Heureusement que notre police est républicaine et tolérante !

Le problème n’est pas qu’elle ait été lâchée par son ministre puis rattrapée par le président de la République, le Premier ministre et le secrétaire d’État , qui s’est clairement proposé pour prendre la relève de .

Le problème est que d’incohérences en contradictions, de sévérité en démagogie, d’autoritarisme en faiblesse, de lâchetés en rétractations, notre police ne peut qu’être victime d’un tournis démocratique.

Entendre l’absurdité d’un « soupçon avéré de racisme », même si elle est retirée, est dévastateur.

Inciter à des mesures inutiles sur la déontologie des policiers, à la suite d’une manifestation du 2 juin interdite mais dont les slogans haineux ont pourtant impressionné des gouvernants fluctuants, est le comble de l’aberration.

Accepter le simplisme pervers de réduire l’usage de la force légitime policière à quelques violences illégitimes commises par certains de ses membres, poursuivies sur le plan pénal ou sanctionnées par la voie disciplinaire, est non seulement injuste mais profondément déprimant pour un corps au service de la population et de la démocratie.

Ce n’est pas l’affirmation évidente que le racisme est une malfaisance et la violence illégitime une transgression grave qui va changer l’univers de la police. On aurait dû entendre, depuis longtemps, ces banalités capitales mais insérées dans une stratégie du pouvoir qui n’aurait pas, de manière syncopée, mis en évidence des données incontestables mais les auraient posées, une fois pour toutes, sur la table républicaine : soutien concret à la police dans ses missions au quotidien, difficiles et risquées, et rigueur à l’encontre de ses fautes avérées.

Le rôle de la police est d’autant plus fondamental, aujourd’hui, qu’elle est probablement la seule institution, avec une multitude de serviteurs exemplaires de l’État, à pouvoir empêcher la confrontation de deux France, leur antagonisme qui, si on n’y prend garde, deviendra mortifère. Ces deux France face à face, comme l’avait annoncé très tôt Gérard Collomb.

La colère des policiers est limitée, maîtrisée : qu’on ne les pousse pas au bout du désespoir et de l’humiliation. Nous verrions alors tout ce qu’ils nous donnent et ce que le pouvoir leur enlève.

Oui, celui-ci, aujourd’hui, ne mérite pas cette police.

Extrait de : Justice au Singulier

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