Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié, ce lundi 12 juin, le dernier rapport de l'Indice des normes sociales de genre (GSNI). Et le résultat n’est pas bon : en dix ans, les préjugés sexistes ne se sont pas améliorés à travers le monde. Le communiqué de presse des Nations unies titre : « Une décennie de stagnation : de nouvelles données du PNUD montrent que les préjugés sexistes sont toujours bien enracinés. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 90 % des personnes, hommes et femmes confondus, nourrissent au moins un préjugé contre les femmes. La part des chefs d’État ou de gouvernement qui sont des femmes « est restée autour de 10 % dans le monde depuis 1995 » - on notera, au passage, que les deux femmes qui se sont présentées pour diriger en France et en Italie n’ont pas spécialement été soutenues par les mouvements féministes, mais passons. « Aujourd’hui, plus d’un quart de la population mondiale trouve justifiable qu’un homme batte sa femme », poursuit le rapport, qui note encore que « les femmes consacrent plus de temps que les hommes (jusqu’à six fois plus) aux tâches domestiques et aux soins ». Les pourcentages alarmants s’enchaînent : 26 % des femmes de plus de 15 ans ont déjà été victimes de violences conjugales. Seuls 27 % des sondés estiment qu’il est essentiel pour la démocratie que les femmes aient les mêmes droits que les hommes. La conclusion du rapport est claire : on ne peut célébrer « aucune amélioration des préjugés à l'encontre des femmes en une décennie ».

Face à ces chiffres alarmants, le GSNI fait part de son étonnement : des campagnes pour le droit des femmes ont été mises en place, comme Me Too, Ni Una Menos, Time’s Up, ou encore Un Violador en Tu Camino. Des quotas ont été imposés, comme cette loi promulguée par le Parlement européen en 2022 « exigeant que 40 % des administrateurs non exécutifs soient des femmes ». Est-il possible qu’avec une bonne volonté aussi manifeste, on ne récolte aucun fruit ?

En réalité, il semblerait que ces lanceurs d’alerte fassent une nouvelle fois preuve de schizophrénie. Se battre pour les droits des femmes est en effet tout à fait noble, mais comment s’y retrouver lorsque, deux jours seulement avant la publication de ce rapport alarmiste, le même organisme publie sur Twitter un message en faveur des droits de l'homme illustré par... la représentation d’une femme voilée ?

Les journaux français relaient en chœur cette problématique qui leur importe, mais comment les prendre au sérieux lorsque, quelques jours auparavant, BFM TV donne la parole à la belle-mère du footballeur Mohamed Haouas, jugé pour avoir violenté sa femme. Celle-ci déclare, face à la caméra, que « quelqu’un, quand il est nerveux, c’est normal, même moi, mon mari s’il est nerveux, il peut me gifler. Tout le monde peut recevoir ça... mais c’est comme ça ! » BFM TV relève succinctement que « la mère d’Imane Haouas ne semble pas prendre la mesure de la gravité des faits ». Le coupable écope, lui, d’un an de prison seulement avec, bien sûr, un bracelet électronique pour purger sa peine aménagée.

Dans ces conditions, les rapports sur les préjugés sexistes peuvent bien se multiplier : tant que l’ONU, l’Europe et la France refuseront de condamner de manière extrêmement ferme ceux qui se rendent coupables d’atteintes aux droits des femmes, les préjugés ne se contenteront plus de stagner, ils s’amplifieront.

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12 juin 2023 à 20:57

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17 commentaires

  1. Dans la mesure où le « non binaire » est l’avenir ,il n’y a pas d’importance à savoir si » l’inapte à la politique » est un homme ou une femme . Hommes ou femmes on autant de bons ou mauvais résultats ,donc sélectionons les meilleurs humains .

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