Qu’on aime ou pas la personne de et – ce qui est très différent – qu’on approuve ou non sa politique économique ne doit pas empêcher de se faire une idée rationnelle sur la procédure de destitution qui se termine dans quelques jours. Car son résultat peut changer la face du monde.

Or, il ne suffit pas de se demander si cette procédure va aboutir : tout le monde sait que ce ne sera pas le cas, la majorité républicaine du Sénat faisant bloc derrière le président. Il convient aussi et surtout de se demander quelle impression générale subsistera dans l’esprit des électeurs et des grands électeurs lors de l’élection présidentielle du 3 novembre.

Or, les faits et arguments exposés par les avocats du président sont ravageurs pour le clan Biden, dont la thèse est en grande partie fondée sur la rumeur et la « speculation », comme on dit en droit américain. C’est-à-dire irrecevable. La dernière rumeur alimentée par le New York Times – qui est depuis l’origine déchaîné contre le président – est que dans le livre de souvenirs, à paraître en mars, de John Bolton (un ex-conseiller disgracié, proche du président), il serait évoqué le fait que Donald Trump aurait conditionné l’aide militaire américaine à l’Ukraine à l’obtention d’informations sur l’immixtion de (alors vice-président des ) dans le cours de la Justice ukrainienne. Celui-ci ayant réussi à faire écarter le procureur qui enquêtait sur la corruption de la firme pétrolière ukrainienne employant son fils, Hunter Biden. Or, le père Biden était, comme deuxième personnage de la première puissance mondiale, en charge du dossier ukrainien… Ainsi, l’arroseur pourrait bien se trouver être l’arrosé : l’opinion découvre que Joe Biden avait utilisé ses hautes fonctions pour faire obtenir à son fils (toxicomane notoire) un emploi fictif, touchant des millions de dollars dans une entreprise gazière (Burisma) suspectée d’être corrompue et corruptrice. Un conflit d’intérêts ; contre quelle compensation politique ?

Virulents, les avocats de Donald Trump ont plaidé, ce lundi 27, que Donald Trump était juridiquement irréprochable quand il s’est enquis de la corruption des Biden en Ukraine. Les avocats de l’accusation qui ont déjà plaidé en sont réduits à faire les couloirs avec les journalistes et (comme Adam Schiff) à tenter de détourner l’attention en se demandant simplement pourquoi Donald Trump a attendu que Joe Biden soit candidat pour appeler le jeune président ukrainien. C’est bien pâle face à la tache qui s’agrandit sur la réputation des Biden. Dès lors, l’ultime argument du parti de Trump devient plus fort et plus évident : la procédure de destitution est une « arme thermonucléaire » bien trop dangereuse en l’absence de « crime » au sens de ce terme en droit pénal (ce qui est requis pour une destitution : Clinton, lui, avait menti sous serment).

Une question de procédure demeure : faut-il rouvrir les débats pour entendre comme ultime témoin John Bolton ? Trois ou quatre sénateurs républicains y seraient favorables. Cela suffira t-il ? Réponse ce vendredi. In fine, il sera surtout intéressant de savoir si certains sénateurs démocrates refuseront (comme certains représentants démocrates à la Chambre) de voter la destitution.

La présidente démocrate de la Chambre, , tellement frustrée de la défaite d’, aura alors bien aidé la réélection de Donald Trump car Biden baisse déjà dans les sondages et les autres candidats démocrates à l’investiture (Sanders et Warren), trop à gauche, ne feront pas le plein des voix démocrates. Le second mandat Trump, libéré, chamboulera toutes les données du mondialisme, de la géopolitique et de l’interventionnisme américain qui pèsent sur la planète depuis 75 ans. Sans oublier la grande leçon de transparence, de démocratie et de droit dont la France devrait bien tirer quelques leçons. Quant à la pensée unique française, elle aura vécu.

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