Vierge décapitée, la mise en garde de Valérie Boyer

La sénatrice dénonce l'impéritie de l'État à protéger notre patrimoine cultuel et culturel.
statut

C’est à terre que gisent les têtes de la Vierge et de l’Enfant, détruites vraisemblablement à l’aide d’une masse ou d’un outil capable de briser le roc. Dans la nuit du 4 au 5 mai, un nouvel acte de christianophobie a été commis dans le petit village de Poleymieux-au-Mont-d’Or, près de Lyon : une statue de la Vierge Marie, dite Notre-Dame des Monts d’or, a été retrouvée décapitée. Installée à un carrefour de chemins de la commune, elle était présente dans le paysage local et dans le cœur des habitants de la commune depuis presque un siècle.

Une émotion locale

Le maire de la commune, Corinne Cordonna, a exprimé sans détour son indignation face à cet événement. Elle déclare ainsi, auprès de nos confrères du Progrès, avoir « reçu un SMS lundi matin à 7 h 30 disant : "la Madone a été décapitée !" » Après s’être rendue sur place pour constater les dégâts, le choc est immense, pour elle comme pour les 1.300 habitants de sa commune : « C’est absolument scandaleux et épouvantable », « Qu’est-ce que ça signifie ? Est-ce une envie de détruire pour détruire ? Un acte symbolique ? »

Après avoir porté plainte auprès de la gendarmerie, qui a ouvert une enquête pour identifier les auteurs de cet acte de vandalisme, Corinne Cordonna a aussi lancé un appel à témoins auprès de ses administrés, loin d’être insensibles face à ce drame : « Nous avons eu beaucoup de réactions de gens furieux et choqués », rapporte ainsi le maire de la commune.

L’alerte de Valérie Boyer

Pour Valérie Boyer, l’affaire ne doit pas s’arrêter là. La sénatrice (LR) des Bouches-du-Rhône, contactée par BV, tire la sonnette d’alarme. La France ne sait tout simplement pas mesurer l’ampleur des attaques visant son patrimoine religieux : « Nous n'avons pas une idée précise des dégradations, des types de dégradations, des motivations… et surtout, on ne connaît rien sur les auteurs », regrette-t-elle ainsi. Elle souligne que les informations ne remontent souvent que par la presse locale ou seulement à l’échelle nationale, lors d’événements spectaculaires, comme les incendies de la cathédrale de Nantes ou de Notre-Dame de Paris, mais aussi que certaines associations subventionnées par l’argent public alimentent, selon elle, un climat de dépréciation ou d’invisibilisation du fait religieux.

C’est pour combler ce vide qu’elle a alors obtenu la création d’une mission dédiée à cet objectif : établir enfin un état des lieux national, toutes religions confondues, et comprendre ce qui se joue derrière ces atteintes. La sénatrice insiste sur la nécessité de distinguer les actes liés au manque d’entretien, comme les églises souvent ouvertes et fragiles, des gestes volontaires. « Quand on tape volontairement avec force sur une statue, c’est autre chose, c’est un acte de vandalisme. Quelle est sa signification ? »

L'élue déplore également l’absence de fichier recensant les auteurs qui, lorsqu’ils sont arrêtés, disparaissent aussitôt des radars. Selon elle, il est aujourd’hui impossible de savoir s’il s’agit d’individus isolés, de réseaux organisés ou de motivations idéologiques. « Il n’y a pas de profil, il n’y a pas de fichier des auteurs », martèle ainsi Valérie Boyer. L’enjeu dépasse aussi la seule question religieuse. Le patrimoine cultuel, rappelle-t-elle, constitue un bien commun : la plupart des édifices appartiennent aux communes depuis la loi de 1905 et leur entretien pèse lourd sur les budgets locaux.

Mais sans données fiables, impossible d’adapter les moyens, de prévenir les risques ou d’évaluer le coût réel pour la collectivité. La sénatrice appelle aussi à clarifier les comparaisons souvent faites entre actes antimusulmans, antisémites ou antichrétiens. Selon elle, tout ne peut pas être mis sur le même plan : « Est-ce que c’est la même chose de mettre une tranche de jambon dans la rue ou de brûler une statue ? » Pour avancer, il faut savoir de quoi l’on parle. Valérie Boyer estime ainsi que l’État doit être en mesure d’assurer pleinement la protection des édifices cultuels et de prévenir toute attaque, rappelant qu'« on le doit aux Français, c’est leur bien commun ».

