De la Place Beauvau jusqu’au simple policier, ça se savait mais ça ne se disait pas. Quoi donc ? Tout simplement que , le ministre de tutelle, ne devait son maroquin qu’à sa qualité de macroniste historique et que le véritable patron n’était autre que Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministère de l’Intérieur, issu du corps préfectoral et fin connaisseur de la grande maison.

Maintenant, ça se sait plus que jamais et ça commence à enfin se dire, même dans L’Express de ce 17 juin dernier. Ainsi, une base en colère affirme à mots plus ou moins couverts que Christophe Castaner n’est pas tout à fait à la hauteur – euphémisme délicat – et que Laurent Nuñez, lui au moins, réfléchit avant de parler.

Certes, la colère du peuple policier couvait depuis longtemps. La bourde de trop ? L’annonce unilatérale, par Christophe Castaner, de l’abandon de la fameuse « clef d’étranglement », mise en cause par certains médias dans la mort d’Adama Traoré, puis la menace de « suspension » de tout policier en cas de « soupçon avéré » de racisme.

Pour la première mesure, on voit mal comment un agent des forces de l’ordre peut maîtriser un individu refusant, justement, de le laisser maîtriser : en l’invitant à prendre le thé et les petits gâteaux, à 17 heures et au commissariat ? Quant à la seconde, on ne comprend pas très bien la définition de ce que peut bien être un « soupçon avéré », surtout en matière de « racisme ».

Un policier martiniquais qui bouscule un suspect roumain ? Racisme anti-blanc ? Et si un collège d’origine auvergnate rudoie un autre suspect, immigré d’origine africaine ? Racisme anti-noir ? Il y a également l’âge, non point du capitaine, mais du suspect en question, qui peut interpeller au niveau du racisme anti-vieux ou anti-jeune. Ce qui devient encore plus hermétique quand s’agissant d’une suspecte et non point d’un suspect, le sexisme pouvant également se mêler de la partie.

Bref, Christophe Castaner, même au sortir d’une boîte de nuit, aurait pu d’abord discourir de tout cela avec les représentants syndicaux. Il a préféré annoncer d’abord et tenter de discuter ensuite, quitte à laisser aujourd’hui à Laurent Nuñez le soin d’éteindre l’incendie par ses soins allumé.

Cités par 20 Minutes, deux policiers qui manifestaient ce même 17 juin ramènent une sorte de strict minimum syndical en matière de bon sens : « Des racistes, il y en a dans la police comme partout. Mais nous réfutons les termes de “racisme d’État”. » Puis : « La police est à l’image de la société, avec des fonctionnaires de toutes les origines et des gens qui disent des conneries comme dans toutes les professions. Mais la police n’est pas une institution raciste. » Voilà qui tombe sous le sens.

D’ailleurs, le raisonnement vaut pour les acteurs et les actrices : tous ne sont pas nigauds, mais il existe aussi des Camélia Jordana capables, non sans craindre le ridicule, d’accuser les policiers de « massacrer des gens pour nulle autre raison que la couleur de leur peau ». Au fait, petit détail en passant, et toujours à propos de racisme : aurait-elle fait semblant de ne pas remarquer que toutes les images de ces manifestations sont pour le moins bicolores : des Blancs manifestement d’extrême gauche et des Noirs, et bien peu d’origine maghrébine.

En attendant, les rumeurs de remaniement ministériel vont bon train. Et à propos de Christophe Castaner, un autre « soupçon avéré » n’en finit plus de se répandre à son propos dans les couloirs des rédactions parisiennes et de province : notre homme pourrait donc ne pas être de la prochaine équipe gouvernementale.

On ne peut lui souhaiter qu’une promotion digne de ses talents, assortie d’une mutation vers un poste où il pourra enfin les exercer en toute quiétude. Alpha du Centaure, par exemple ?

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