Certes, il en faut, du bagout, pour aller décrocher ces fichues 500 signatures. Et certains s’y emploient parfois avec plus d’énergie que d’autres, tel Anasse Kazib, candidat revendiqué « marxiste » à l’élection présidentielle qui aurait « harcelé » Séverine Le Goff, maire de Flacourt, paisible village des Yvelines affichant 183 habitants au compteur.

Cette dernière, relayée par 78actu, site d’information local, se plaint : « Je ne voulais pas le parrainer, je me suis fait avoir. J’ai signé la promesse de parrainage pour me débarrasser d’eux. […] On m’a harcelée jusque chez moi, ça ne se fait pas. […] Toutes les semaines, ils n’arrêtaient pas de revenir à la charge pour savoir si j’avais bien renvoyé les documents. »

Du côté du candidat, on tente de modérer. 78actu rapporte les propos d’Éric Bezou, chargé de la collecte de ces signatures : « Je sais que je suis insistant. […] Malheureusement, un maire qui parraine Éric Zemmour recevra moins de reproches de ses administrés que celui qui soutiendra Anasse Kazib, parce que le premier a pignon dans les médias. rencontre de nombreux obstacles aussi, à cause de ses origines, alors que lui, il ne prêche ni la haine ni l’intolérance. Il assume sa radicalité. »

Voilà une déclaration méritant qu’on s’y arrête. Sur la question des origines, tout d’abord : Éric Zemmour et sont tous deux de souche maghrébine. Le premier peut effectivement exciper d’une indéniable aura médiatique ; mais le second aussi, puisque régulièrement invité de chaînes telles que LCI, CNews ou RT France, sans oublier sa participation récurrente aux « Grandes Gueules » de RMC ou au « Touche pas à mon poste ! » de Cyril Hanouna sur C8.

Mais, au fait, si l’on sait qui est Éric Zemmour, connaît-on véritablement Anasse Kazib ? Militant trotskiste, délégué syndical de SUD Rail, il est un temps membre du Nouveau parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot, dauphin désigné d’Alain Krivine, patron historique de la Ligue communiste révolutionnaire, la maison d’origine. Mais jugeant ce mouvement trop « droitier » – une blague, sans doute –, fait scission pour s’en aller fonder un autre groupuscule encore plus jusqu’au-boutiste : Révolution permanente. Après tout, pourquoi pas ? Aux deux bords de l’échiquier politique, les excités de tout poil sont légion.

Pour Anasse Kazib, ce sera donc la fuite en avant, épousant en même temps les tendances du moment, « révolution anticapitaliste, contre les violences sexistes et sexuelles, l’homophobie, la transphobie et l’islamophobie », tous combats hautement « inclusifs », tout en prétendant être victime d’une fort hypothétique « exclusion ». La preuve en est cette tenue en face de la Sorbonne, ce 9 février, à l’occasion de laquelle notre trublion se plaint d’être bien seul en son juste combat. Sauf qu’en la circonstance, il est tout de même accompagné d’une extrême gauche crypto-islamiste, ayant elle aussi son rond de serviette dans les dîners médiatiques, telle Assa Traoré. Un argument dont n'aura pas fait usage auprès du maire de Flacourt...

17 février 2022

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