ne dit pas ce monsieur, c’est que la SNCF connaît une grave pénurie de rames TGV. De plus, les experts soulignent que nos rames TGV classiques (Inoui) font de 450 à 500.000 km par an quand les Ouigo TGV en font… 700.000 !

115 rames « TGV-M nouvelle génération » sont certes en commande, mais les premiers exemplaires ne seront livrés qu’en 2025, puis à raison de 12 rames par an. En 2023, seules 364 rames étaient opérationnelles, la compagnie en ayant « perdu » 105 en dix ans. Ces rames ont tout simplement été détruites à la demande de l’État en raison d’une décision aujourd’hui « jugée surréaliste », soit « un trafic en berne et les nouvelles exigences financières de l’État à l’égard d’un TGV qui ne relève plus du service public ».

Il faut voir, également, là l’une des raisons qui font que l’ouverture à la concurrence du rail, laquelle pourrait favoriser les usagers, est toujours balbutiante. En cause les difficultés techniques dues à la pénurie, là aussi, des fameux boîtiers KVB qui, seuls, permettent le contrôle de la vitesse et communiquent avec les balises pour assurer la sécurité. Ils ne sont plus fabriqués par Alstom et la SNCF qui les a rachetés ne veut pas céder son stock. Et comme elle n’a pas, non plus, de rames sur le marché de l’occasion… la concurrence attendra. Les voyageurs aussi.

Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

19 commentaires

  1. Je prends souvent le TGV Ouigo pour Lille, mais reviens toujours par un TGV classique, une question d’horaire. Jusqu’à présent je n’ai jamais eu de problème avec les Ouigo, mais souvent avec les autres. En plus le personnel Ouigo est beaucoup plus aimable. C’est peut-être différent suivant les lignes empruntées.

  2. Essayez donc de relier directement Lyon à Bordeaux ou à Nantes ;pourtant ce ne sont pas de bourgades .

  3. N’oubliez jamais que la SNCF n’est qu’au service de ses salariés au prix de subventions astronomiques. Je ne sais pas comment nos aïeux ont fait pour construire les voies les entretenir fait arriver les trains à l’heure avec leurs petits cerveaux. Maintenant les trains devraient arriver à l’avance au vu du prix des billets et de la prétendue compétence des salariés.

  4. La dernière (vraiment vraiment la dernière !) fois que j’ai pris un si mal nommé TGV, il a mis 6 heures et vingt minutes pour faire Paris / Montpellier, soit presque le double du trajet normal. La SNCF m’a assez vu !

  5. Dans le Lot , nous avons beaucoup mieux. Nos grand socialistes du département payent (avec notre argent) pour un TGV qui ne passera jamais dans le Lot. Nous avons juste un train en ruines avec les rails qui vont avec, qui passe…on ne sait pas toujours quand!

  6. Il fût un temps ou la France était montrée en exemple dans le monde entier pour son système de santé et ses trains qui arrivaient à l’heure . Depuis que le pays est dirigé par des « grosses têtes » ainsi qu’ils se nomment, il n’y a plus de bon sens et tout se délite.

    • Plus rien ne fonctionne ! La gare RER E de ma commune a été fermée pour rénovation pendant 18 mois. Elle me paraissait pourtant très bien et en bon état. Nous en étions donc réduits à prendre nos billets avec l’automate extérieur. Bien, miracle elle a réouvert ses portes, magnifique, des guichets splendides, enfin je l’imagine, car les rideaux de fer y donnant accès sont fermés et nous continuons à prendre nos billets dans notre vieil automate extérieur. Je voudrais bien connaître le coût de l’opération.

  7. Nîmes – Nancy 7 heures duré normale du trajet , 700 kilomètres dans la très chère et grand réussite du train a grand vitesse !

    • Oui évidemment, en français ça ferait certainement ringard. L’autre jour un ami me parlait d’un « after » devant mes yeux horrifiés (je suis bien connue dans notre groupe pour ma lutte contre les anglicismes) il s’est excusé me disant qu’il ne voyait pas comment dire autrement, je le lui ai soufflé, mais il était très déçu. Un autre pour une présentation utilisait « slides » et me disait ne pas avoir trouvé comment remplacer ce mot.. Diapos ne faisait vraiment pas assez chic.

  8. Ben, la SCNF ne peut à la fois faire partir et arriver ses trains à l’heure et inonder les écrans de télévision avec des pubs aussi absurde que ses dirigeants (SNCF connect et Cie ….) Il lui fallait faire un choix, elle l’a fait : Ce sera la PUB!

  9. Quand on détruit des wagons, ou rames, qui peuvent être révisés, à bas prix et donné du travail en France, non on achète mondialiste canada Usa. Tous va bien madame la Marquise.

  10. Petite parenthèse: « sécure » n’existe pas en français. Sûr suffit et se comprend parfaitement. Dans tous ses sens.

  11. Tout ce que touche nos énarques se transforme en plomb. Voyez le TGV, ce sont les cheminots, ceux qui avaient le rail ancré dans leurs gênes, les frères et cousins de feu Henri Vincenot qui ont eu à coeur de le créer. Pourtant dès lors, ce grand écrivain, soulignait la destruction qui s’opérait dans cette grande famille du rail et qui a mené à ce que nous constatons tous les jours.

  12. Il n’y a que le prix qui est attractif . Mais comme à la SNCF ils sont champions des grèves ça ne résoud pas le problème des usagers . Vivement le jour ou ils auront de la concurrence ça les fera réfléchir ces nantis .

    • Pardon mais là je ne suis pas d’accord avec votre « analyse » … PPrenons l’exemple de la compagnie italienne qui ne fait que quelques « grandes lignes » sans investir dans l’entretien et le « service général » du territoire français ! … C’est un peu facile de concurrencer SANS investir ! …

      C’est exactement comme les « revendeurs » d’énergie : ils viennent « se servir » à la sortie des centrales et revendent avec des marges abyssales ! … Sans être « nationaliste » à outrance, il y a des « secteurs » qui doivent dans le domaine « Biens Publics » pour garantir un service aux français ! …

      Pour finir : les lignes TGV comme celle entre Paris, Lyon et Marseille ont été développées pour les « gros » … Mais qu’en est-il des villes entre ces trois métropoles ? … Les grandes « entreprises françaises » doivent rester « au service des français » ! …

      • Je suis tout à fait d’accord avec vous et la concurrence (déloyale) que vous dénoncez, n’arrange pas vraiment les choses. Le problème ne vient pas de là quand la SNCF avait le monopole du transport par rail à une époque, tout fonctionnait à merveille et le prix était au km parcouru. Mais actuellement comme le chantait Mouloudji, si je ne fais pas d’erreur, tout fout le camp !

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