[POINT DE VUE] Gardons-nous d’une gaullolâtrie effrénée !
J'avoue ne pas partager la gaullolâtrie qui se répand un peu partout, à l'approche des élections présidentielles, y compris, parfois, au Rassemblement national. Certes, si on le compare à Macron, le général de Gaulle ne peine guère à apparaître comme un grand personnage. De là à en faire un homme d'État qu'il faudrait à tout prix chercher à prendre pour modèle, il y a un pas que je ne franchirai pas.
On ne saurait oublier le rôle primordial qu'il a joué dans la Résistance ni lui ôter et ne pas admirer, contrairement à la politique actuelle, sa volonté de défendre la souveraineté et de sauvegarder l'indépendance de la France, même si s'est formée autour de son action une légende qu'il conviendrait sans doute de nuancer. Le rôle qu'il a donné au Parti communiste à la Libération peut être notamment discuté, car il a donné la main, dans de nombreux secteurs, à un parti qui a longtemps suivi les errements staliniens.
Lorsqu'il est revenu au pouvoir et a fondé la Cinquième République, la liberté d'expression, bien que l'article 4 de la Constitution précisât que « la loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la nation », était fortement encadrée : l'État contrôlait étroitement l'audiovisuel, et la presse écrite, théoriquement pluraliste, était fortement soumise à des pressions politiques, voire à la censure. Quant à la Cour de sûreté de l'État, juridiction d'exception créée par une ordonnance du 2 janvier 1959, on ne peut pas dire que ce fut un modèle de justice.
Son cynisme dans la question algérienne
Ce qui, me semble-t-il, est le plus critiquable dans l'action du général de Gaulle, c'est la façon dont il a largué l'Algérie. Faut-il rappeler les conditions de son retour au pouvoir ou le discours qu'il prononça à Alger, le 4 juin 1958, depuis le balcon du Gouvernement général ? La fameuse formule « Je vous ai compris », qui suscita l'enthousiasme de la foule réunie sur la place du Forum, se révéla rapidement comme une manœuvre de dissimulation, d'un cynisme rarement égalé.
Faut-il parler de la crise qu'il provoqua dans l'armée et chez de nombreux officiers qui, jusque-là loyaux envers tous les gouvernements, se sentirent trahis dans ce qu'ils avaient de plus cher : le sens de l'honneur et la fidélité à la parole donnée ? Faut-il parler du massacre de la rue d'Isly, dont les causes réelles n'ont jamais été véritablement éclaircies ? Faut-il parler de l'exécution de Jean Bastien-Thiry, à qui de Gaulle refusa la grâce ?
Faut-il oublier les accords d'Évian, que le FLN ne respecta pas et que l'État ne fit pas respecter, l'exode de plusieurs centaines de milliers de pieds-noirs sommés de choisir entre « la valise et le cercueil », les massacres d'Oran, l'abandon des harkis que l'État ne voulut pas protéger en Algérie et qui furent parqués, avec leurs familles, dans des camps quand ils eurent la chance – souvent grâce à des officiers français – de se réfugier en métropole ?
On peut comprendre que de Gaulle reste le symbole d'une France indépendante vis-à-vis des grandes puissances ou de l'Europe, et qu'on se réfère à son exemple dans ce domaine. Mais permettez-moi de douter qu'il soit exemplaire dans toute son action et qu'il faille le vénérer, voire l'idolâtrer sans réserves, comme le modèle idéal de l'homme d'État.
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158 commentaires
Ces critiques sont justifiées mais il demeure la meilleure référence politique de notre pays.
La référence n’est qu(illusoire!
Vous préférez probablement la référence de l’un de ceux qui lui ont succédé (Pompidou mis à part) ?
Parce qu’il a fait lui-même sa promotion ! Il a été un meilleur administrateur que militaire.
Fallait-il qu’il soit grand pour que le vulgum pecus au service du capitalisme exclusivement financier continue à le vilipender plus d’un demi-siècle plus tard.
Mais que ses « contradicteurs » et ses critiques, pour ne pas dire plus, se rassurent : il ne reviendra pas, et les restes actuels de la France ne trouveront plus personne qui puisse prendre sa relève.
Ils peuvent donc continuer sereinement à témoigner de toutes les qualités, vertus et compétences qui ont conduis la France là où elle en est.
Je n’ai jamais aimé de Gaulle, son rôle est surévalué pendant la deuxième guerre mondiale, Churchill et Roosevelt seraient d’accord avec moi et le traitaient entre eux de grand benet (fait historique). Si on rajoute à cela qu’il a donné l’Algérie alors que c’était un pays construit de toute pièce par la France et qu’on a gagné la guerre d’Algérie, c’est une honte. On peut aussi parler de la 5 ème république qui est on ne peut plus imparfaite et qui a permis des autocraties en France. Quand on fait les comptes puisqu’il y a encore beaucoup de sujet à aborder le concernant, l’idolâtrie pour ce monsieur est un aberration souvent lié à l’ignorance…
« Informes toi camarade ». C’est ce que me disaient les Cocos qui voulaient me vendre leur feuille de choux à la Fac. Et que j’ai effectivement fait.
