[RAISON GARDER] Les signaux faibles de Bill Gates
Selon Igor Ansoff (1918-2002), inventeur de cette notion, le « signal faible » est une information précoce de faible intensité, annonciatrice d'une tendance qui émerge.
Détecter les signaux faibles et les interpréter correctement est vital pour qui entend mener une action sur la société. Cela lui permet, d’un côté, d’anticiper les thèmes qui demain seront « porteurs », de l’autre côté, d’éviter d’être emporté par un tsunami politique ou social qu’il n’aurait pas repéré. C’est parce que le gouvernement Macron n’a pas su détecter les signaux faibles qui existaient dès 2016 qu’en 2018, il s’est pris dans la figure le mouvement des gilets jaunes.
Or, vient d’apparaître un signal faible concernant une modification potentielle de l’attitude socialement acceptée face au « dérèglement climatique ». Ce signal faible ne provient pas d’un obscur complotiste vaticinant contre « la pensée unique » ni d’un de ces réseaux sociaux friands de « faits alternatifs ». Il provient, au contraire, de monsieur Bill Gates, dirigeant d’une des plus grosses fondations philanthropiques du monde et parangon du « politiquement correct ». Par ailleurs, ce signal faible est relayé par le quotidien Le Monde (17 novembre 2025), « moniteur de la bienséance et des idées acceptables », si l’on peut dire.
À l’occasion de la COP30, monsieur Gates a proposé ses réflexions sur le dérèglement climatique. Il ne doute pas de l’existence d’un réchauffement, non plus que de son origine humaine. Ses réflexions portent plutôt sur la manière de faire face à ce réchauffement.
Bill Gates s’intéresse à deux questions : « Le réchauffement climatique est-il forcément un mal ? » et « Que pouvons-nous faire d’efficace à son propos ? »
La réponse actuellement « officielle », « dominante », nous la connaissons : pousser des cris d’orfraie face à la catastrophe imminente, à l’effondrement prochain de la civilisation ; fustiger notre négligence, notre paresse et notre égoïsme ; nous enjoindre de retourner plus ou moins à l’âge de pierre pour éviter l’apocalypse.
Or, Bill Gates, écrit Le Monde, « commence par contester la "vision apocalyptique" d’un réchauffement qui "anéantira la civilisation" et dont "les preuves sont partout autour de nous" ». Il répond très simplement à cette doxa : « Heureusement pour nous tous, cette vision est erronée. […] Dans la plupart des régions du globe, les êtres humains pourront vivre et prospérer dans un avenir prévisible. »
Bill Gates ne propose nullement de rester inactif mais d’essayer d’avoir une vision plus réaliste. Après tout, si le Groenland tient son nom d’une époque où cette région était verdoyante et non enfouie sous la glace, c’est peut-être qu’un certain changement de climat ne va pas forcément faire disparaître la plus grande partie de l’humanité.
Notre philanthrope continue dans le même sens : « Les perspectives apocalyptiques incitent une grande partie de la communauté climatique à se concentrer excessivement sur les objectifs d’émissions à court terme, détournant ainsi les ressources des actions les plus efficaces. »
Effectivement, la tentation de ceux qui veulent agir, et qui entrevoient une certaine forme d’action en soi efficace, est de se focaliser uniquement sur cette forme d’action, laissant de côté des actions moins évidemment efficaces et qui, néanmoins, amèneraient en certains cas des résultats meilleurs. Par exemple, pour réduire les drames qui découlent des accidents de voiture, une idée simple est de rendre plus difficile l’acquisition du permis de conduire. Mais on peut aussi améliorer les conditions de sécurité des voitures. Cette voie moins évidente, puisqu’elle ne fait pas baisser en soi le nombre d’accidents, a toutefois démontré son efficacité en réduisant massivement les conséquences de ces accidents.
