[DOCUMENT BV] Quentin : les photos inédites des agressions contre des militantes Némésis

BV retrace en images le récit de l'agression des militantes Némésis pendant le lynchage de Quentin Deranque.
Des photos inédites montrent que les Némésis ont été à plusieurs reprises agressées le 12/02 LYON - Photomontage BV
Des photos inédites montrent que les Némésis ont été à plusieurs reprises agressées le 12/02 LYON - Photomontage BV

Alors que la dissolution de la Jeune Garde par le gouvernement, en juin 2025, a été confirmée définitivement par le Conseil d'État jeudi 30 avril, BV a pu obtenir en exclusivité des photos inédites des violences qui ont provoqué des blessures chez des militantes féministes de Némésis, en marge de la mort de Quentin Deranque, en février dernier à Lyon. Nous revenons donc en images sur ce drame.

 

En ce 12 février 2026, Quentin a été lynché à mort dans une rue du VIIe arrondissement de Lyon, encerclé par une trentaine d’antifascistes et frappé par sept d’entre eux. Onze coups lui ont été portés à la tête, pendant qu'un individu maintenait ses jambes, le temps du supplice. Jacques-Elie Favrot et Adrien Besseyre, deux assistants parlementaires de Raphaël Arnault, député LFI, étaient présents. L’un est présumé meneur, selon la Justice, et l’autre aurait donné de violents coups de pied.

Au même moment, sur une voie adjacente séparée par un pont de chemin de fer, les six militantes de l’antenne locale de Némésis étaient agressées elles aussi. Les jeunes femmes ont à peine eu le temps de déployer leur banderole. « Simultanément, deux d'entre elles ont été projetées à terre par des antifascistes sur la rue Raoul-Servant vers 18 heures », nous explique Agathe (prénom modifié pour des raisons de sécurité), que nous avons rencontrée à Lyon deux mois après les faits.

Sur ces photos exclusives, présentes dans le dossier de l’enquête, et que BV s’est procurées, on voit une des militantes prise à partie alors qu’elle était au sol. Sur la même image, une autre est agrippée par un homme au niveau du cou, dans une prise qui ressemble à une strangulation.

En rouge, un agresseur s'en prend à une jeune femme au sol, un autre agrippe au niveau du cou une autre victime (vert) 12/04 - Document BV

Quelques secondes auparavant, les jeunes femmes déployaient une banderole avec ce message : « Islamo-gauchistes, hors de nos facs », comme le montre une photo en haute définition que nous publions en exclusivité. Pour des raisons de sécurité, nous avons flouté les visages des militantes Némésis. Certaines nous ont en effet dit avoir reçu des menaces depuis leur dépôt de plainte.

Les jeunes femmes de Némésis déploient leur banderole avant d'être agressées physiquement - Document BV

Ce document permet de déterminer que les militantes étaient alors sur le trottoir au niveau du 16, rue Raoul-Servant, à plus de trente mètres de la plus proche entrée de Sciences Po Lyon. Leur action a donc été volontairement organisée sur la voie publique et à distance de l'établissement universitaire, contrairement à certaines déclarations.

Sur cette même photo, des graffitis bien visibles sur le mur témoignent du fort ancrage du quartier à l’extrême gauche. On y voit le logo de la Jeune Garde antifasciste, trois flèches pointées vers le bas, mouvement fondé par le député Raphaël Arnault. Avant 2025, nous ont expliqué des Lyonnais, on pouvait découvrir sur ce même mur des slogans typiques de la littérature poétique antifa : « Bardella s’est chié dessus dans l’amphi N de Tolbiac », « Merdella », « Fuck Zemmour », « À bas la Cocarde », etc.

Un antifasciste (en rouge) s'acharne sur une militante Némésis au sol (en vert) - Document BV

Ces images inédites révèlent qu’à plusieurs reprises, des antifascistes sont allés volontairement au contact, prenant physiquement à partie les jeunes femmes sans défense.

Une antifa s'en prend physiquement aux jeunes femmes de Némésis le 12/02 - Document BV

Ce scénario avait été anticipé par leur entourage. Marie (prénom modifié pour des raisons de sécurité), participante à l'action du 12 février, nous a expliqué que fiancés, amis ou paroissiens de leur église s'étaient donné le mot pour les évacuer en cas de heurts violents : « Il y a eu un bouche-à-oreille, beaucoup ne se connaissaient pas entre eux. »

C'est dans ce but que le groupe de Quentin stationnait à deux cents mètres de là. Mais à ce moment précis, ils n'ont pas pu intervenir, devant faire face à l’assaut d'une trentaine d’activistes de la Jeune Garde. Plusieurs militantes Némésis nous ont raconté avoir vu le groupe de Jacques-Elie Favrot fondre sur le boulevard Yves-Farge pour lyncher le service d’ordre.

Selon une source proche de l’enquête, les assaillants ont préalablement repéré le groupe de Quentin, puis se sont rendus aux environs de Sciences Po. Là, une trentaine d'individus se sont équipés de gants coqués et se sont masqués. La suite, hélas, est connue, Quentin y a laissé la vie après un lynchage particulièrement sadique.

Pendant ce temps, rue Raoul-Servant, profitant de la fuite des jeunes femmes, un agresseur a commencé à étrangler une militante Némésis. C’est ce que montre une vidéo qui avait déjà été diffusée le soir même de l'agression. L’individu a projeté violemment la militante au sol. À la suite de cette violente agression, celle-ci a dû être hospitalisée puis porter une minerve. Comme ses camarades, elle est restée pendant plusieurs semaines en état de choc psychologique.

Quelques secondes avant, le même agresseur s’était déjà acharné sur une militante au sol. Parmi les assaillant figurait un individu « avec une décoloration », l'un des plus virulents du groupe, selon Agathe, qui nous dit avoir été elle-même frappée et avoir reçu des crachats. Cette jeune femme d’une vingtaine d’année s'en est sortie avec cinq jours d’ITT ; douze, pour sa camarade d’infortune.

Agathe, qui a porté plainte depuis, nous a déclaré : « On a entendu une personne racisée crier "Vous êtes les derniers Blancs, vive le Grand Remplacement" ! C’est alors que les cinquante antifascistes et étudiants, tous blancs, ont rigolé et nous ont bousculés. » Un récit qui confirme celui d’une autre militante Némésis recueilli par BV, le 18 février dernier.

Commentant les images que nous nous sommes procurées, Agathe indique : « Je me suis retrouvée avec des énormes bleus, le soir, quand je suis rentrée. Dans la cinquantaine de personnes présentes, il y avait trois femmes de la Jeune Garde antifasciste. »

Fin d'une journée d'une effroyable sauvagerie.

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Jean Bexon
Journaliste

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