Editoriaux - Politique - 13 mai 2019

Pour tous ceux qui pensent que Nicolas Sarkozy va soutenir la liste Bellamy…

Sa décision est sans appel : lors d’un discours prononcé le dimanche 20 novembre 2016, le soir de sa défaite à la primaire, Nicolas Sarkozy annonçait se retirer de la vie politique française, comme il l’avait déjà dit… en 2012.

Mais à supposer qu’il ait dit vrai, et connaissant son attachement à sa famille politique, au rassemblement de celle-ci et à la loyauté dont chacun de ses membres devrait logiquement faire preuve, je livre à votre jugement des faits et des propos relevés par la presse qui peuvent jeter le trouble chez les militants Les Républicains, même les plus aguerris.

Et ceci, d’autant plus qu’il a donné récemment au PPE (Parti populaire européen) une petite leçon sur la nécessité du rassemblement et du sens du compromis (Paris Match du 23 mars 2019) : « Nicolas Sarkozy a pris à Budapest la défense de son “ami” Viktor Orbán et plaidé pour le “rassemblement” et le “compromis” au sein de l’Union européenne, alors que le Fidesz, parti du Premier ministre hongrois, a été suspendu mercredi par le PPE. »

Le premier coup de tonnerre, au-dessus d’une droite encore groggy par la victoire de Macron à l’élection présidentielle, est venu du nuage noir qui avait déjà mis Fillon à terre, en l’occurrence Le Canard enchaîné (7 juin 2017) : « “Avec l’âge, je suis devenu modeste. Macron, c’est moi en mieux !”, aurait confié en privé Nicolas Sarkozy. Une boutade qui montre, outre la haute estime de lui-même de l’ancien Président, que ce dernier est épaté par les premières semaines du quinquennat d’Emmanuel Macron. »

Voilà de quoi installer, a minima, le trouble dans la tête des militants !

Juillet 2017 : le supplice chinois continue pour la grande majorité des adhérents Les Républicains, avec l’info qui transpire dans les médias et selon laquelle le couple Sarkozy est reçu par le couple Macron à l’Élysée. Peu importe la raison de ce dîner (il ne sera pas le dernier… et une intimité va s’installer entre les deux hommes), l’image qui va en rester est un début de connivence entre les deux hommes.

Je passe volontairement sur les apparitions publiques des deux présidents de la République française dans des cérémonies officielles, telles que celle du 14 juillet 2017 pour commémorer, à Nice, l’attentat survenu un an plus tôt, ou encore celle pour rendre hommage à Charles Aznavour, le 5 octobre 2018. Seule celle du plateau des Glières, du 29 mars dernier, appelle un commentaire. Si les militants sont tout à fait capables de comprendre la tradition républicaine qui veut qu’un ancien président de la République soit invité dans une cérémonie officielle et que la politesse explique l’acceptation de cette invitation, ils comprennent moins facilement la proximité affichée des deux hommes.

Pour clôturer cette belle fresque qui rend compte de la porosité entre le clan Sarkozy et le clan Macron et en terminer avec le supplice chinois, je vous livre un extrait de l’article « Macron et Sarkozy, les dessous d’une étrange amitié » paru dans Vanity Fair, le 26 mars dernier : « Si Gérald Darmanin a rejoint le gouvernement d’Édouard Philippe, c’est aussi parce que son mentor lui a donné sa bénédic­tion. “Si tu n’y vas pas, je ne te parle plus”, lui avait-il assené. »

Je ne m’attarde pas sur la tentative avortée de placer le duo Frédéric Péchenard (directeur général de la police sous sa présidence) et Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, pour succéder à Gérard Colomb…

À lire aussi

Macron vs. Le Pen : un leurre qui masque la montée d’une droite Wauquiez

Ne nous laissons pas enfermer dans le vote utile, qui n'est utile que pour des considérati…