Il faut bien que les instituts de sondages, même l’Ifop, gagnent leur vie et répondent aux demandes des clients les plus improbables, tel ce bidule répondant au nom de Darwin Nutrition qui vient de commander une enquête intitulée : « Barbak & barbeuc… les viandards sont-ils tous des machos », sous-titrée, « Enquête sur les rapports au genre et à la politique des amateurs de viande. »  Ce qui est bien, c’est que les gens de Darwin Nutrition jouent franc jeu. Quelqu’un qui mange de la viande est donc un « viandard ». On aurait pu dire une femme ou un homme normal ; mais « viandard », c’est mieux. Un peu comme si, évoquant des vegans mangeurs de tofu, on parlait de « brouteurs d’herbe »…

Bref, on ne sait combien ce sondage a coûté, mais sûrement trop cher. Car apprendre que les hommes préfèrent manger de la viande et des pommes de terre sautées plutôt que des légumes, Florence Foresti avait déjà résolu la question dans un sketch plus qu’hilarant, même si pas tout à fait à l’honneur du sexe fort.

Après, il y a « viandard » et « viandard », nous dit-on. Certains en mangent tous les jours et d’autres une fois ou deux la semaine. On devine quelle catégorie se trouve dans le collimateur ; ce, d’autant plus que cette dernière (les « très viandards », donc) serait 47 % à juger « normal que les femmes fassent plus de tâches domestiques ». Voilà qui devrait plutôt être une bonne nouvelle pour Sandrine Rousseau, puisque signifiant que 53 % de ces « très viandards » tiendraient pour « normal » le partage de ces mêmes « tâches ménagères ».

Mais non. Les filles à la vanille, elles ne sont jamais contentes : les gars au chocolat le savent mieux que personne. D’où ce tweet de notre chaisière, partie en croisade contre le barbecue : « Oui, plus les hommes sont amateurs de viande rouge, plus ils sont sexistes. » Il est vrai que 41 % des « très viandards » estiment « que le travail d’un homme, c’est de gagner de l’argent, et celui d’une femme de s’occuper de la maison et de la famille ». Soit 59 % qui pensent l’inverse. Là encore, Sandrine Rousseau devrait enfiler son costume de Miss afin de faire la bise à ces braves messieurs, prêts à dégainer l’aspirateur, à vider et emplir le lave-vaisselle avant que leurs dames ne rentrent du boulot. Mais non. Jamais contentes, on vous dit.


Là où ça se corse, c’est que les amateurs de bonne viande porteraient majoritairement à droite et même au-delà, épris qu’ils sont « de patrimoine culinaire, de tradition, voire de nation ». Voilà pour les « mascus des champs ». Mais demeurent les « mascus des villes ». Et là, ça se plus encore : « 18 % des musulmans » seraient à mettre dans le camp « très viandard ». Il est vrai qu’on peut leur reprocher beaucoup, à ces Français de confession islamique, mais pas de communier dans le à la sauce soja et dans la du patriarcat. Pour certains, ce serait peut-être même un peu le contraire.

Mais de tout cela, Sandrine Rousseau ne dit évidemment rien, puisqu’il s’agit de la contradiction majeure de La France insoumise en particulier et de la NUPES en général : marche contre l’ ou Gay Pride, France insoumise ou femme soumise, il faudra bien choisir un jour… Mais, pour notre chère petite Sandrine, il y a des sujets autrement plus urgents : « déviriliser la consommation de viande au barbecue », par exemple.

Soit l’occasion d’apprendre que 62 % des sondés sont d’accord sur cette proposition. Le problème, c’est qu’ils sont aussi 78 % d’hommes à reconnaître le « quasi-monopole de la gestion du barbecue ». Il faudrait savoir. Les hommes se font houspiller quand ils ne font pas la cuisine. Et quand ils la font, ce n’est pas encore assez bien. Pour autant, il n’est pas faux de prétendre qu’il s’agisse d’une tâche généralement plus masculine que féminine. Pourquoi ? Parce que c’est souvent l’occasion, pour l’époux, de dire à l’épouse : « Laisse, ma chérie, c’est moi qui m’en occupe ! »

Résultat : c’est plus la fête de l’anisette que celle des brochettes, généralement servies à point ; c’est-à-dire carbonisées à l’extérieur et encore froides à l’intérieur, par des maris à l’œil vitreux. Un grand classique. Que le lecteur n’ayant jamais connu telle fanfare jette le premier travers de porc à l’auteur de ces lignes.

PS : la vérité oblige aussi à reconnaître que, dans le domaine du et dans tant d’autres, les femmes peuvent prétendre être les égales des hommes. Mais quel manque d’ambition, dira-t-on.

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22 septembre 2022

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36 commentaires

  1. Ces amalgames commencent à fatiguer les esprits sains et ils sont sains parce que équilibrés.
    La gôôôche est complètement déphasée et perpétuelle recherche d’absurdités pour tenter de surnager dans son bouillon de mauvaise culture !
    Et pendant ce temps là la France s’enfonce un peu plus chaque jour…

  2. une magnifique enquète type café du commerce : on peut aussi trouver dans le mème genre : « les hommes qui aiment les gateaux c est pas des vrais hommes »ou « ceux qui ont un grand nez ont………… »

    bravo l ifop de nous avoir montré l étendue de vos talents.

  3. Encore une belle étude sociologiste qui montre en fait juste ce que son auteur avait postulé à la base, validant au passage la bonne vieille maxime de Churchill : « je ne crois au statistiques que si je les aies moi même bidonnées ! »

  4. Nous avons tous le droit d’être un peu cons, mais il faut reconnaître que certains abusent de ce privilège On pourrait ajouter que certaines personnes sont comme les nuages, il suffit qu’ils disparaissent pour qu’il fasse beau.

  5. J’avoue, je commence à saturer de lire toutes ces bêtises.je suis un homme blanc, hétéro, plus de 60 ans et je mange de la viande.si j en crois tous ces fragiles snowflake je devrais penser à me suicider pour le bien de la planète ? C est là qu on se rends compte que légaliser la beuh n est pas une bonne idée…

    1. Oui, en effet , il parait que la beuh à la longue supprime des neurones ! Il faudrait faire un sondage sur ce thème, au sein des écolos, pour savoir si ils en consomment régulièrement . On pourrait peut-être en tirer des conclusion définitives !

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