Editoriaux - Table - 11 janvier 2018

Sécurité routière : quid des nouvelles technologies ?

Je ne vais pas, ici, détailler toutes les mesures envisagées par le gouvernement pour lutter contre l’insécurité routière et la dangerosité de certaines routes.

Certes, il est temps de taper fort sur le bitume pour adapter le réseau au trafic moderne et réel, plutôt que de s’en prendre d’abord et uniquement aux « délinquants » de la route, même si ceux-ci ont besoin d’être fermement et constamment rappelés à l’ordre.

Un point retient mon attention d’usager pragmatique aussi bien urbain que rural. La signalisation est faite avec des panneaux fixes, soigneusement codifiés et appris dans les auto-écoles. Cette signalisation est quasi immuable, qui traduit une sorte de tradition républicaine ayant traversé les années depuis l’invention du véhicule automobile… Paradoxe le plus spectaculaire : alors que certains détecteurs indiquent en temps réel à un conducteur sa vitesse excessive en identifiant et affichant sa plaque minéralogique, certains panneaux le long des autoroutes sont occultés manuellement – par les petits hommes en jaune – avec une rotation de 90 degrés !

Mais hormis travaux ou autres contraintes provisoires, les limitations sont quasiment fixes sur la plupart des voies routières, et en particulier sur celles que visent les décisions du gouvernement. Pourtant, les situations prévisibles et nombreuses sont connues ou identifiables qui pourraient, et devraient, moduler les limitations de vitesse en conséquence.

Quelques exemples non exhaustifs parmi les multiples particularités locales.

Une restriction encadrant une école, un collège, lycée ou autre établissement de l’éducation n’est plus justifiée en période de – larges et nombreux – congés scolaires. Les périodes de jour ou de nuit, d’été ou d’hiver, de beau temps ou de météo dégradée n’exigent pas les mêmes prudences. Les départementales de plaines ou de montagne, du Nord ou du Sud, présentent des risques très différents.

Certains axes supportant des fréquentations estivales denses sont notoirement allégés de trafic le reste du temps. Ce qui entraîne inéluctablement, en dehors de ces périodes chaudes, un dépassement sans risque des limites indiquées, particulièrement par les usagers locaux habitués de ces itinéraires et parfaitement instruits de la présence ou non d’espions-radar…

Cet état des moyens est particulièrement paradoxal à l’ère des objets dits « connectés », qui s’appliquent à nombre d’activités publiques et familiales.

En ce moment se tient, à Las Vegas, le Consumer Electronics Show où la représentation française est pléthorique – 300 micro-entreprises -, comme le vantent les nombreux commentateurs, soulignant les succès tricolores. On y évoque, en particulier, la voiture autonome, libérant le conducteur de sa précieuse et vigilante attention. On imagine que les limitations réglementaires seront judicieusement programmées dans le logiciel de conduite. Il conviendra, évidemment, qu’elles soient télé-modulables en fonction des restrictions temporaires, à l’instar des GPS actuels qui signalent les incidents, chantiers et autres bouchons. Mais aussi qu’elles soient inviolables par les petits malins pressés et bricoleurs de l’informatique…

En attendant cette époque à peine futuriste, ne serait-il pas opportun et possible que les panneaux routiers soient également connectés pour servir mieux, dans un ordre cohérent et en temps réel, le trafic et la sécurité des usagers ?

Commentaires fermés sur Sécurité routière : quid des nouvelles technologies ?

À lire aussi

Macron embarqué : appontage raté !

Je résume avec un « débrief » concis pour ne pas abuser de la patience des lecteurs, à l’i…