Les faits que j’ai présenté sont vérifiés et vérifiables. Les cocos quand à eux ne savent jamais compter surtout quand il s’agit des morts des régimes communistes!
Ah ! Enfin quelqu’un pour démystifier ce faux grand-homme! Sa « certaine idée de la France » n’était pas la France. de sorte qu’honorer à coups de boulevards/d’avenues/ de places publiques le colonel Degaulle est un très mauvais signe des temps, peut-être parce qu’ une erreur non combattue, prend la place d’une vérité
Arguments avancés pour le moins discutables… comme si De Gaulle avait personnellement géré la rue d’Isly. Mettre une section de tirailleurs algériens pour assurer le maintien de l’ordre, ce d’autant que nombres d’entre eux étaient acquis
au FLN… entre autres.
Le lieutenant chef de section s’est suicidé plus tard.
Que fallait il faire en Algérie, personne n’est capable de le dire.
protéger la sortie des pied-noir… jusqu’au dernier. Et les harkis aussi ! Cette débâcle fût une honte; et un massacre au passage !
Oui, c’est une honte et d’avoir fait tuer des milliers d’appelés sous les drapeaux pour rien
Vous m’obligez à radoter : « Même Mendès n’aurait pas fait ça » (Phrase de mon grand père (croix de guerre 14-18) qui n’était pas socialiste pour un sou.
Vous ignorez, semble t il la règle d’or du « management » du personnage.
Ne rien faire. Tout faire faire. Ne rien laisser faire.
9a ne laisse pas beaucoup de place à l’improvisation. Non ?
On peut discuter sur ce qu’il fallait faire. Mais nous vous disons aussi ce qu’il fallait éviter de faire. Eviter une débâcle honteuse et le déshonneur.
Nul n’est prophète en son pays. Le masochisme à la française va jusqu’à démolir un homme admiré et respecté dans le monde entier, à une époque où la France était un grand pays.
blanc, noir…. toutes les médailles ont deux faces !
Merci pour cette Degaullisation nécessaire c’est incroyable que des généraux comme De Gaulle et Napoléon ont pu se créer de telles légendes encore adulés aujourd’hui En plus ça s’accompagne d’une contre légende détestable pour Louis XVI qui a su créer la monarchie constitutionnelle avant que la Terreur d’Etat ne casse la destinée de la France Pour Napoléon je retiens ses cuisantes défaites de Trafalgar Espagne Russie et son culot de revenir pour Waterloo L’assassinat de Duc d’Enghien en bon usurpateur Le rétablissement de l’esclavage Pour De Gaulle l’élimination du général Giraud et des pétainistes récupérables comme Mitterrand qu’il a poussé à s’allier aux communistes après l’avoir fait lui même avec Staline pendant que Adénauer et les Américains grâciaent les nantis des 1953 ! Napoléon a bradé l’immense Louisane Lui l’Algerie atrocement Créant un régime présidentiel totalitaire où se lovent des médiocres tel Macron bradant la France Après l’attentat de Cadoudal Napoléon s’est sacré empereur Après celui de Bastien Thiry De Gaulle se fait élire au suffrage universel direct Bravo les dictateurs pour rebondir sur leurs opposants choqués par les massacres des Vendéens et le deuil de la monarchie et pour De Gaulle les massacres des Européens et Harkis d’Algerie et la trahison de l’armée !
Merci, monsieur Kerlouan, pour votre article, juste et honnête.
Sidérant. Apparemment personne n’a vu dans ce film combien la marge de manoeuvre du grand politique qu’était Churchill était étroite. Et c’est vrai pour tous et tout le temps. Personne non plus n’a l’honnêteté de voir qu’en 58, l’Algérie « c’était cuit ». C’est pour rien que le général qui a maté les émeutes de Sétif avait averti les pouvoir civil « Je vous donne 10 ans de répit ». Qu’est ce que les politicards (du même niveau que les nôtres aujourd’hui) ont fait ? Et toujours aujourd’hui, ne trouvez vous pas que nous avons assez d’ennuis avec l’Algérie indépendante pour ne regretter qu’elle ne soit pas française ? J’avais assez d’amis fils de pieds noirs pour saisir leur peine et la partager mais aussi pour voir que ni eux ni leurs parents n’étaient prêts aux concessions correspondantes. Il n’en reste pas moins que la quasi totalité des Français ne souhaitait pas que leurs enfants aillent risquer leur peau dans un pays qui n’était pas le leur. Alors oui, il y a eu les Harkis… auxquels les gars du FLN avaient garanti d’être amnistiés. Sommes nous responsables de toute la perversité du monde ? Devons nous regretter que des gens de cet acabit partagent notre nationalité ? Laissez plutôt De Gaulle (et Messmer) à leur place, celle de grands Français.
