Ce dimanche 4 décembre, Éric Zemmour et ses partisans se rassemblent au Palais des sports de Paris. Officiellement pour célébrer le premier anniversaire de la nouvelle formation politique rassemblée autour de l’ancien journaliste et de ses lieutenants Marion Maréchal, Guillaume Peltier et Nicolas Bay. Officieusement, l’enjeu est plus grave que festif : « On va montrer à ceux qui se plaisent d’en douter que nous sommes un parti d’avenir », affirme Stanislas Rigault. Le jeune président de Génération Z touille son grog dans un café sis à La Motte-Picquet-Grenelle. Membre du bureau exécutif, Rigault se veut confiant : « On a montré une vraie capacité de travail et de mobilisation dans la société et dans le débat public », affirme-t-il. En effet, que ce soit Marion Maréchal ou Éric Zemmour, les figures du jeune parti n’ont pas manqué de se montrer dans les médias, ces dernières semaines. L’affaire Lola, l’Ocean Viking et les dérives de l’Éducation nationale ont été autant de sujets pour eux de peser dans le débat. Et de ne pas céder.

Pour autant, Reconquête doute stratégiquement et se cherche. Déjà, des tensions internes - « plutôt de légères divergences stratégiques », s’amuse un membre du parti d’Éric Zemmour - naissent autour des élections européennes. C’est, en tout cas, ce que se demande franceinfo. Qui, de Marion Maréchal ou Éric Zemmour, va mener la liste ? « Il faut plutôt voir cette élection comme un ticket », assure-t-on du côté du parti. Il n’empêche, la récente embauche du Niçois Philippe Vardon, ancien directeur de la campagne de Marion Maréchal aux élections régionales de 2015 et… de la dernière campagne européenne d’un certain n’est pas passée inaperçue pour les observateurs. « Si Philippe [Vardon, NDLR] rejoint Zemmour, c’est pour Marion Maréchal », pense un élu local provençal. « Certains parlent trop et sans savoir », s’agace-t-on du côté de la vice-présidente exécutive de Reconquête. Loin de ces divergences, en tout cas, Zemmour et ses proches auront comme ambition d’apparaître unis, ce dimanche, lors du grand raout du parti : « On engrange beaucoup d’adhésions nouvelles et de réadhésions », affirme Rigault, qui y voit un signe encourageant. « On n'a pas pour ambition de vivre sur un souvenir, chaque jour, on mesure à quel point nous avons notre place dans le débat public. »

Au RN, place à la jeunesse

À bord de la péniche L’Événement, le président du RN ne cache pas sa satisfaction. Le lieu réservé pour l’occasion affiche complet et des dizaines de jeunes militants ou sympathisants sont venus pour assister à l’intronisation officielle de son collaborateur Pierre-Romain Thionnet au poste de directeur de l’ex-FNJ et Génération Nation, qu’il avait lui-même présidé jusqu’en 2021. Un mouvement de jeunes rebaptisé RNJ (Rassemblement national de la jeunesse) comme une sorte de retour aux sources. Comme un moyen de revenir aux fondamentaux. Peu de cadres présents, hormis l’attaché de presse Victor Chabert et les eurodéputés Jean-Lin Lacapelle et Mathilde Androuet. Dans la foule de jeunes, des collaborateurs parlementaires, quelques simples militants mais aussi des jeunes à la base intéressés par Éric Zemmour mais qui ont été emballés par . Quant à Pierre-Romain Thionnet, on touche du doigt à la fois les différences et les convergences entre l’ancien et le nouveau. Là ou Bardella se définit comme pragmatique et sait être un tribun, Thionnet tient davantage de l’intellectuel taiseux. Quand Jordan Bardella parlait avec naturel et aisance, Pierre-Romain Thionnet était cantonné à lire son texte. Sagement. Pour autant, le jeune homme a derrière lui un passé de militant à la Cocarde étudiante qui l’a déjà conduit dans des situations chaudes. « Le RNJ va s’imposer comme une figure de proue de la jeunesse nationale », a déclaré le nouveau patron des jeunes du RN devant ses partisans.

« Votre job sera d’aller conquérir les cœurs et les esprits de la jeune génération », affirmait Bardella. Du côté de Zemmour, le succès de Génération Z semble laisser penser que la jeunesse ne dédaigne pas cette famille d’idées. Après tout, comme le disait Bardella lui-même lors du grand débat des valeurs, « nous n’avons avec Reconquête que des divergences de court et moyen terme », reste à savoir dans combien de temps se situe le long terme… Vardon, lui, s’était contenté d’annoncer, dans Le Figaro : « Il est grand temps que la droite imite l'intelligence tactique de la gauche et de la NUPES et qu'elle adopte le slogan "Marcher séparément, frapper ensemble" ! » Dans tous les cas monte dans Paris la musique alléchante d’un duel Bardella-Maréchal aux élections européennes. « On comprend que ça excite les journalistes en manque d’article, mais les européennes sont dans deux ans. Rien n'a été décidé », sourit Rigault. Compte à rebours lancé...

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3 décembre 2022

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41 commentaires

  1. Le court ou moyen terme serait-ce la fin de la domination de MLP ? Ce serait souhaitable vu son ambition jamais réalisée qui est le plus grande atout des Macron et Cie… Place aux jeunes !

  2. Une suggestion pour les départager ?
    Taquinez-les sur la question, toujours repoussée sous le tapis bien que de plus en plus vitale, du retour à un protectionnisme national actualisé !
    Ceux ou celles qui esquiveront la question ou se montreront ne serait-ce que réticents, ne seront pas ceux ou celles qui sauveront le pays.
    Mais évidemment, ne pourront répondre valablement que ceux ou celles qui « touchent leur bille » à l’échelon national global et qui auront le courage de le démontrer !
    Car sans un retour à un protectionnisme national actualisé dans le cadre d’une politique économique de dimension internationale valable, pas de salut !!!
    Et toujours aussi évidemment, si vous attendez une bonne réponse ne posez pas la question à ceux qui ont vendu Alsthom et autres broutilles…

  3. svp, arretez le cinéma il faut faire une alliance des droites, les « vraies ». tant que cela ne sera pas fait, la France ne pourra pas se relever et ce sera la fin de notre pays. une alliance et stop aux égos, il s’agit de notre nation bon dieu

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