D’après Jean-Pierre Filiu, professeur à l’Institut des sciences politiques de Paris – un spécialiste de l’islam contemporain –, Daesh est une secte dont « le discours totalitaire ne peut prendre que chez ceux qui n’ont aucune culture musulmane ». C’est ce qui expliquerait la présence de nombreux convertis dans les rangs de l’État islamique… Par exemple !

Il n’y a d’ailleurs « plus aucun profil type du djihadiste » mais une « juxtaposition de différentes catégories » qui touche partout et tout le monde : « les familles athées, catholiques, musulmanes, désunies, unies, insérées ou désocialisées, de banlieue ou de province ».

De quoi développer la paranoïa dans tous les foyers de et de Navarre.

Un rapport publié par le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam emboîte le pas aux réflexions tenues par M. Filiu, mais dresse néanmoins un portrait-robot du djihadiste. Il serait issu dans 67 % des cas d’une famille appartenant à la classe moyenne, athée, et souffrirait de dépression ; et vient, dans respectivement 16 et 17 % des cas, des milieux populaires et supérieurs. Autrement dit, culture ou pas culture, éducation ou non, rien ne change la donne : tout le monde peut s’en aller faire le djihad en Syrie.

Enfin, pas exactement. Car le rapport souligne « la forte représentation des milieux enseignants et éducatifs ». Des milieux, comme chacun le sait, particulièrement ancrés à droite… Mais si le CPDSI souligne ce constat, c’est moins pour incriminer d’éventuelles défaillances éducatives de la part de ces infortunés parents que pour féliciter l’attention supérieure qu’ils portent à leurs enfants… parce qu’ils contactent plus facilement que les autres le centre en question !

Ensuite, les candidats au djihad sont surtout des jeunes entre 15 et 21 ans. Et seulement 5 % d’entre eux ont commis des actes de délinquance. La preuve par Maxime Hauchard, gentil comme tout. En revanche, ils sont 40 % à avoir connu des épisodes dépressifs, d’où la conclusion du rapport que l’hypersensibilité et le questionnement du sens de la vie sont des facteurs facilitant l’endoctrinement. En somme, derrière tout adolescent au grand cœur et philosophe en herbe se cache un méchant terroriste. C’est gai !

Le clou des conclusions rendue par le CPDSI rejoint et même dépasse les arguties du professeur de Sciences Politiques : 80 % des familles ayant contacté le centre se déclarent athées ; seules 10 % comportent un parent immigré, et 91 % du recrutement se ferait par Internet. La mosquée, dernier rempart contre le terrorisme djihadiste ? Thomas en témoigne, qui vient d’être sauvé in extremis des griffes des recruteurs via Internet, par des fidèles de sa mosquée.

Ce que confirme, en quelque sorte, Dounia Bouzar, catégorique : 70 % des 160 familles qui l’ont appelée « sont ce que le FN appellerait des “Français de souche”, les autres 30 % sont des familles chrétiennes, catholiques et juives ». Le “Français de souche” n’a décidément pas la cote… Mais qui sont tous les autres qui n’ont pas appelé le CPDSI ?

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