Qui ne se souvient que, dans notre beau académique, Martine fut congédiée par Philaminte pour cause de fautes d’orthographe ! Après quoi, la pauvre servante ne pouvait que se plaindre : « Me voilà bien chanceuse ! Hélas, l’on dit bien vrai :/Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage,/Et service d’autrui n’est pas un héritage. »

Dans le service d’autrui hérité, autrement dit dans le « noble » engagement politique, nous ne parlons plus aujourd’hui de Martine mais de Marine… l’amie des chats. Et la « philaminte » étymologique – celle qui « protège » ses amis de la volière élyséenne –, c’est Nathalie… Loiseau ! Et la voilà de tweeter, ce 11 mars :

Après la « mollesse » de février, voici la « fatigue » de mars…

En cause, cette fois, une prétendue assimilation de nos compatriotes ultramarins aux étrangers par la présidente du RN, lors de son passage remarqué sur , ce jeudi 11 mars. Et tous les petits nervis et porte-pistolets à eau du macronisme, en recherche de la faille, postés ce soir-là devant leur téléviseur ou leur tablette, y sont allés du tweet à invective contre la femme à abattre. , transfuge , ministre des Outre-mer, se demandant si « Madame Le Pen considère les ultramarins comme des étrangers » et faisant mine de lui donner une leçon de géographie et de citoyenneté. Gérald Darmanin évoquant, le lendemain, un « parallèle nauséabond » et l’atavisme familial des Le Pen dans la haine de l’autre : « On ne se refait pas chez les Le Pen. Une honte. » Et Stéphane Bijoux, député européen de LREM, « zoreil » réunionnais diplômé en ethnologie, retweeté par Loiseau, qui lâchait cette perle : « Les masques tombent ! […] Nous savons qui vous êtes. » Passons sur tous les autres, les Jean Garrigues du râtelier présidentiel et consorts… Bref, il faut faire de tout bois pour tenter d’allumer le feu dans la mangrove.

Évidemment, dans une obsession fautive pour se libérer du péché originel de qui l’accable et des attaques « frontales » contre lesquelles elle devrait s’être immunisée, Marine Le Pen a manqué de lucidité en voulant à tout prix dire aux Français qui l’écoutaient qu’elle n’était pas que la candidate des Blancs « souchiens », puisqu’il s’agit déjà d’une évidence. Faiblesse malvenue d’une justification inutile à l’égard du « système » au pouvoir ; elle possède une base électorale solide qui ne lui en demande pas tant pour lui maintenir ses suffrages. Et chacun a pu constater de visu, ou par le décryptage médiatique, que sa prestation – peu contrée – sur BFM TV, ce 11 mars, a amélioré sa stature de présidentiable.

On dira donc que les tweets assassins et aussitôt portés par les anguilles ou le fretin d’une Macronie tremblante et qui doute sont de bonne guerre. Mais éculés. Sans portée réelle sur une partie non négligeable de l’opinion en voie de basculement identitaire, face aux erreurs de l’exécutif, incapable de répondre significativement à la dégradation sécuritaire et sociale du pays. Encore sous le coup de sa mauvaise du 11 février dernier, lors du débat, assez pitoyable, où il a crédité la normalisation médiatique en cours du RN, Gérald Darmanin a beau hurler avec les loups, son message devient inaudible… anachronique ! La présidente du RN n’a d’ailleurs même pas relevé l’insulte.

Comme l’écrit, consterné, Tristan Berteloot dans  : « Il n’est plus un problème, en 2021, de plaisanter avec la cheffe de l’extrême droite française sur une chaîne d’information à une heure de grande écoute sur l’éventualité de son accession au pouvoir. Effrayant. » Effrayant, effrayant… ça dépend pour qui. Il est vrai qu’il est parfois difficile d’abandonner la place, surtout lorsqu’elle est bonne. Mais, comme disait la Martine de Molière : le « service d’autrui n’est pas un héritage ». Méditons cet adage !

15 mars 2021

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