Pour Monique Barbut, le héros de la cause climatique, c’est Jean-Luc Mélenchon !

Après les climatiseurs, la ministre de la Transition écologique poursuit en beauté sa série de polémiques estivales.
Capture d'écran CNews
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À quoi joue donc Monique Barbut ? « Je dois reconnaître que Jean-Luc Mélenchon, qui n’est pourtant pas ma tasse de thé, est celui qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales », a déclaré le ministre de la Transition écologique, répondant aux questions de Libération.

Manuel Bompard s’enflamme… un peu vite

Comme souvent avec elle, les réactions enflammées n’ont évidemment pas tardé. Et elles sont enthousiastes, chez LFI, on s’en doute. Faute de tasse de thé, Manuel Bompard boit tout de même du petit-lait. « Si même les macronistes le disent… », se réjouit-il, confirmant que le programme du candidat insoumis est « le plus sérieux face à l’urgence climatique et environnementale ». Et sur sa lancée, le voilà qui adresse à Monique Barbut un carton d’invitation en bonne et due forme pour débattre lors des journées d’été de LFI, qui se tiendront à partir du 20 août à Valence.

Sur un malentendu, ça peut peut-être le faire… mais en fait, non : le ministre a flairé le danger et ne veut pas d’un nuage de lait insoumis dans son thé d’extrême centre. A-t-elle reçu un SMS affolé de Matignon ou de l’Élysée, la priant de ne pas ajouter le scandale à la provocation ? Quoi qu’il en soit, « Madame Transat » rétropédale alors un tantinet : « Certains veulent me faire dire ce que je n’ai pas dit. Non, je n’ai pas encensé le programme de Jean-Luc Mélenchon, avec lequel j’ai de profonds désaccords. Et non, je n’irai pas à ses universités d’été. »

« Écologie ou gauchisme, il faut choisir ! »

Fin du sketch, donc, mais pas pour autant des polémiques. Après les amitiés gênantes à gauche, voici venir le tintamarre des critiques en provenance des droites.

Et même les quolibets surgis du centre, avec François de Rugy. « Écologie ou gauchisme, il faut choisir ! », lui lance-t-il, l’invitant à la lecture de l’ouvrage éponyme qu’il avait publié, en 2015, aux Éditions L'Archipel. Adressant un missile à « l’écologie de la décroissance promue par Jean-Luc Mélenchon au mépris de la démocratie et des libertés », l’ancien ministre s’étonne : « Si j’avais pensé, un jour, que cela pourrait concerner une ministre de l’écologie nommée dans un gouvernement du bloc central »… Aahh… le centre n’est plus ce qu’il était, mon bon monsieur…

Chez LR, c’est la sénatrice Valérie Boyer qui est montée la première au front, consternée que « Monique Barbut adoube Mélenchon pour ses vertus écologistes ». Côté RN, on fustige « l’inutile et fantomatique ministre Monique Barbut en sous-marin de LFI au sein du gouvernement. Qu’en pensent les ministres LR-macronisés solidaires de ce naufrage ? », interroge Sébastien Chenu, le vice-président de l’Assemblée nationale. Et pour l’UDR Éric Ciotti, « le schéma se précise […]  les macronistes soutiendront Mélenchon. Et comme les wauquiezistes soutiennent Macron, tout ce petit monde sans conviction se retrouvera derrière celui qui incarne pourtant la pire menace pour notre nation. » Scénario catastrophe qui renforce sa conviction de la nécessité de « l’union des droites dès le premier tour ».

À quelques semaines d’une rentrée politique qui s’annonce rythmée - campagne présidentielle oblige -, les arrière-pensées stratégiques, on le voit, ne sont jamais loin. Monique Barbut en est-elle totalement dénuée, lorsqu’elle choisit le gauchiste Libé pour envoyer un bouquet de fleurs à Jean-Luc Mélenchon ? Son rétropédalage montre en tout cas qu’elle n’avait nullement l’intention de rejoindre la caravane de campagne du candidat LFI. Ce dernier, en revanche, a d’évidentes vues sur l’électorat écologiste, indispensable s’il veut espérer un second tour en avril prochain. Et un petit tour dans son programme présidentiel, plus précisément au chapitre 12, intitulé « Planification écologique », suffit à le confirmer.

À la pêche au Vert

On y trouve pas moins de 30 propositions dont la plupart sont à l’évidence « Tondelier-compatibles ». Quand le candidat Mélenchon propose, par exemple, d’« inscrire dans la Constitution le principe de la "règle verte" (ne pas prélever davantage à la nature que ce qu’elle est en état de reconstituer) » et d’instaurer « une planification écologique et démocratique » dans le cadre de laquelle seront relevées « les ambitions climatiques : baisse de 65 % des émissions de GES en 2030 (au lieu de 50 %) », le tout avec un arsenal punitif pour lequel LFI et Les Écologistes partagent la même forte appétence, on voit bien où veut en venir le gourou insoumis.

