[POINT DE VUE] À Tourcoing, Philippe et Darmanin préparent… des frites

Le ridicule survivra-t-il à un deuxième bain de friture ?
Capture d'écran X
Capture d'écran X

Gérald Darmanin a fait allégeance à Édouard Philippe, seul candidat capable, selon lui, de maintenir le bloc central sous assistance respiratoire jusqu’à la banqueroute finale. Pour le remercier, imagine-t-on, Édouard Philippe s’est rendu, ce dimanche, au rassemblement annuel organisé par Gérald Darmanin, à Tourcoing, fief historique du ministre. Tourcoing, évidemment, se situe dans le Nord, et dans le Nord… on mange des frites. Des frites et puis des moules, des moules et puis des frites, comme le chantait Brel, dans Amsterdam.

Alors, parce qu’il faut bien faire peuple, Édouard Philippe a dû se dire que ce serait une bonne idée, en termes de communication, d’être vu en train de payer de sa personne. Faire des trucs manuels. Des trucs de ploucs. « Des frites, des frites, des frites », après tout, c’est ce que réclament les Tuche dans le film qui porte leur nom. Dès lors, c’était parti : à l’invitation du patron de la friterie, ni une ni deux : le maire du Havre a ceint un tablier, est passé en cuisine et a été saisi par les caméras, notamment celles de Paris Match, en train d’égoutter le contenu d’une friteuse. À côté de lui, Darmanin, avec le même tablier. Les deux ministres ont fait assaut de grands sourires. Philippe servait les barquettes, Darmanin mettait du sel. Ils ont probablement eu l’impression d’être dans Camping… ou dans un fast-food, dans lequel aucun d’entre eux n’a pourtant (sauf erreur de notre part) travaillé pendant l’été pour payer ses études.

Un McDo sur une aire d’autoroute

Il va falloir qu’on nous explique comment Darmanin, pourtant issu d’un milieu très simple, et Philippe, bourgeois certes, mais maire d’une ville populaire et qui revendique un aïeul docker communiste, ont pu croire qu’il y aurait dans cette cordialité surjouée autour d’une friteuse quelque chose qui parle aux électeurs, et singulièrement à ceux du nord de la France. On se demande à quel niveau de mépris de l’engagement politique (et des électeurs) il faut en être arrivé pour jouer ce genre de spectacle ringard et vaguement gênant – malaisant, dit-on aujourd’hui. Ce sera quoi, la prochaine étape ? Faire griller des brochettes en slip de bain et tongs en écoutant Johnny, avant de remonter dans une voiture avec cocarde et chauffeur pour se rendre, toutes sirènes hurlantes, dans un palais de la République sur les bords de Seine ?

Les Inconnus n’en finissent pas de manquer au paysage humoristique contemporain. On se souviendra peut-être du Jeu de la vérité vraie, parodie de L’Heure de vérité. Dans cette émission, un homme politique de droite, incarné avec bonheur par l’excellent Didier Bourdon, passait à la télé une semaine après « M. Maurius » (contraction de « Mauroy » et « Fabius »), qui avait montré son caleçon aux Français pour faire peuple. Constatant qu’il n’avait pas atteint la même cote de popularité que son adversaire, le personnage de Bourdon finissait par baisser son pantalon, lui aussi, et montrait qu’il portait un slip parce qu’il était proche des Français. On en est presque là.

On nous parle beaucoup, dans le bloc central moribond, d’une primaire « de la droite et du centre », c’est-à-dire du centre. Édouard Philippe a déjà absorbé Darmanin, qui sale les frites. S’il arrive à convaincre Attal de préparer les hamburgers, Retailleau d’actionner la machine à glaçons pour mettre dans le Coca et, même, Glucksmann de prendre les commandes au drive, tous ces professionnels du spectacle n’auront plus qu’à ouvrir un McDo sur une aire d’autoroute. Bon débarras !

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

110 commentaires

  1. Quand le ridicule des hommes politiques s’ingénie à faire rougir de honte les éleveurs fiançais…. Ces gens-là ont égaré leur amour-propre sur les chemins de leurs ambitions illégitimes.

  2. Des frites pour les architectes de l’effritement de la France, ça peut paraître logique après tout. Je doute que beaucoup de Français se laissent avoir, après avoir avalé des couleuvres, les frites risquent de passer de travers.

  3. Ils pourront peut-être se reconvertir après le râteau qu’on leur souhaite.
    Ça leur ferait grand bien de découvrir ce qu’est réellement le travail.

  4. Voir un ancien premier ministre s’occuper à faire cuire des frittes , c’est d’un ridicule énorme .
    De qui se moque-t-il ?

  5. Je les imagine tous les deux en train de faire leurs frites et de penser « qu’est-ce qu’on a l’air c**, mais faut bien faire peuple » .

  6. « La connerie à ce point-là, moi j’dis que ça devient gênant. »
    Merci à Michel Audiard d’avoir su hier prédire le comportement des politiques d’aujourd’hui.

  7. Brel n’est sans doute pas allé à Amsterdam, les Hollandais ne mangent pas de « frites ». Les Allemands non plus, par ailleurs, souvenez vous…Fernandel et sa vache, il montre aux Fritz comment faire des frites. Et encore , un gars de Marseille qui fait des « frites » vu des « frontières du nord » on se gratte. Mais bon, c’est brel et sa chanson…Il n’y a pas de café Pouchkine à Moscou, hors Bécaud y allait, dans sa chanson…

  8. Enfin un métier à la hauteur de leur talent !
    Je m’excuse auprès des salariés de Mc Do ou Burger King, n’importe lequel d’entre eux serait certainement plus qualifié pour être président que ces deux malfaiteurs.

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