Au Festival Off d’Avignon, trois pièces religieuses et le retour de la culture chrétienne
Elles ont toutes en commun d’être étrangères au milieu qui les attend. Du 4 au 25 juillet prochain, trois pièces de théâtre chrétiennes seront jouées devant les foules de spectateurs du festival Off d’Avignon. Cet événement culturel dédié au spectacle vivant fêtera, cette année, ses 60 ans d’existence autour des 1.780 pièces qui ponctueront l’été, dans la cité des papes.
Des pièces à rebours de l’air du temps
Vivre d’Amour, Au nom du père ou encore Saint Augustin, dialogue avec Dieu : ces pièces ont la particularité d’aborder des thèmes à rebours de l’air du temps tout en rappelant la nécessité de les remettre au cœur du débat. Paternité, filiation, transmission, vie intérieure… autant de sujets auxquels notre société « en perte de sens » n’accorde plus qu’une place marginale, comme l’évoquait Monseigneur Dominique Rey, lors de leur présentation à l’Espace Bernanos, ce mercredi.
Au cœur de la paroisse Saint-Louis d’Antin, ce centre culturel catholique consacré à l’art, à la musique, à la formation et à la spiritualité accueillait l’ancien évêque du diocèse de Fréjus-Toulon. Co-auteur, avec Serge Sarkissian, de Au nom du père ou l’Audace de la vérité, drame familial qui restitue « l’incandescence de la relation père-fils », Monseigneur Rey revenait sur ce besoin de parler de la « transmission intergénérationnelle », qu’il décrit comme « la vocation même de l’être humain ».
Une « histoire d’hommes », selon Serge Sarkissian, qui trouve un écho particulier dans un tissu social où la place de ces derniers est sans cesse remise en question et où tant de familles se déchirent.
C’est davantage à la maternité et à l’héritage spirituel que renvoie le seul-en-scène Vivre d’amour de Jade Lanza, irrigué par la correspondance de Zélie Martin et les textes de sainte Thérèse de Lisieux. De son côté, le Saint Augustin, dialogue avec Dieu, inspiré des Confessions et interprété par Brigitte Fossey, invite à redécouvrir « l’univers intérieur » de l’évêque d’Hippone à travers des textes « d’une modernité surprenante » qui « s’adressent à tous ».
« Des textes qui parlent à la pâte humaine », insiste Vianney Mallein, directeur de l’Espace Bernanos. Car si ces pièces ne sont « pas uniquement destinées aux chrétiens », le « défi » de proposer des œuvres où « Dieu apparaît en filigrane » n’est pas une mince affaire. Surtout dans un événement culturel dont l'édition In ne manque pas d'idéologie contraire.
Un « défi » dans un milieu culturel réticent
Et pour cause : « L’environnement culturel, parfois hostile, voire féroce », comme le décrit Serge Sarkissian, a perdu l’habitude de voir les questions spirituelles représentées dans la culture populaire telle qu’on la voit dans des événements comme les festivals d’Avignon où le wokisme n'a pas manqué de trouver sa place.
Encore trop souvent, le monde de la culture français et européen joue la provocation vis-à-vis des chrétiens, comme on avait tristement pu le constater à Pâques à l’occasion du spectacle blasphématoire et gore Sancta, donné à l’Opéra d’Anvers, où une messe lesbienne était notamment mise en scène. On se souvient, également, de la profanation, en avril, de la chapelle privée Sainte-Jeanne-d’Arc, à Paris, investie par le « Cirque Fier.e.s » pour des représentations inspirées du satanisme et de la culture LGBT.
Le retour d’un intérêt spirituel ?
Pourtant, cette hostilité que l’on retrouve encore parfois chez certains programmateurs semble moins répandue chez le public, de plus en plus curieux des questions spirituelles, observe Jade Lanza.
Le phénomène se constate d’ailleurs à bien des égards, en témoigne le succès des fêtes religieuses qui rythment encore le calendrier régional comme la procession de la Sanch, organisée le Vendredi saint à Perpignan, ou encore le serment d’allégeance des familles cannoises à Saint-Honorat, renouvelé tous les jeudis de l’Ascension depuis 1448.
Cannes, c’est la ville qui accueille le plus grand festival culturel au monde pendant 11 jours. Et Cannes, c’est aussi toute l’année la plus ancienne abbaye d’Occident, toujours bien vivante par sa communauté monastique cistercienne.
C’est pour la préserver, la protéger et la… pic.twitter.com/aJtaf82VB3
— David Lisnard (@davidlisnard) May 14, 2026
Les succès rencontrés, ces dernières années, par des films chrétiens et assumés comme Sound of Freedom, Vaincre ou mourir ou Sacré-Cœur participent, eux aussi, de cet engouement populaire pour les œuvres spirituelles.
Des témoignages de foi, sans doute, mais aussi, souligne-t-on à l’Espace Bernanos, « une recherche de beauté transcendante capable de toucher l’âme par la médiation artistique ».
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13 commentaires
etrange dans une ville musulmane
La cité des papes musulmane ? Pauvre France !
Rejouissons-nous de ces trois graines semées en terre et souhaitons leur de porter du fruit !
Enfin quelques artistes qui ne se revendiquent pas gauchos.
je suis en train de lire les Confessions de Saint Augustin: il n’a absolument rien de vieillot tout au contraire. La spiritualité est importante dans ce monde où l’on ose évoquer l’euthanasie (une sorte d’assassinat autorisé) et où tout repose sur du matériel.
Une bonne chose en effet, mais les gauchistes vont mettre la pagaille ça c’est sur !
On connait leur aversion de notre religion alors qu’ils sont à plat ventre devant une autre
Que cela se passe bien , je le souhaite
Enfin une bonne nouvelle au milieu de toutes les autres qui sont très peu réjouissantes.
Et peut-être le monde commence-t-il déjà à se lasser de la tromperie dont il est victime depuis si longtemps. Peut être a-t-il enfin atteint ses limites face aux futilités morales et intellectuelles qu’on lui vend depuis bien trop longtemps.
Bonnes nouvelles = Un pan occulté de notre société qui peut s’exprimer. Espérons cependant qu’il n’y ait pas d’intrusions de groupes « antifascistes » ni de banderoles dénonçant l’influence de « milliardaires réactionnaires ».
Par ces pièces la chrétienté revient dans l’ancienne cité des papes. Bizarre, non ?
Il va falloir s’attendre à des manifestations de gauchistes, wokistes, laïcards et autres énergumènes qui considèrent ce festival comme leur chasse gardée.
Incroyable.
Un vent nouveau souffle sur Avignon Le gauchisme et son corollaire, l’islamisme seraient-ils
en perte de vitesse ?
Ça nous changera un peu, quand je pense que le portugais (!) directeur du festival en profite pour faire jouer ses pièces et se permettait à la fin de faire une propagande éhontée pour la gauche , donc un abus de pouvoir tout en montant le in , de plus en plus boudé , avec ses copins,.