Jean-Luc Mélenchon est-il pour autant un écologiste dans l’âme ? Autant Monique Barbut, si elle est la plus visible de la partie émergée de l'écologisme infiltré dans l'appareil d'État, donne l’impression d'adhérer à la religion écolo, autant le candidat LFI confirme être avant toute chose à la pêche aux voix. « Monique Barbut semble avoir pris un gros coup de chaud. Il faut la protéger », s’exclame notre consœur Géraldine Woessner, sur son compte X. « Comment le programme de Jean-Luc Mélenchon peut-il être qualifié "d'intégrer le plus la question du climat" », s’interroge-t-elle, passant en revue le best of des positions « éco-insoumises » et de leurs conséquences.

Une fois encore, quelques semaines après la mauvaise blague anti-climatisation, le ministre de la Transition écologique aura donc régalé la galerie, et ce, d’autant plus qu’à nouveau, sa touchante foi verte, couplée à un sens politique qui n’est même pas « en voie de développement », a le don de déclencher les polémiques. On en sourirait presque de bon cœur si le sujet n’était pas si sérieux. Il est en effet peu probable que sa volonté d'utiliser l'épargne des Français pour financer la « transition écologique » fasse s'écrouler de rire la France entière.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 20/08/2026 à 23:05.

Vos commentaires

125 commentaires

  1. Madame Barbut est l’illustration parfaite que, enfin, les femmes sont devenues les égales des hommes. En effet si l’on se réfère à Françoise Giroud, éminente journaliste fondatrice de l’Express qui s’y connaissait car ayant été secrétaire d’État à la condition de la femme : « La femme sera réellement l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on nommera une femme incompétente… » C’est fait, merci madame Barbut.

    • Surtout quand c’est payé par les Français qui n’ont pas les moyens de faire du transat en vacances , par les gens qui payent des impôts , toujours plus, car ils les ont augmenté , je l’ai vu quand j ‘ai fait ma déclaration, j’ai eu moins de revenus et pourtant je paye plus, cherchez l’erreur !

  2. La question, c’est comment peut-on nommer aux responsabilités des gens aussi incapables ?
    Cette femme comme une grande partie de la Macronie sont des gens hors sol, qui sont sur une autre planète, la planète bêtises, elle commence d’ailleurs à être surpeuplée

  3. Je lui conseil puisque c’est une écolo gaucho de prendre un balai et d’aller balayer les trottoirs sa vraie place

  4. Melanchon héros de l’écologie alors qu’il promeut l’arrivée massive de migrants , ce qui impacte fortement notre taux de CO2. Allez comprendre.

    • Vous avez entièrement raison, la venue massive de migrants ne va pas arranger notre empreinte carbone même s’ils ne viennent pas par avion, mais ça ils sont incapables de comprendre, vu leur idéologie bornée, pas compris que nous Français , n’en voulons pas , n’en voulons plus

  5. Un nouvel exemple qui tend à confirmer la description que JM Le Pen faisait des écologistes : verts dehors et rouges dedans.

  6. Ce qu’il faut d’urgence à la France, c’est la transition….politique ! pour cela, il faut un réveil brutal de la population……Française !!

  7. Ce n’est plus à elle de présenter sa démission..c’est au gouvernement de la fiche dehors !

  8. Démissionnaire suite à la « mauvaise blague » sur la climatisation mais démission refusée par le Chef d’Etat, Monique Barbut est l’exemple type du » Tout-en-Même-temps » du Macronisme. Notre Président E.Macron, socialiste bon teint, reste un socialiste dans l’âme.

  9. Elle a apparemment quitté son transat pour nous dire ça bah en fait elle aurait du y rester ou au mieux partir de ce ministère, elle a l’âge requis pour la retraite
    D’ailleurs vous remarquerez que tous ces politiques dépassent allègrement les 69 ans, et pourtant ne sont pas obligés d’arrêter (hélas) , et comme quoi la politique ce n’est pas fatiguant !
    Demandez à un ouvrier du bâtiment, aux soignants, s’ils veulent aller jusqu’à 69 ans !!!
    Sinon oser vouloir taper dans l’épargne des Français très conséquente, ils en rêvent, matin midi et soir apparemment
    A savoir que les logements sociaux (dont sont exclus les Français d’ailleurs) sont financés par les livrets A et LDD , alors pour ses « délires écologiques », non merci
    Qu’ils arrêtent d’aider le monde entier avec NOTRE ARGENT , le métro à Abidjan, une honte !

  10. Mme barbu a tort. Mr Mélenchon et ses soutiens, n’intègrent pas davantage que Zemmour ou Bardella le climat dans ses propositions.
    Au contraire l’angoisse climatique est la priorité des électeurs d’extrême droite.

    • La priorité des électeurs d’extrême droite (qui n’existe pas en France, pour un gouvernement d’extrême droite allez voir Alger), ça serait plutôt l’angoisse sécuritaire…

  11. Pourquoi tant d’étonnement ? On sait bien que les macronistes rallieront Mélenchon si celui-ci est au 2e tour, tout comme les socialistes.
    L’enjeu est sur le 1er tour

  12. Il y a une multitude de ministères qu’il faut supprimer , car ils ne servent strictement a rien ,sinon a placer les copains des copains . Il y a déjà des sérieuses économies a faire dans ce gouvernement .

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