Amen !
En 58, c’était loin d’être cuit ! et pourquoi a-t-il dit en juin 1958 : moi vivant le drapeau FLN ne flottera jamais sur l’Algérie. Et si vraiment il fallait partir ça n’aurait jamais dû se passer comme ça !
Je ne reviendrai pas sur l’Algérie. Le « grand homme » était surtout un homme du passé. En 39, il présente son unité blindée à des officiels : casque des chars, veste de cuir MAIS chemise blanche, cravate ET gants blancs.
On me rétorquera « tradition », mais certaines sont bonnes à être remisées au chapitre souvenirs pour laisser place à l’efficacité; tel le pantalon rouge de 1914, en réalité couleur fabriquée par l’industrie chimique allemande.
Sa Constitution de 58 met un président de la République « chef des Armées » sauf qu’avec la suspension du Service National, plus aucun président n’aura à l’avenir une idée du fonctionnement des Armées, de la défense du Pays. Cela se résumera à des discours et des parades; nous élisons de vrais rois.
« C’est moi le chef » a dit l’autre et le général s’effaça lamentablement. La parole de ceux qui ont défendu la France résonne dans le vide. Qui se souvient de Kadhafi plantant sa tente devant l’Elysée en 2007 et Bachar Al Assad au 14 juillet en 2008?
Désolé ce sont les mitrailleuses qui étaient de fabrication allemande et face à elles, si l’on vous commande de charger à la baïonnette que votre pantalon soit rouge ou kaki…
Désolé, le « garance » des pantalons était fabriqué en Allemagne. Vérifiez!
Votre « culture » militaire est impressionnante.
Face à des mitrailleuses, on ne charge pas à la baïonnette. Et le camouflage, jamais entendu parler?
Entièrement d’accord. Je m’aperçois que pour justifier cet accord, j’allais vous paraphraser ! On peut aussi lui reprocher d’avoir abandonné la culture aux mains de la gauche.
Ce fut incroyable en effet.
Je constate que BV est digne d’un journal d’extrême gauche et de la droite bienpensante quand il laisse s’exprimer des pseudo journalistes qui produisent des articles polémiques uniquement pour vendre leurs livres. Je découvre que certains lecteurs de BV sont les mêmes contempteurs de la France et de ses héros que les lecteurs de ces journaux d’extrême gauche et de la droite bienpensante. Cela signifie que BV n’est que le reflet éternel du parisianisme mortifère qui pollue la France depuis bien trop longtemps. De Gaulle avait raison de les mépriser.
En premier lieu, des gens bien informés m’ont garanti que le maire de St Denis n’est pas abonné à BV. On ne peut nier que certains lecteurs de BV ont une vision plutôt étriquée de la politique. Peut-être ont-ils souffert de décisions qui ont dû être prises mais si « la critique est aisée l’art est difficile ». Et là justement, laissez toute sa place à BV. Sans lui et ses excellents journalistes, il manquerait une (grosse) patte à notre info.
Il y à des qualités que De Gaulle avait mais que les autres n’avaient pas.La fermeté,le courage,l’intrangisance,et la capacité de prendre les décisions les plus impopulaires.C’est pour ces uniques raisons aujourd’hui disparues que. nous sombrons dans les abimes
Ce qui est critiquable n’est pas qu’il ait abandonné l’Algérie, c’était inéluctable, mais la manière dont il l’a fait. Lui, le catho qui allait régulièrement se confesser et communier le dimanche à la messe, a laissé, froidement, en toute connaissance de cause, livrer aux égorgeurs du FLN des milliers de femmes et d’enfants. Il a abandonné à leur triste sort les milliers de harkis à qui la République avait juré protection, laissant ainsi bafouer la parole de la France. Il est à l’origine de la situation que nous vivons avec les différents gouvernements algériens depuis 60 ans. Certes, il a fait de grandes choses. Mais le plus beau diamand du monde ne vaut plus rien s’il contient un « crapaud »… Et l’abandon de l’Algérie et de son peuple laissés aux mains des tueurs du FLN en est un et un gros.
Je plussoie ET je confirme.
Pour moi, qui ne suis pas pied noir, la manière dont de Gaulle a conduit l’affaire algérienne est une tache indélébile dans notre Histoire. Qui ne se rappelle, du moins ceux de ma génération, la manière de klacsonnner TATATA-TA-TA (Algérie française), tolérée et même encouragée par les pouvoirs publics? Qui a oublié les manifestations communes entre européens pieds-noirs et indigènes? Et du jour au lendemain changement de cap et entreprise de déstabilisation et d’accusation de nos ressortissants jusqu’à les faire détester et rejeter et les laisser pour beaucoup entre les mains des assassins. Le temps passant, l’émotion étant apaisée depuis longtemps, je m’aperçois que le gaullisme avait quelque chose de dictatorial.
tout à fait de votre avis ,pour moi il a trahi des milliers de Français et Harkis qui ont crus en la France ,