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

39 commentaires

  1. AVANT ces 50 dernières années et AVANT l’arrivée de l’islamisme envahissant toléré par tous les politicards par quiétude électorale, nous vivions en France dans la quiétude depuis des siècles… Mais hélas « ILS » nous ont presque tous trahi étant dans l’attente de notre Remplacement …
    Aussi que peuvent-ils bien inventer pour rassurer leurs petits Enfants ?…

  2. Réponse à Derrien, son message du 7 mai à 19 heures 44
    Non, cet argumentaire sur le RN « victime » de la situation actuelle ne tient pas la route. Désolé de le dire aussi brutalement.
    Tout d’abord, les dirigeants de ce parti n’ont pas tiré les conclusions de l’échec du RN aux présidentielles de 2017 : programme électoral bâclé dans la mesure où la présidente de ce parti était incapable de le porter ; mépris affiché envers M. Dupont-Aignan qui avait proposé une alliance qui aurait permis au parti de ne pas garder cette image de marque emprisonnante de « parti opposé à l’immigration ».
    Ensuite, sur les sujets de société, la présidente a fait preuve d’une désinvolture incroyable : déjà inaudible sur l’enquête sur l’incendie de Notre-Dame de Paris, elle n’a même pas vu l’aberration qui a consisté à constitutionnaliser « la liberté de l’IVG » (un vrai cavalier constitutionnel, pour commencer) et celle qui a consisté à donner une liberté de vote sur l’adoption de cette proposition de loi odieuse dite d’« l’aide à mourir ».
    Et puis, sur le plan européen (l’UE, s’entend : l’Europe ne se limite pas à l’UE), à part quelques députés dits « patriotes » plus vigilants que les autres, le Rassemblement national fut inaudible et pourtant il y avait matière : le « plan vert » (alias « green deal »), les sanctions contre la Russie, le soutien à un des dirigeants les plus corrompus au monde, M. Zélinsky en Ukraine, la loi dite DSA, sur le contrôle numérique, le pacte sur l’immigration, l’absence d’une voix efficace de l’UE dans le conflit persistant du Moyen-Orient, etc.

    Avouez que cela fait beaucoup d’absences, de lacunes et surtout de PARESSE surtout. Et vous voudriez excuser le RN de ne pas réagir face aux actes antichrétiens qui frappent les lieux de culte, les statues, les programmes musicaux, etc. ?
    Non, je le répète, de telles excuses que vous évoquez ne tiennent pas la route.

    • il y aura beaucoup d’emphase, je crois, à ces élections et cela se terminera par « on prend les mêmes, et on recommence si l’opposition au « macronisme » (est-ce un courant politique ?) reste ce qu’elle est.

  3. La tête de la Vierge décapitée se situe à six ou huit mètres de hauteur. Ce n’est donc pas simplement quelqu’un avec une masse qui a pu commettre cet acte odieux. Cela a nécessité une très grande échelle ou un élévateur.

  4. A force de communautariser il n’y a plus de bien commun. J’ai expliqué ici comment ça se passe aux Pays-Bas de culture protestante dans le nord et catholique dans le sud. Le rue appartient à tout le monde au nord, et donc pas question de jeter un papier par terre, et au sud, la rue ,c’est à personne, tout le monde fait ce qu’il veut.

    • En tant qu »esprit, il n’es pas possible de tuer Dieu. Toutefois, comme il s’est incarné il y a deux mille ans, il a été crucifié, et je pense que s’il devait revenir, il le serait de nouveau, connaissant mes semblables ( enfin , semblables, pas sur ce plan là, j’ai une croix à mon cou…). Et la preuve qu »on ne peut et ne sait tuer Dieu, chaque fois que je lis ce genre de folie, j’ai une pensée pour Marie.

    • Oui, on peut exécrer (mépriser, non, par principe, sauf si l’on ne se comporte pas en représentant de la Nation , ce qui n’est pas son cas ; laissons cela au député Arnault car pour lui ce doit être double peine, exécrer et mépriser) la personnalité politique qui a fait le coup que vous citez, mais on ne peut pas exécrer le message que cette personnalité porte. Au moins, elle le porte. Mais au fait, que disent les députés RN sur cette affaire ?

  5. Valérie Boyer, élue depuis des dizaines d’années, est un élément de la droite molle constituant le plafond de verre pour empêcher le RN d’avoir des élus. Si elle n’avait pas suivi cette folle politique elle n’aurait pas aujourd’hui à déplorer les actes anti catholiques.

    • Ce n’est pas l’objet de l’article de M. de Mascureau.
      RN ou pas (il me semble que dans cette affaire précise rapportée par l’universitaire, le RN n’ a pas réagi avec véhémence, d’ailleurs), il est important qu’un élu s’émeuve de cette dérive qui n’est pas récente.
      La loi de 1905 qui fait obligation d’entretenir et de sécurité les bâtiments du culte qu’elle désigne n’est visiblement pas respectée. C’est ce qu’il faut retenir et il ne sert à rien de plastronner sur les bienfaits de cette loi si on ne l’applique pas.

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