C’est tout le sens de la remarque de Bill Gates : « Nous devons faire des compromis afin d’obtenir le meilleur résultat possible avec des ressources limitées. » Et il ajoute : « Les fonds alloués à la lutte contre le changement climatique sont-ils utilisés à bon escient ? Je crois que la réponse est non. »
Ce qui est intéressant, c’est qu’on s’attendrait à ce que Le Monde critique vertement (c’est le cas de le dire) le multimilliardaire. Mais en fait (et cela constitue aussi un signal faible), le chroniqueur conclut ainsi : « Certains disqualifieront l’homme d’affaires […] Ils auraient tort de s’installer dans cette paresse intellectuelle. Bill Gates, qui gère sa philanthropie comme il gérait Microsoft, avec une obsession d’efficacité, suscite un tollé, mais pose une vraie question : les recettes utilisées depuis vingt ans sont-elles les bonnes ? »
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37 commentaires
pov’ Gate(ux)s il ne sait plus où trouver des crétins pour le financer…
Près de leur base en antarctique, les russes ont extrait une carotte de glace couvrant 500000 ans et ont pu déterminer par diverses analyses la température du globe et la teneur en CO2 (et en méthane) de l’atmosphére sur cette période : ils ont trouvé 4 périodes de réchauffement glaciations très semblables ; à partir d’une température minimale entre -10° et -15° par rapport à aujourdhui, en 10 à 12 mille ans, elle remonte jusqu’à la température actuelle (peut-être 1° ou 2° de plus) puis elle rebaisse en à peu près 100000 ans jusqu’à une nouvelle glaciation. La dernière glaciation date de 12000 ans, et bientôt la température de la terre. aura atteint son maximum et devrait rebaisser. La différence avec les réchauffements précédents, c’est que ce dernier a favorisé l’éclosion de civilisations en diverses régions : l’agriculture a remplacé la cueillette et l’élevage la chasse, puis l’artisanat et les villes se sont développées, des machines ont été inventées etc. tout ça dans les dernières 8000 années. Donc en considérant les choses à plus grande échelle, vive le dernier réchauffement climatique !
La Terre existe depuis 4,5 milliards d’années, l’arrivée du premier humain se situerait aux alentours de 300.000 ans.
Si on compare cela sur l’échelle d’une année de vie pour la Terre,donc née le 1er janvier à 0 heure, le premier homme est
arrivé sur Terre le…31 décembre à 23 h 54, soit 6 minutes de vie sur une échelle d’un an. Comment ne pas se trouver si présomptueux d’avoir interférer sur le climat en si peu d’existence.
Et vive le réchauffement climatique!… Moins de chauffage, cultures de fruits et légumes que nous n’aurons plus besoin d’importer, etc…
Un truc qui m’a toujours échappé, c’est que des ingénieurs météo ne sont pas capables de prévoir avec certitude, le temps qu’il fera dans 3 jours et que des militants écolos nous disent quelle température nous aurons en France, dans 50 ans. Les changements de climat font partie de l’histoire du monde. Il suffit d’être conscients que la nature aura toujours le dernier mot et que l’humain n’a pas trop droit au chapitre, dans cette histoire. Essayons juste de limiter les dégâts et de nous adapter.
Je suis tout à fait d’accord avec vous. C’est aux humains de s’adapter aux cycles de la nature avec ses ères glaciaires et de réchauffements. Bien évidemment, les dinosaures ont disparu à cause des humains et de leurs voitures « diesel »…
Bien d’accord. Mais la question n’est pas là. Pour ces petits messieurs, le réchauffement est exclusivement anthropique, et provoqué par l’homme blanc. Coupable de tous les maux de la terre et d’ailleurs. Ils se fichent du réchauffement climatique comme de leurs dernières vacances aux caraïbes ou en Thaïlande. L’objectif est de démontrer que l’homme blanc etc…..
CQFD comme disait mon prof de maths
Prenez un outil à manche long. Laissez tomber vos claviers, et, travaillez !
Moi je voudrais que les écolos nous disent quelle est la « bonne » température du globe à atteindre ou à maintenir partout pour des siècles et des siècles (amen) ? Celle du temps des Vikings ? Celle du Moyen-Âge ? Celle du Grand Siècle ? On voudrait savoir…
Ce qu’il y a d’énervant là dedans c’est que lorsque le citoyen lambda faisait remarquer depuis 20 ans que si Groenland signifie « pays vert » nommée ainsi dès avant le Xéme siècle par les Vikings qui l’ont découverte, c’est que le climat n’arrête pas d’évoluer, « on » [nos sachants] lui opposait le cri de la bête : « complotiste »…..Mais quand c’est Bill Gate….
Bill Gate….comme quoi il est possible d’espérer une éclaircie dans l’opacité d’un cerveau largement gangréné par l’appât du gain et de la notoriété.