À neuf mois de l’élection présidentielle, Régis de Castelnau analyse la vie politique en France. Selon lui, le contexte de la crise sanitaire favorise la prise de position de nombreuses personnalités de tous bords susceptibles d’être candidates.

 

 

 

La presse fait des gorges chaudes des propos de Sandrine Rousseau, la candidate à la primaire de Europe Écologie Les Verts. Quelle est cette écologie politique qui se donne en spectacle ?

 

Sandrine Rousseau est une apparition récente. On l’a déjà vue une fois en larmes chez Laurent Ruquier. Tout d’un coup, elle est intronisée candidate et elle essaie d’occuper le terrain. Elle multiplie les bêtises ! La dernière en date dit : « Il vaut mieux faire venir les terroristes car on peut ainsi les surveiller. » Et moi je dis qu’il vaut mieux les laisser poser des bombes, comme ça on peut les désamorcer !

Elle ne supporte pas que les gens réagissent et la critiquent.

 

Elle a retiré de Twitter la photo de son équipe après des moqueries…

 

C’est trop tard, cette photo se balade partout ! Sandrine Rousseau est un bouc émissaire, mais elle est le reflet d’une période où on a l’impression que tout le monde perd les pédales. On a un scandale parisien extraordinaire : les gens qui sont partis en vacances et qui reviennent trouvent que cela s’est encore aggravé. Mme Hidalgo organise un congrès du Parti socialiste et verrouille pour être la candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle. C’est la garantie d’une défaite cinglante.

On apprend, ce matin, qu’Éric Ciotti et Delphine Batho sont candidats à la présidentielle.

 

On a l’impression que tous ces candidats se disent que la place est prenable…

 

Il y a une difficulté à appréhender ce qu’il s’est passé en 2017. Un candidat sorti de nulle part s’est retrouvé président de la République. Certains s’imaginent que c’est reproductible sans avoir étudié ce qu’il s’est passé. C’est tout sauf une arrivée surprise. Tout cela a été organisé et financé. La magistrature française a choisi qui serait président de la République. Je pense qu’il y a ce syndrome-là : on peut partir de nulle part et se retrouver au deuxième tour de la présidentielle.

Beaucoup de gens font ce franchissement de miroir sur différentes questions. En particulier autour de la pandémie Covid. Des gens que l’on pensait raisonnables et rationnels prennent des positions curieuses. Je pense, par exemple, à Jean-Pierre Luminet, un astrophysicien remarquable qui a basculé dans un délire antivax assez curieux. De même, les tenants de la stratégie vaccinale deviennent inquiétants avec une dérive autoritaire. Malheureusement, le monde politique est le reflet de cette ébranlement psychologique lié à la pandémie.

 

La campagne présidentielle de 2022 s’annonce particulière…

 

À l’automne, on va avoir Philippot, Dupont-Aignan, Zemmour, Ciotti, François Boulo (l’avocat des gilets jaunes) et d’autres encore. Cela va-t-il se décanter ? Une élection présidentielle, ce n’est pas rien, il faut trouver 500 signatures, de l’argent, des militants. Il y a des règles de communication. Je pense à Éric Zemmour, qui annonce qu’il fera son émission à la rentrée, cela va devenir assez compliqué. À neuf mois des présidentielles, tout ce qui concerne la communication des candidats est strictement encadré.

Tout cela m’apparaît comme un foutoir, et il est possible que cela se décante, c’est ma conviction. Je vois difficilement comment on peut échapper au deuxième tour qui se profile, les sondages récents le démontrent encore. Les deux principaux candidats sont suffisamment largement devant pour que le duel du deuxième tour de 2017 soit rejoué.

26 août 2021

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