« Make America Florida » : tel est le slogan concocté par le groupe de soutien du gouverneur de Floride, Ronald DeSantis, en prévision des présidentielles américaines de 2024. Un slogan efficace, car ce républicain a le vent en poupe. En avril dernier, Tucker Carlson, tête d’affiche de la chaîne conservatrice Fox News, le qualifiait de « meilleur gouverneur du pays ». Pour quelles raisons ? « Parce que tout part vivre en Floride ! » Et d’ajouter que les Américains voulant vivre libres et indépendants trouvent désormais refuge dans l’« État ensoleillé ».

Le républicain de 43 ans, père de trois jeunes enfants, est considéré par beaucoup comme le poulain de l’ancien président. Il faut dire qu’il adopte le même mode opératoire. Sur les thèmes, d’abord, il fait figure d’homme très à droite, voire populiste : politique d’ stricte, allégement des taxes, opposition à l’Obamacare… En matière de communication, s’il est bien plus soft sur les réseaux sociaux que son mentor, il n’hésite pas à critiquer publiquement Joe Biden, les médias ou encore l’establishment corrompu.

Dernièrement, c’est surtout pour sa gestion de la crise du Covid-19 que DeSantis s’est fait remarquer. Début 2020 – fédéralisme oblige -, la réponse à la crise sanitaire est laissée à la discrétion des États. Or, la Floride, comme le Texas conservateur du reste, privilégiait la politique du laissez-faire et de la responsabilité individuelle. Dans les faits, cela s’est traduit par une quasi-absence de et une réouverture de l’économie très rapide. En contrepartie, la vaccination a très vite été encouragée.

DeSantis n’hésite pas à aller à contre-courant des mesures recommandées par le CDC, l’agence américaine pour la santé. En avril 2021, il s’opposait à la mise en place d’un passe sanitaire, ou passe vaccinal, en rendant le procédé illégal. Ces dernières semaines, il a interdit aux écoles de Floride de rendre le port du masque obligatoire au risque d’une coupe des subventions. Un projet de loi pour janvier est, d’ailleurs, en préparation à ce sujet. Peu de médias français analysent le cas de la Floride, « État de la liberté ». Mais LCI, le 30 septembre dernier, notait jusqu’à présent « un taux de mortalité pas plus élevé qu’ailleurs dans le pays ».

Ron DeSantis confiait, il y a quelques mois, qu’avec « les confinements, les démocrates devenaient républicains ». Logique, vous dirait Tucker Carlson, cité précédemment. Le gouverneur constate effectivement que beaucoup de résidents des Etats démocrates, comme la Californie et l’État de New York, ne croyant plus au discours alarmiste des médias viennent s’installer en Floride (les déménagements étant facilités par le télétravail).

Il connait cet État par cœur. Né en Floride en 1978, « Ron » DeSantis étudie le droit dans les très prestigieuses universités de Yale et Harvard. Il débute sa carrière dans la Marine en tant que conseiller juridique. À partir de 2012, DeSantis enchaîne trois mandats au Congrès comme représentant des États-Unis. En juin 2018, Donald Trump le soutient officiellement pour le mandat de gouverneur de Floride. Jusqu’où ira-t-il ?

L’échéance présidentielle de 2024 est encore loin. Les enquêtes d’opinion indiquent cependant un bon positionnement de DeSantis derrière Donald Trump dans le cas d’une primaire républicaine. Tentera-t-il sa chance, à 46 ans, pour le poste suprême ? Rien n’est moins sûr, Donald Trump ne cachant plus ses intentions de revanche. Récemment, le trublion Trump déclarait même qu’il « battrait à coup sûr DeSantis » et ses autres compétiteurs lors de la primaire. Le gouverneur, lui, dément toute prétention pour 2024 : « Je fais juste mon travail et nous travaillons dur… J’entends toutes ces rumeurs et, honnêtement, c’est un non-sens. » La vice-présidence, alors ? Cela se chuchote, mais certains analystes américains estiment que ce « ticket » ne serait pas le plus stratégique pour une réélection de Trump.

Grand seigneur, DeSantis pourrait bien patienter jusqu’en… 2028. Il n’aura alors que 50 ans.

 

16 octobre 2021

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